CONSOMMATION – Gaspillage alimentaire : le fenua en retard

jeudi 30 juillet 2015

Imposer aux grandes surfaces de donner leurs invendus alimentaires n’a pas été chose aisée. Mais depuis le 21 mai, les supermarchés métropolitains sont dans l’obligation de donner leurs invendus aux associations caritatives. En Polynésie, le sujet est mis au second plan et l’application de la loi semble inenvisageable, si l’on en croit certains. “L’idée n’est pas de mettre en place la loi, mais de trouver un cadre conventionnel (entre les associations et les importateurs, NDLR) pour trouver un débouché aux invendus alimentaires”, indique Hervé Duquesney, directeur des affaires économiques (DGAE). Il souligne également la différence dans l’organisation du commerce en métropole et en Polynésie, qui ne permet pas d’avoir le même statut juridique. Il semblerait donc qu’au sujet du gaspillage alimentaire, les lois du Pays soient encore au stade embryonnaire. En l’état actuel des choses, aucune mesure réelle n’a été prise et aucune loi n’a été votée. Seulement deux associations ont demandé à ce que la loi soit appliquée en Polynésie : Caritas et la Croix-Rouge. Pourtant, quelques associations bénéficient de denrées alimentaires de la part d’importateurs, nous apprend Jean-Claude Tang, conseiller technique au ministère du Développement des activités du secteur primaire. “Il y a des entreprises qui appellent les associations pour qu’elles récupèrent des boîtes de conserve et qu’elles les distribuent aux familles nécessiteuses”. C’est ce que confirme Hervé Duquesnay. “Certains importateurs ont des relations privilégiées avec certaines associations”, déclare-t-il. “Des importateurs donnent un certain nombre de produits alimentaires et autres, aux associations, par affinité”. Si “beaucoup de choses sont faites”, elles ne sont malheureusement pas connues de tout le monde. Et surtout, elles ne sont pas réglementées.

“Trop tôt” pour communiquer

Du côté des grandes surfaces, silence radio. Il est quasiment impossible d’avoir une réponse sur le sujet du gaspillage alimentaire. “Nous ne sommes pas autorisés à communiquer à la presse”, révèle le directeur d’une grande surface. Mais selon ce dernier, “c’est en pourparlers et je sais que, de notre côté, des actions vont être prises au niveau du gaspillage alimentaire”. “Très bientôt se tiendront des réunions qui iront dans le sens de la loi qui a été votée en France”, rassure Jean-Claude Tang. Depuis la convention de partenariat signée entre la délégation polynésienne de la Croix-Rouge et le ministère du Développement des activités du secteur primaire, aucune autre action n’a été menée. Cet accord, signé début juillet, permet à la Croix-Rouge de recevoir toutes les semaines des fruits et légumes provenant du service de développement rural (SDR). Depuis, “les négociations sont au point mort”, désespère Karl Lis, président de la Croix-Rouge de Polynésie. Mais celui-ci ne souhaite pas argumenter davantage sur le sujet. “Nous en sommes au stade de la discussion. C’est trop tôt pour communiquer quoi que ce soit dans les médias”. L’association de secours catholique Caritas révèle que “certains importateurs nous ont approchés”, mais ne souhaitent pas révéler leur identité. Quoi qu’il en soit, “ça devrait bouger d’ici fin septembre”, affirme Karl Lis.

Nadia Yonker

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