Comptes administratifs 2014 à l’assemblée – Fortunes diverses pour les groupes

mercredi 17 juin 2015

La semaine prochaine, les élus de l’assemblée de la Polynésie française vont voter leur budget de fonctionnement, accompagné d’un correctif afin de prendre en compte la création d’un nouveau groupe et la redistribution des présidences de commissions législatives intérieures.
C’est généralement le budget le plus vite et le mieux voté par les élus. Il était pour l’année 2014 de 2,2 milliards de francs en section de fonctionnement et de 400 millions de francs en section d’investissement. Une somme assez considérable, mais en baisse de près de 10 % (9,60 %) par rapport à l’année 2013.
Sur cette année 2014, 88,5 millions de francs n’ont pas été consommés et ont été reportés ce qui fait afficher à l’assemblée de la Polynésie française un trésor de guerre de 834 millions de francs.
En économisant encore un peu, Evans Haumani, qui toute la semaine a demandé au gouvernement de financer les études et les travaux pour le lycée de Moorea, pourrait demander à l’assemblée de le faire. Une assemblée qui perçoit chaque année 2,177 milliards de francs du Pays.
Les dépenses de fonctionnement et les dépenses d’investissement sont là encore très contrastées. En fonctionnement, l’enveloppe de 2,1 milliards de francs a été consommée à hauteur de 96,64 %.
En investissement, 9,4 % seulement de l’enveloppe ont été consommés pour des dépenses diverses comme l’aménagement du site de Tarahoi, l’achat de tablettes informatiques ou l’achat de climatiseurs.

Les groupes à la loupe
Les groupes, en fonction du nombre de leurs membres, de leurs représentations dans les commissions, connaissent des fortunes diverses. Ainsi, en 2014, seuls trois groupes étaient référencés. La vie d’un groupe parlementaire est principalement alimentée par la dotation mensuelle de l’assemblée (un dixième des indemnités d’un représentant par le nombre de membres du groupe), ainsi que la cession jusqu’à 50 % au groupe des crédits collaborateurs alloués aux élus.
Le groupe A ti’a Porinetia, qui a repris le compte bancaire de To Tatou Ai’a ouvert en 2008, bénéficiait en 2014 de 13,5 millions de francs ; 6,8 millions de francs de dotation de l’assemblée, ainsi que 6,7 millions de crédits non consommés de 2013.
Le groupe a à sa charge deux salariés, une juriste et une secrétaire. En fin d’année, il restait 4,7 millions de francs non consommés au groupe ATP.
En ce qui concerne l’UPLD, de par l’ancienneté du groupe dans l’hémicycle, et le plus grand nombre de membres, le groupe souverainiste est de fait mieux loti.
Ses recettes se montent à 16,7 millions de francs (9,3 millions de francs de la part de l’assemblée et 2,5 millions de reversement de crédits collaborateurs), lui laissant en fin d’année un budget excédentaire de 5,4 millions de francs.
Le groupe, qui ne reconnaît pas avoir d’employés, a fait appel à des prestataires de service en 2014 pour 3 millions de francs.

Le groupe Tahoera’a embauche… depuis septembre 2014

Le groupe Tahoera’a, pour sa part, vit confortablement depuis 2013. Une situation qui va changer en 2015 avec le départ de 16 de ses élus. En 2014, le groupe orange a perçu 32,2 millions de francs de dotation de l’assemblée au titre du nombre de ses élus et 40 millions de francs de reversements de crédits collaborateurs.
Il bénéficiait alors de toutes les présidences de commissions, de la présidence de l’assemblée, de la vice-présidence, ainsi que de la présidence de la commission de contrôle budgétaire et financier.
Jusque récemment, le Tahoera’a était un groupe riche qui cumulait, avec le report excédentaire, 73,8 millions de francs dans ses caisses au 1er janvier 2015. Un trésor caché dans lequel le groupe orange va devoir puiser s’il veut continuer à mener le même train de vie depuis quelques mois…
Depuis septembre 2014 en fait ; depuis la démission d’office de Gaston Flosse de la présidence de la Polynésie française et son arrivée dans un bureau de l’assemblée.
En effet, le groupe Tahoera’a avant le mois de septembre 2014 n’avait aucun salarié. Toutes les personnes qui travaillaient avec les élus orange étaient rémunérées par l’assemblée via les crédits collaborateurs alloués aux élus.
En septembre 2014 donc, Gaston Flosse arrive à l’assemblée. On dénombre alors un salarié du groupe Tahoera’a, puis sept salariés en octobre, onze en novembre, treize en décembre. Impossible pour l’heure d’obtenir le détail des embauches ni leurs affectations.
En décembre, les treize personnes travaillant pour le Tahoera’a coûtent 9,6 millions de francs, soit 738 000 francs en moyenne par mois. 

Bertrand Prévost

 

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