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Condamné à un an de prison ferme pour deux épisodes violents

vendredi 17 août 2018

M-AC est de retour en prison, pour des faits de violence. (© Florent Collet)

M-AC est de retour en prison, pour des faits de violence. (© Florent Collet)

“Vous avez un joli discours, mais ce n’est qu’un discours. Vous n’avez rien démontré…sauf que vous étiez un délinquant.” En une phrase, le procureur résume parfaitement l’audience et met fin aux tentatives désespérées de M-AC de se justifier.

L’homme a finalement été rattrapé par la justice pour avoir violenté sa concubine, en juin. Après les faits l’homme avait ingéré des médicaments, tenté de s’ouvrir les veines et noué une corde autour de son cou pour tenter de se pendre. Le médecin l’avait jugé inapte à la garde à vue et M-AC en avait profité pour prendre la poudre d’escampette. Il faut dire qu’au vu de son casier judiciaire, l’homme connaît la prison et n’a pas envie d’y retourner, comme il n’a d’ailleurs cessé de le répéter à la barre, hier, où il était jugé en comparution immédiate. Il a déjà fait plus de sept ans de prison, consécutifs à 21 condamnations pour escroquerie, abus de confiance, menace de mort, évasion…

“Il ne manque rien. Vous avez le casier d’un délinquant multi-carte”, fait remarquer le procureur. Très à l’aise pour s’exprimer, le jeune homme de 35 ans assure qu’il fait tout pour remettre sa vie sur de bons rails.

“Il a abandonné l’escroquerie, sa spécialité, mais pas ses deux addictions, qui sont sa concubine et l’alcool”, synthétise son avocat. C’est ce dernier cocktail détonnant qui a poussé l’homme à un déluge de violence, en juin, à Taravao, pour les 19 ans de sa petite amie.

Sans raison apparente, au milieu de la fête, il a asséné un coup de boule à sa petite amie, l’a étranglée, l’a jetée au sol, où il lui a asséné plusieurs coups de poing.

 

“Dans un état tertiaire”

 

La jeune femme a ensuite pu prendre la fuite, mais M-AC l’a rattrapée pour à nouveau l’étrangler à plusieurs reprises, avant qu’un voisin ne mette fin à la bagarre. L’homme reconnait les violences mais estime que chacun a ses responsabilités, et remet surtout la faute sur l’alcool.

“Nous n’étions même plus dans un état second, mais dans un état tertiaire”, décrit l’ancien bijoutier.

S’il explique être poussé à bout par l’attitude désinvolte et l’alcoolisme de sa petite amie, il l’a tout de même demandée en mariage et espère un projet de vie commun. Elle a demandé 50 000 F au titre du préjudice subi.

Mais M-AC est également à la barre pour un autre épisode violent commis en avril, dans un restaurant de Afaahiti.

Ce soir-là encore, la bière coule à flot. Il est avec sa petite amie, et il est heureux de payer à boire aux gens qui entourent leur table. L’un d’entre eux ne supporte visiblement pas de voir que les robinets à houblon se ferment à lui et se met à insulter la petite amie de M-AC.

Le ton monte, l’ivrogne déchu enlève son tee-shirt, prêt à en découdre, s’arme d’une chaise métallique persuadé que M-AC va le frapper.

Ce dernier se sent menacé, se saisit d’un objet et frappe au visage son assaillant. Il s’agit d’un burgau. Les dégâts physiques sont importants.

L’homme, qui prend aussitôt la fuite, a de nombreuses fractures sur le visage et se voit prescrire 45 jours d’ITT.

“La réponse était disproportionnée”, estime le procureur, qui requiert 24 mois de prison, dont six avec sursis.

L’avocat de M-AC a beau faire part de son scepticisme sur le seul jour d’ITT prescrit à la concubine, qui ne correspond pas aux violences décrites, et d’estimer que son client était en légitime défense dans l’épisode du restaurant, les juges l’ont finalement condamné à à 24 mois de prison, dont 12 avec sursis.

Il a été conduit en détention à l’issue de l’audience.

 

F. C.

 

 

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