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Commémoration du premier essai en Polynésie : Une plaie toujours ouverte

mardi 3 juillet 2018

193 association

L’association 193 a également profité de l’occasion pour scander “Le nucléaire ne nous oublie pas”. (Photo : Victor Le Boisselier)


Plusieurs centaines de personnes ont commémoré hier le premier essai nucléaire en Polynésie. Pour les associations présentes, l’objectif était de “mettre la pression sur les hommes politiques et continuer à bousculer”. Les jeunes, bien que peu nombreux, commencent à prendre le relais du combat de leurs aînés.

Cinquante-deux ans après le premier essai nucléaire en Polynésie française, la plaie reste toujours ouverte. Plusieurs centaines de personnes se sont déplacées hier place de l’Autonomie afin de commémorer le tir Aldebaran, premier des 193 essais nucléaires. “L’engagement se maintient voire s’intensifie” voulait croire Roland Oldham, président de Moruroa e tatou.

Dans l’assemblée, les profils divergent : membres de l’association 193, anciens travailleurs, fidèles des paroisses protestantes de Tahiti et de Moorea… Certains ont chanté, d’autres dansé, certains badauds s’arrêtaient, curieux. Malgré les embrassades, les sourires affichés, l’heure n’était pas à la fête. Roland Oldham, l’air grave, ne le cache pas, l’objectif est bien de “mettre la pression sur les hommes politiques et continuer à bousculer”.

Mais près d’un demi-siècle après ce premier essai, comment faire vivre la mémoire des tirs ? Dans la bouche de son président, l’association Moruroa e tatou veut d’abord “rendre à César ce qui est à César” , “en honorant la mémoire des anciens”. Ce fut chose faite. Devant les micros, les portraits de John Doom, Bruno Barrillot et du pasteur Teriimana faisaient front au public. Trois figures emblématiques de la lutte contre le nucléaire dont le combat a trouvé de nouveaux relais selon Roland Oldham : “On arrive à sensibiliser de plus en plus, d’autant plus qu’on découvre toujours des choses, comme les maladies transgénérationnelles.”

Effectivement, la foule brassait hier plusieurs générations. Tehapai faisait partie des anciens, touchés par la perte de proches. Après 21 ans passés en tant que maçon dans la légion étrangère, il a décidé de s’engager : “Quand je suis revenu en 1997, je me suis engagé parce que trop de mes collègues étaient partis.”

 

 

Les jeunes peu nombreux, mais présents

 

 

Pour les plus jeunes, le lien avec les anciens travailleurs de Moruroa est moins évident. Tous n’en ont pas forcément connu. Certes peu nombreux, les moins de vingt ans étaient pourtant bien présents hier dans les jardins de Paofai. Comme Nohealani et Hanaley, collégiennes à Punnauia, certains le reconnaissent : “On est venues avec nos parents, on connaît mal l’histoire des essais.”

D’autres ont découvert les récits sur Moruroa au sein même de leur paroisse. Manuarii et Ramatarii, 17 et 15 ans, interrompent leur morceau de guitare. Aux côtés d’autres fidèles, ils expliquent : “Effectivement, c’est dans l’Église qu’on a été sensibilisé aux effets du nucléaire. On ne serait pas venu sans l’Église, les gens de notre âge ne sont pas forcément intéressés.”

Prêts à continuer leur engagement, ils font partie de cette nouvelle génération, applaudie par Roland Oldham : “Je dis bravo aux jeunes qui arrivent. Ça fait des années qu’on les encourage à prendre le relais. On sait que beaucoup d’entre eux se focalisent sur leurs problèmes économiques.” Encore peu nombreux hier, il faudra mettre les bouchées doubles pour remplacer les plus âgés.

Mais surtout pour “continuer à bousculer”.

 

V.LB.

 

nucléaire 2-juillet

 

 

 

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