Commerce – Empiéter sur la voirie est souvent synonyme de profit

    mercredi 10 février 2016

     Alors que certains établissements du centre-ville ferment leurs portes, la redevance pour l’occupation de la voirie a été pointée
    du doigt.  Augmentée l’an dernier, la redevance pour exploiter une terrasse sur la voirie semble pourtant ne pas rebuter bon nombre d’établissements. Par ailleurs, l’exploitation du trottoir par certains magasins représente également un moyen important pour attirer
    le chaland.

    Dans notre édition de mardi, nous faisions état de la fermeture de l’établissement La Terrasse depuis sa mise en liquidation judiciaire.
    “Ils payaient plus d’un million de taxes, juste pour leurs terrasses”, expliquait un restaurateur situé non loin de là, au moment d’expliquer cet échec commercial.
    À la mairie de Papeete, on tient à préciser qu’il s’agit d’une redevance et non d’une taxe. Inchangés depuis 2009, les tarifs de ces “droits de voirie, de stationnement et de dépôt sur la voie publique” ont fait l’objet d’une augmentation en décembre 2014, applicable depuis l’an dernier (voir encadré).
    “Dans les habitudes d’achat des Polynésiens, on s’aperçoit qu’une bonne partie des chiffres d’affaires des commerces qui procèdent à ces occupations se fait à l’extérieur. Le chaland est plus facilement capté quand il n’a pas à rentrer dans la boutique”, précise Rémy Brillant, directeur général des services de la maire de Papeete.
    “En revanche, cela génère une gêne. C’est un équilibre à trouver. Nous essayons de limiter la gêne en réservant un passage, où l’on puisse se croiser”, rajoute-t-il.
    Face à la grogne de certains passants, la mairie avait, un temps, songé à interdire toute occupation des trottoirs ou des places de parking : “Mais il y a moins d’une centaine de personnes qui vivent de cette activité. Et puis, c’est aussi une manière d’animer la ville.”
    Quant aux terrasses, comme le décrit le gérant d’un établissement de la nuit, le prix au mètre carré sur les trottoirs revient bien moins cher que celui payé pour le loyer tout en participant activement à la bonne marche de son établissement.
    Aussi, même si le prix pour occuper la voirie avec une terrasse est passé de 1 000 francs/mois et par mètre carré est passé à
    1 250 francs l’an dernier,
    “ce n’est pas ça qui va tuer le commerce”, commente Rémy Brillant, qui estime également que la commune fait des efforts pour faciliter l’animation de la commune et participer à la vie nocturne, en s’attaquant notamment à la sécurité, à l’éclairage ou aux animations commerciales.

    F.C.

    Marc Ramel, gérant du Ute Ute : “C’est cohérent”

    Selon vous, payer mensuellement 1 150 F du m2 pour une terrasse n’est pas excessif ?
    Je trouve cela normal par rapport au coût de l’immobilier dans le centre de Papeete. C’est cohérent. Le prix du mètre carré d’un fonds de commerce s’élève au double. Cette terrasse permet une extension de notre établissement qui est la bienvenue quand la mairie nous y autorise. Nous avons fait la demande il y a plusieurs années et cela fonctionne très bien.

    Les améliorations pour dynamiser la vie nocturne doivent se porter ailleurs ?
    Oui, la gestion des parkings qui ne sont malheureusement pas ouverts le week-end et la nuit comme c’était le cas avant. C’est un gros défaut pour la sécurité de la ville parce que les gens veulent se garer près des établissements ouverts la nuit. Cela nous fait énormément défaut, nous souhaitons qu’ils ouvrent à nouveau.

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