Concurrence ILM-CHPF, direction de l’hôpital de Taaone : les réponses de Patrick Howell

    jeudi 28 janvier 2016

    Une délégation de Nouvelle-Calédonie a visité l’institut Louis Malardé (ILM), mardi matin, accompagnée de Patrick Howell. Le ministre de la Santé a fait part de ses réflexions sur plusieurs sujets. Il a notamment abordé la concurrence ILM-CHPF et la succession de  Christophe Bourriat.

    Lors de la présentation de l’institut Louis Malardé à la membre du gouvernement calédonien mardi matin, Patrick Howell, le ministre de la Santé, a dû répondre à certaines interrogations de son homologue, Valentine Eurisouké, sur sa façon de faire le lien avec le laboratoire du CHPF.
    Le ministre a reconnu que la situation était problématique et n’a pas caché qu’il existait une concurrence entre les deux laboratoires. (voir encadré)
    Il n’a toutefois pas précisé à Valentine Eurisouké que le rapport Bolliet et dernièrement celui de la chambre territoriale des comptes préconisaient la fusion des activités des deux laboratoires afin de retirer les bénéfices de la nouvelle chaîne robotisée d’analyse du CHPF.
    Lors de cette visite, le ministre a également répondu aux interrogations de La Dépêche de Tahiti sur le recrutement d’un nouveau directeur d’hôpital, et plus particulièrement sur les deux candidatures avancées par d’autres médias, celle de Sandra Sei Fan et Hani Teriipaia. (Voir encadré)
    Par ailleurs, Dominique Mole, le président de la commission santé du congrès de Nouvelle-Calédonie et Michel Belec, médecin inspecteur à la direction de la santé calédonienne, ont eux aussi répondu à la polémique, lancée par le président de l’association calédonienne de soutien aux malades du cancer, dans Les Nouvelles calédoniennes, qui considère “que faire venir des patients en Polynésie est une aberration”. (voir encadré ci-dessous).

    Jen.R.

    Existe-t-il une concurrence entre laboratoires ?

    • La réponse du ministre
    “Dans l’esprit du politique que je suis, le laboratoire du CHPF est axé sur l’activité de l’hôpital. Mais pour le bureau de veille sanitaire, nous avons besoin d’un certain nombre d’indicateurs dont l’hôpital dispose.
    Le laboratoire de l’hôpital est, par exemple, capable de dire “c’est la dengue”, mais il n’est pas capable de dire de quel sérotype de dengue il s’agit. Malardé, si. Connaître le sérotype nous intéresse dans le cadre de la surveillance sanitaire.
    J’essaie donc de créer les conditions pour que l’ensemble des échantillons présentant des suspicions d’infection de ce type puissent basculer à Malardé.
    Or, actuellement, les médecins biologistes de l’hôpital disent “Non, nous avons besoin d’avoir les résultats très rapidement”. Pour moi c’est un argument fallacieux.”
    En réalité, pour les médecins du CHPF, contactés à ce sujet, savoir de quoi soufre la personne est la priorité. “Pour agir vite, il nous faut un diagnostic rapide, le sérotype ne nous intéresse pas, car ça ne va pas changer la prise en charge du patient”, explique l’un deux.
    Le ministre avance alors une solution : “Le consensus serait de dire, s’il y a une suspicion dans un échantillon, envoyez une partie de celui-ci à Malardé pour qu’il travaille en même temps que le CHPF. Mais ça veut aussi dire que nous allons payer deux fois. La CPS va payer l’analyse d’un côté, tandis que nous nous allons faire payer à la direction de la santé l’analyse de Malardé de
    l’autre.”
    Pour Patrick Howell, il s’agit donc aujourd’hui “de faire prendre conscience à ces techniciens que le Pays ne peut pas payer deux fois et que pour la veille sanitaire, le labo de référence c’est Malardé. Et je considère en tant que politique qu’on a intérêt à avoir un laboratoire spécialisé”. Et le ministre d’ajouter “l’hôpital fait déjà 99 % des analyses, il ne va pas continuer à pinailler là-dessus, alors que cela représente à peine 1% de l’activité d’analyse.”
    Le ministre a, quelques instants après, mesuré ses paroles et a, sous le biais de la confidence, précisé à Valentine Eurisouké que le lobbying hospitalier était très puissant et que faire valoir ces arguments risquaient de lui prendre encore un peu de temps. “Chez nous, c’est le genre de mine sur laquelle un ministre peut sauter, le lobbying hospitalier, il faut y faire attention.”

     

    Qui succèdera à Christophe Bouriat à la tête de l’hôpital de Taaone ?

    • La réponse du ministre
    “Le dossier de Hani Teriipaia date de septembre 2014. Je l’ai rencontrée à l’époque où elle était à la direction de la santé pour mener un programme. Je lui ai recommandé de pousser un peu plus loin ses études, elle n’a que 26 ans, tout en précisant que seules les études ne suffisaient pas. Elle devait acquérir de l’expérience, du savoir-être et avoir une connaissance du terrain. Pour moi, c’est donc un dossier de 2014… qui arrive en 2016 par le biais des médias.
    Hani Teriipaia n’est pas le profil que je cherche. Elle a une formation d’inspecteur des affaires sanitaires et sociales mais elle n’a pas la formation de directeur d’hôpital.
    Si je la choisissais, ce serait comme la jeter dans la fosse aux lions sans lui avoir donné son entraînement de gladiateur.
    Au sujet de Sandra Shan Sei Fan, elle a fait du droit et l’École nationale du trésor. Elle a été directrice des affaires sociales et est actuellement directrice générale des finances, pour moi, c’est une potentialité, mais ce n’est pas forcément le profil requis.
    Notre cible pour l’hôpital est quelque chose de bien précis. Diriger un hôpital, c’est être capable d’être multidisciplinaire. Pour l’instant, les profils ne correspondent pas. Je continue donc à chercher. Lorsque je choisirai, c’est que les paramètres pour augmenter nos chances seront remplis. Or, les paramètres de tous les candidats que j’ai actuellement ne correspondent pas.
    Contactée à ce sujet, Sandra Shan Sei Fan a expliqué avoir refusé le poste qui lui avait bien été proposé, pour la raison suivante : “Je connais mes compétences et celles que je n’ai pas. Aujourd’hui, je ne suis pas formée à un tel poste. Je n’ai pas suivi la formation de l’école des hautes études en santé publique, donc je ne peux pas prétendre à ce poste, tout simplement.”

    Polémique calédonienne concernant le partenariat avec la Polynésie

    Jean-Marc Masachs, président de l’Association calédonienne de soutien aux malades de cancer, a, lors d’une interview, parue le 23 janvier dans Les Nouvelles calédoniennes, dénoncé le projet de partenariat entre la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie.
    Pour lui, il s’agit d’une aberration. “D’un vol quotidien qui dure deux heures pour Sydney, on veut nous faire passer à un vol par semaine qui dure sept heures. On parle de radiothérapie, donc de malades qui ne sont pas hospitalisés et dont le traitement dure
    15 minutes. Que feront les patients entre le moment où ils finissent leur traitement et leur avion de retour ?” Pour Jean-Marc Masachs, le fait de faire venir des patients calédoniens en Polynésie signifie que le service de radiothérapie du Médipôle de Koutio n’ouvrira pas comme prévu en 2017. Ce qui expliquerait selon lui un tel bouleversement.

    • Les réponses de Dominique Molle et Michel Belec
    Lorsqu’il s’agit de radiothérapie, il est question de séjour allant de six à huit semaines. Donc l’histoire du vol par semaine qui empêcherait le malade de rentrer dès le lendemain chez lui ne se pose déjà pas.  Deuxièmement, il s’agit d’un partenariat de huit mois. Le bâtiment du Médipôle est déjà livré. N’importe qui en Nouvelle-Calédonie peut le voir. Il est en état de fonctionnement mais nous devons, comme n’importe quel autre bâtiment hospitalier, passer par une batterie de tests afin de nous assurer que les installations fonctionnent et que les machines ne vont pas tomber en panne. Le premier patient est attendu dès le mois de novembre 2016, le Médipôle ouvrira donc comme prévu, personne ne peut en douter.

     

    TEKI TOA 2016-01-28 20:55:00
    Le poste de directeur du CHPF a été proposé à Mlle Shan Sei Fan sachant qu'elle n'a pas la formation adéquate.

    Eh ben, on affaire à des champions au Minisètre de la Santé!!
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