Construire 30 000 logements en 20 ans

    mardi 10 novembre 2015

    Objectif 30 000. Hier matin et pour trois jours, se sont ouvertes les premières Assises de l’habitat des régions et collectivités d’outre-mer, au lycée hôtelier de Punaauia. Un événement sans précédent pour notre communauté et qui a pour objectif “de susciter la contribution de tous, en s’inspirant de ceux qui ont de bonnes pratiques et qui peuvent nous montrer la voie” et “d’éradiquer le mal-logement en Polynésie française”, comme l’a rappelé Édouard Fritch dans son discours d’ouverture. Pour cela, il nous faut construire 30 000 logements, sociaux ou non, soit 1 500 par an pendant 20 ans. Et pour s’en donner les moyens, le gouvernement polynésien a fait appel à toute la fine fleur du logement social, de métropole, de l’outre-mer et même de la région Pacifique.
    Le délégué interministériel à la mixité sociale dans l’habitat, Thierry Repentin, le président de l’Union sociale de l’habitat outre-mer, Thierry Romanos, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, l’Agence nationale de l’habitat, les directeurs de la Caisse des dépôts et de l’Agence française de développement, le président de l’Union sociale pour l’habitat mais aussi les acteurs du logement social de Nouvelle-Calédonie, des Antilles et de La Réunion ont fait le déplacement, tout comme des intervenants venus de Nouvelle-Zélande et Samoa, qui aborderont, dans les jours qui viennent, les modes de gestion foncière pour le logement dans le bassin Pacifique.
    Même la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin a tenu à être présente à ces assises, via un message vidéo enregistré où elle n’a pas manqué de rappeler la participation de l’État à hauteur de 100 millions d’euros (11,9 milliards de francs) consacrés au logement social, dans le contrat de projets 2015/2020.
    “Nous sommes là pour échanger sur la base des retours d’expérience en matière de logement social de l’ensemble de nos opérateurs de notre réseau”, précise Mahieddine Hedli, directeur de la mission outre-mer de l’Union sociale pour l’habitat, en charge de l’organisation de ces assises. “L’objectif est de mobiliser ce réseau, dont fait partie la Polynésie française, pour produire plus, moins cher et faire en sorte que les taux d’efforts en locatif et en accession des familles polynésiennes leur permettent enfin d’être logées décemment”, complète l’expert du logement social métropolitain.

    De nombreuses inégalités

    “Partage”, “échange d’expérience” reprenaient en chœur le ministre du Logement Tearii Alpha et le président du Pays, Édouard Fritch, qui souhaite “prendre à bras-le-corps notre politique du logement qui a été abandonnée pratiquement depuis quelques années”.
    Après une triste année record en 2014 avec moins de 30 logements construits, le gouvernement a livré, cette année, les résidences Vairai et Motio, à Punaauia et Faa’a.
    Mais c’est encore trop peu, les besoins étaient déjà évalués à 800 logements par an en 1986, comme l’a rappelé le président, ils sont de 1 500 par an aujourd’hui. Et les difficultés sont multiples. Les inégalités sont nombreuses, la population vieillit, on fait moins d’enfants mais ils souhaitent désormais quitter le giron familial, le chômage s’enlise, l’indivision freine, la moitié du parc de l’Office polynésien de l’habitat (OPH) a plus de 30 ans… Bref, ce n’est pas la joie, ce qui fait dire au ministre en charge du Logement, “que le défi n’est pas utopique, il est colossal”. Parmi les solutions polynésiennes envisagées, la création d’une direction du logement et de la ville, qui serait censée gérer les demandes alors que l’OPH serait recentré sur ses missions d’opérateur. Parmi les solutions “extérieures”, l’éventuelle mise en place de taux à 0 %. Tous ces acteurs échangeront jusqu’à demain. En espérant de colossales solutions.

    Christophe Cozette

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    Chiffres

    – 30 000 logements (sociaux ou non) doivent être construits dans les 20 ans.
    – 6 000 demandes de logement attendent à l’OPH.
    – 100 millions d’euros (près de 12 milliards de francs) sont consacrés au logement social dans le contrat de projets 2015/2020.
    – On faisait 3,8 enfants en moyenne en 1988. Nous sommes passés sous le seuil des deux enfants par famille.
    – 3,6 personnes vivaient dans un même logement en moyenne en 1988. C’est aujourd’hui, 1,7 personne sous le même toit.
    – 12 % des habitants logent dans un immeuble contre 5 % il y a cinq ans.
    – Avec 9 000 emplois perdus depuis 2008, la Polynésie compte 25 000 chômeurs dont la moitié a moins de 25 ans.
    – Taux de pauvreté monétaire : 20 % (14 % en métropole).
    – Indice d’inégalité : 0,4 (0,29 en métropole). 20 % des ménages captent la moitié du revenu total des ménages et les 20 % les plus pauvres ne captent que 6 %.
    – 6 600 logements sont vacants aux îles du Vent, soit 10 % du parc total.

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