Conférence maritime régionale – Les terres rares s’invitent dans les débats

    vendredi 29 janvier 2016

    La conférence maritime régionale s’est déroulée hier à Punaauia.  Toute la journée, les officiels ont partagé leurs expériences en mer, tant sur la pêche que sur la surveillance de la zone économique exclusive. Le sujet des terres rares a été abordé par Édouard Fritch. Un sujet qui fera débat encore quelques années.

    Hier matin s’est tenue la conférence maritime régionale de la Polynésie française, au lycée hôtelier de Punaauia, en présence du haut-commissaire, Lionel Beffre, du président du Pays, Édouard Fritch, du contre-amiral Bernard-Antoine Morio de l’Isle, du secrétaire général de la mer, Michel Aymeric, et de plusieurs ministres.
    Au cours de cette journée de conférences, quatre grands thèmes ont été abordés. Les priorités de l’action de l’État en mer de la zone maritime de Polynésie française, la présentation des travaux scientifiques portés par l’Ifremer et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), les perspectives de développement dans les espaces maritimes et enfin les initiatives des mondes scientifiques et économiques.
    Lors des discours d’ouverture du séminaire, Édouard Fritch a évoqué le sujet de l’exploitation des terres rares dans les fonds marins polynésiens. “J’attire d’ores et déjà votre attention sur le fait que les Polynésiens souhaitent garder la maîtrise de l’exploitation de ces ressources et qu’un projet de modification statutaire sera proposé en ce sens. Il va de soi que cela doit également s’accompagner de la production d’un code minier polynésien modernisé et adapté”, a-t-il insisté.
    Le haut-commissaire, Lionel Beffre, semblait avoir entendu cet appel dans son discours, hier, sur un sujet qui revient de plus en plus souvent sur le devant de la scène.
    Un appel entendu aussi par le secrétaire général de la mer, Michel Aymeric, mais que ce dernier, en interview, alors que se déroulait la conférence, a quelque peu tempéré, laissant entendre que la France n’était pas pour l’heure très prompte à laisser à la Polynésie française seule la jouissance des terres rares. “Dans les 20 ou 30 ans à venir, il faut que la France mette en place une politique de recherche dans ces fonds”, expliquait-il hier. “Après, on verra, les règles seront appliquées en matière de partage entre l’État et le Pays. Cela ne pose pas de difficultés majeures. C’est un enjeu scientifique, technique et environnemental pour les années à venir.”
    Un partage qu’il faudra un jour ou l’autre définir.

    Bertrand Prévost

    Édouard Fritch, président du Pays : “Les Polynésiens ont besoin de cette richesse”

    Dans votre discours, ce matin (hier, NDLR), vous avez annoncé vouloir modifier le statut pour que la compétence concernant les terres rares soit étendue au Pays.
    Effectivement. La compétence est déjà au Pays. L’article 47 du statut le prévoit, sauf en ce qui concerne les matières stratégiques. Je me suis appuyé d’ailleurs sur cet article du statut en 1996 pour sortir les Coréens de la zone économique exclusive, parce qu’ils ne voulaient pas installer de balise Argos sur leur bateau, malgré l’obligation qu’ils en avaient. Nous avons décidé seuls de l’imposer aux Coréens, alors qu’à l’époque, la France était en négociation à Séoul pour le TGV. Des fois, les intérêts du Pays et de l’État peuvent converger, mais parfois, ils divergent.
    Reste le problème de la richesse sous-marine. Nous avons la compétence, mais concernant certaines ressources, comme les terres rares, elle ne nous est pas attribuée. Néanmoins, avec les élections présiden-tielles qui arrivent, nous souhaitons discuter de ce sujet avec tous, pour avoir toutes les garanties qu’au moment des explorations, nous puissions avoir  cette compétence et décider nous-mêmes de la méthode que nous utiliserons et des partenariats que nous choisirons pour l’exploration.

    Vous allez le faire inscrire dans la loi statutaire ?
    Nous travaillons sur le sujet avec le haut-commissaire. Il reste ensuite un second pas à faire. Je vais proposer aux différents groupes à l’assemblée de travailler ensemble pour que nous puissions être d’accord sur les conditions dans lesquelles la mise en œuvre de cette compétence pourrait se faire.
    Les Polynésiens ont besoin de cette richesse, mais il faut d’abord l’identifier, avec les distances précises. On parle de 400 mètres de fond, voire 1 500 mètres. Il faut des moyens. De plus, compte tenu de la largeur de la zone, imaginez les moyens qu’il faudra… Forcément, nous passerons des contrats, nous passerons des conventions avec la France, et tout se passe pour le mieux sur le sujet aujourd’hui.

     

    Michel Aymeric, secrétaire général de la mer : “Les règles seront appliquées en matière de partage entre l’État et le Pays”

    Quel est le motif de votre présence ici en Polynésie française ?
    Je suis venu pour participer à la conférence maritime régionale et en tant que secrétaire général de la mer, j’ai une mission générale de coordination. La Polynésie est un territoire océanique, c’est la moitié de la ZEE (zone économique exclusive, NDLR) française en superficie. Il y a donc un certain nombre de sujets à voir ensemble, les compétences régaliennes, le contrôle de la zone, le développement de la pêche, mais aussi la défense de l’environnement. La CMR (conférence maritime régionale, NDLR) est donc là pour évoquer tous ces sujets entre les services de l’État, le gouvernement du Pays et toutes les parties privées qui le souhaitent.

    Avez-vous relayé à Paris le manque de moyens que la Polynésie soulève régulièrement sur le sujet ?
    Je ferai un compte rendu de ma mission. Sur les moyens, on cherche à moderniser, faire de l’efficience, c’est-à-dire une meilleure efficacité à coûts mesurés. L’arrivée du BMM (bâtiment multi-missons, NDLR) Bougainville en novembre permettra d’avoir davantage de jours de mer. Il faut aussi insister sur les nouveautés satellitaires et rester optimistes. 5,5 millions de kilomètres carrés, cela ne se surveille pas comme ça. Quand on voit les statistiques de pêche illicite en Polynésie, on remarque que la situation est bien maîtrisée et c’est un signe que les pêcheurs sans licence sont en bordure de ZEE parce qu’ils savent que la France fait son travail.

    Le président de la Polynésie française a relancé le sujet des terres rares ce matin (hier, NDLR). L’État est-il aussi vigilant sur le sujet ?
    Ce que nous essayons de faire, c’est d’avoir une politique de recherche de ressources dans les fonds marins. Ça peut être des soufres métallifères, des nodules. Dans les 20 ou 30 ans à venir, il faut que la France mette en place une politique de recherche dans ces fonds. Après, on verra, les règles seront appliquées en matière de partage entre l’État et le Pays. Cela ne pose pas de difficultés majeures. C’est un enjeu scientifique, technique et environnemental pour les années à venir.

    Propos recueillis par B.P.

    Zaz 2016-01-29 18:35:00
    Le sourire figé du nouvel OMO
    Papi 2016-01-29 12:17:00
    Le mur a été peint en blanc. Si il y a des tags sauvages sur ce mur, ce n'est la faute de l'amiral.
    Soyez logique!!!!!!
    drost 2016-01-29 10:56:00
    Est ce que l'amiral pourrai embellir son mur de façade juste après le parc Bougainville parce que c'est vraiment dégueulasse.
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