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Les comptes du Pays repassent au vert, mais “où est cet argent ?”

mercredi 28 juin 2017

comptes du pays

La majorité s’est félicitée, hier à l’assemblée, des bons résultats de l’exercice budgétaire 2016. L’épargne brute atteindrait “son plus haut niveau”, à 23,1 milliards de francs en 2016. Mais “où est cet argent ?”, s’interroge l’opposition, qui attend une amélioration
tangible de la situation des Polynésiens. (© Photo : Marie Guitton)


L’assemblée a approuvé hier, avec les voix de la majorité, les comptes de l’exercice 2016 du Pays. Les principaux indicateurs semblent être repassés au vert, et les efforts permettre de dégager des marges de manœuvre. Mais “on a du mal à voir cet argent réinjecté dans le quotidien des Polynésiens”, critiquent l’UPLD et le Tahoera’a huiraatira.

C’est donc sans les voix des groupes UPLD et Tahoera’a huiraatira que les résultats du budget général de l’exercice 2016 de la Polynésie française ont été approuvés, hier, à l’assemblée.

“L’objectivité la plus élémentaire nous conduit à constater l’amélioration significative de nos comptes publics”, leur a pourtant fait remarquer Nuihau Laurey, l’ancien ministre des Finances, redevenu représentant au sein de la majorité, en listant quelques chiffres.

“Notons principalement que la TVA, indicateur le plus large de l’évolution de notre activité économique, progresse pour atteindre 43,1 milliards, contre 35,8 milliards en 2012, soit 20 % d’augmentation, a-t-il calculé. L’impôt sur les sociétés a vu son taux moyen baisser de près de 10 points durant cette mandature, c’est à ma connaissance la baisse la plus forte jamais enregistrée dans notre pays. Les dépenses de fonctionnement restent maîtrisées, notamment les charges de personnel dont la diminution a été continue ces trois dernières années. En matière d’investissement, notons simplement la poursuite des dépenses réelles et du soutien à la commande publique et au désendettement.”

Au final, le résultat cumulé global à la clôture de l’exercice 2016 s’élève à 18,8 milliards de francs, contre 11,3 en 2015, et 8,6 en 2012.
L’épargne brute atteindrait “son plus haut niveau”, à 23,1 milliards de francs en 2016. Et l’encours de la dette ne représenterait “plus que 3,7 années d’autofinancement brut”, contre quasiment le triple il y a deux ans.

“Ce retour à l’équilibre de nos comptes publics permet aujourd’hui à notre pays de retrouver une plus grande autonomie, certainement la plus grande de ces dix dernières années, par rapport à tous nos bailleurs de fonds et partenaires financiers, a donc souligné
Nuihau Laurey. Cette meilleure santé financière nous permet surtout d’agir, que ce soit dans le domaine de la santé, du social, du tourisme, ou de la valorisation de nos ressources naturelles…”
C’est là, justement, que réside la critique de l’opposition.

 

Peu d’emplois créés

 

“La situation financière de la collectivité est repassée au vert”, a reconnu d’emblée la représentante orange, Sandra Lévy-Agami. “Mais quand bien même les chiffres sont positifs, la réalité des Polynésiens demeure tout autre, on a du mal à voir cet argent réinjecté dans le quotidien des Polynésiens”, a-t-elle observé, pour justifier le vote d’abstention de son groupe.

“Où est cet argent ?”, a également demandé l’UPLD aux membres du gouvernement, présents lors de la séance. “L’économie n’est pas une science exacte, l’économie est une science humaine”, s’est ému Oscar Temaru.

Pour son camarade Antony Géros, tous les chiffres ne démontrent d’ailleurs pas nécessairement une embellie. Selon lui, les recettes fiscales, de 90 milliards de francs en 2016, “peinent à décoller”, alors qu’en 2007 “nous caracolions autour de 112 milliards de francs”.
La conjoncture serait également “très défavorable” dans le secteur primaire et, en matière de création d’emplois (un solde proche de 1 000 créations nettes), “nous sommes bien en deçà de l’objectif des 10 000 emplois, qui avait séduit nos électeurs”.

Enfin, “le retour à la croissance par la commande publique semble riper”, note le représentant indépendantiste, en évoquant sans le citer l’échec du Tahiti Mahana Beach, qui appellerait d’après lui “à plus de retenue” à l’avenir.
En 2016, les dépenses réelles d’investissement, hors remboursement en capital de la dette, s’élevaient à 21,8 milliards de francs, stables par rapport à l’année précédente.

“Certes, on peut toujours mieux faire, certes il reste encore beaucoup à faire”, a concédé Teva Rohfritsch, actuel ministre des Finances. Mais “même si toutes les situations de détresse connues par notre population et les difficultés connues par certaines entreprises ne sont pas toutes résolues, oui, la situation économique et financière s’est considérablement améliorée, a martelé son prédécesseur. Nier la qualité de ce redressement économique et financier, ce serait nier la vérité.” 

 

Marie Guitton

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