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Communs et océan ou le rahui en Polynésie

mercredi 22 mai 2019

Annonce de la sortie du livre, d’une conférence et d’une dédicace par trois des auteurs du livre, hier, au showroom de la maison d’édition Au vent des îles. Photo : Claude Jacques/LDT

Annonce de la sortie du livre, d’une conférence et d’une dédicace par trois des auteurs du livre, hier, au showroom de la maison d’édition Au vent des îles. (Photo : Claude Jacques/LDT)

Les éditions Au vent des îles viennent de publier Communs et Océans, le rahui en Polynésie, un ouvrage qui s’intéresse de manière originale au rahui. Cette pratique traditionnelle polynésienne, qui consiste à limiter le prélèvement de ressources naturelles (plantes, produits de la mer) temporairement et dans des zones délimitées, refait surface depuis quelques années à Tahiti et dans certaines îles, Moorea et Fakarava notamment.

Dans cet ouvrage, les auteurs rattachent cette pratique ancestrale et les différentes façons dont se concrétise son retour dans la société moderne en la reliant à un concept théorisé par Elinor Ostrom, première femme à recevoir le Prix Nobel d’économie (en 2009), le concept de “communs”.

L’étude de formes de propriété et de gestion collective d’espaces naturels publics réalisée par cette chercheuse a permis l’élaboration de réflexions nouvelles sur l’organisation des “ressources en pool commun” (common-pool ressources (CPR)).

Si, côté mer, les océans en sont les exemples les plus vastes, les lagons méritent eux aussi que l’on se penche sur la problématique de la gestion de leurs ressources. C’est ce qu’ont fait Tamatoa Bambridge, François Gaulme, Christian Montet et Thierry Paulais qui signent là un ouvrage collectif qui plaira à toute personne intéressée par l’évolution contemporaine de ce système de jachère qu’est le rahui, au regard de modes de gouvernance inter-reliés : l’État, le Pays, les communes et les utilisateurs de la ressource lagonaire, souvent hors de toute initiative officielle.

 

Gérer durablement les ressources des lagons

 

Nombreux sont en effet ceux qui peuvent être concernés par la gestion durable de cet espace commun qu’est un lagon : pêcheurs, plongeurs, sociétés d’activités touristiques, perliculteurs…, sans compter les riverains à terre qui peuvent aussi avoir leur mot à dire. Du fait d’un potentiel usage multiple, leur gestion – et, notamment l’acceptation de la mise en place d’un rahui – peut être complexe, voire source de conflits entre les différents intéressés.

On comprendra aussi aisément que le cas de Teahupo’o, à la Presqu’île de Tahiti, est très différent par exemple de celui de Fakarava, île inscrite comme biosphère de l’Unesco.

Ce petit livre de 175 pages se veut accessible à des lecteurs non scientifiques. “Il se lit comme un roman”, dit Tamatoa Bambridge. Il est néanmoins étayé par une argumentation sérieuse et documentée complétée par une riche bibliographie à la fin des six chapitres qui structurent l’ouvrage.

Les deux premiers portent sur le rahui dans le Tahiti ancien et son retour dans les temps modernes. Les trois suivants s’intéressent à des études de cas et aux enseignements qu’on peut en tirer du point de vue de la gestion des communs.

 

De notre correspondant C.J.

 

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