Consommez mieux pour économiser plus

samedi 13 juin 2015

Fiat lux*. Mais le moins cher possible. Tel est, en substance, le leitmotiv des experts venus de métropole, invités par la Polynésie française et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), en partenariat avec le centre de gestion et de formation, lors de la formation à l’éclairage public performant. Elle s’adresse aux élus, mais aussi aux ingénieurs et aux cadres de la maîtrise d’ouvrage publique.
La session de formation, proprement dite, se déroule en deux temps. Premier temps : une conférence-débat sur les diodes électroluminescentes ou LED s’est tenue jeudi soir, à la CCISM, et une sensibilisation à l’éclairage public performant pour les élus s’est tenue vendredi, dans les locaux du haut-commissariat.
Une vingtaine d’élus polynésiens ont suivi jeudi cette “sensibilisation”, d’une durée de deux heures, animée par deux experts qui ont dû s’adapter à la disparité de la Polynésie. Entre l’élue de Papara qui ne manque pas de rappeler la situation monopolistique concernant l’énergie à Tahiti et l’élu des Tuamotu qui considère l’éclairage public comme secondaire par rapport aux priorités de l’eau ou des déchets. “Personne ne peut nous aider à préparer les dossiers, il y a tant de lois, de décrets, de complications. Au bout d’un premier mandat, je vous garantis qu’un maire n’a toujours pas compris, il n’y a pas d’école pour être maire” a argumenté un élu.
Une des solutions préconisées est le conseil d’orientation énergétique, une sorte de schéma directeur de l’énergie, disponible via l’Ademe et déjà testé par des communes des Tuamotu et Nuku Hiva aux Marquises.
Ce conseil d’orientation peut être financé à hauteur de 70 % par l’Ademe même si celle-ci n’a pas les mêmes prérogatives qu’en métropole et que la Polynésie n’a pas signé les accords de Grenelle.

Se regrouper pour lutter contre les monopoles

“Tout n’est pas transposable et ne l’est pas non plus rapidement ici”, n’ont pas manqué de rappeler les animateurs de cette sensibilisation. Cet outil permet à la commune de connaître son patrimoine, de faire des projections, d’élaborer différents scénarios, et planifier des travaux si nécessaires.
“Le but est de mettre le doigt là où ça fait mal”, ont précisé les experts. Contrairement à la métropole, les communes ne sont pas propriétaires de leur réseau, mais en payent l’entretien, la maintenance et les factures d’électricité.
“L’union fait la force” pourrait être la solution pour renverser la vapeur – et le rapport de forces –, comme le préconise Georges Zissis. Sur le prix en lui-même de l’électricité, “plus l’énergie est chère, plus vous devez faire des économies (avec un éclairage public performant), plus les performances seront rapides et les investissements amortis”, ont expliqué les experts.
Par exemple, le solaire en Polynésie obtient un retour sur investissements au bout de deux-trois ans, une durée bien plus courte qu’en métropole où l’ensoleillement n’est pas du même niveau.
Autre avantage du fenua, son exceptionnel ciel étoilé. Le tout-lumière a des conséquences sur la vie nocturne de certaines espèces de la biodiversité, reconnaissent les experts, et le ciel est source de lumière, pas que spirituelle.
Point noir : les lampadaires-boules, encore présents dans nos îles qui, sans forcément bien éclairer le sol, sont énergivores. Enfin, la technologie LED est mature, reconnaît Georges Zissis, mais attention, “les filous ne manquent pas”, chez les installateurs et les revendeurs, assure-t-il. Comme quoi, une idée lumineuse ne l’est pas forcément.

Christophe Cozette

* Fiat lux est une locution latine présente au début de la Genèse. Il s’agit de la première parole de Dieu, ordre donné lorsqu’il a créé la lumière lors de la création du monde, traduisible en français par Que la lumière soit. (Wikipedia)

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