Le consul de Chine à Papeete revient sur les grands projets

    jeudi 23 juin 2016

     

    “Dès mon arrivée, j’ai senti vivement la volonté  des Polynésiens d’un développement économique”, confie  Ling Long, le consul de Chine à Papeete, qui a déjeuné avec  le haut-commissaire hier. (Crédit Marie Guitton)

    “Dès mon arrivée, j’ai senti vivement la volonté
    des Polynésiens d’un développement économique”, confie
    Ling Long, le consul de Chine à Papeete, qui a déjeuné avec
    le haut-commissaire hier. (Crédit Marie Guitton)

     

    Ling Long, le consul de Chine à Papeete a déjeuné hier avec René Bidal, le haut-commissaire. L’occasion d’interroger le dignitaire chinois sur les grands projets de la République populaire au fenua.

     

     

    La ferme aquacole à Hao, le Mahana Beach à Punaauia, d’éventuels vols directs réguliers opérés par la compagnie Hainan entre la Chine et le fenua…
    Ces grands projets sont-ils appuyés par votre consulat et l’État chinois ?
    C’est exact. Le gouvernement chinois attache de l’importance aux relations entre la Chine et la Polynésie française, dans le domaine économique mais pas seulement.
    Ces trois projets sont pour nous des grands projets, et le gouvernement chinois encourage beaucoup les entreprises chinoises à investir ici.
    Le Mahana Beach par exemple, c’est un projet très important de 25 milliards de dollars, sur lequel nous travaillons step by step (petit à petit, NDLR), avec attention et professionnalisme.

    Quel est votre rôle ? Celui d’un intermédiaire entre les autorités locales et les investisseurs ?
    Bien sûr, mais je crois que c’est plus que cela : en tant que représentant de l’État, c’est aussi un rôle de surveillance et de coordination de l’action des entreprises chinoises.
    Par exemple, les entreprises chinoises qui veulent traiter ici doivent d’abord rendre un rapport pour démontrer qu’il s’agit de projets viables, gagnants pour les deux parties : non seulement les entreprises chinoises, mais aussi le gouvernement polynésien. Les banques de Chine l’examinent ensuite attentivement.

    Où en est-on de la ferme aquacole ?
    Le gouvernement polynésien a délivré deux permis pour Tian Rui, le groupe chinois en charge de ce projet à Hao, et normalement le dernier permis sera délivré à la fin du mois d’août ou en septembre. À partir de là, on pourra commencer à travailler sur le terrain.

    Pourquoi la Chine s’intéresse-t-elle à la Polynésie ?
    Parce qu’il y a 150 ans, les premiers Chinois sont venus ici. Et à partir de ce moment-là, l’amitié entre la Chine et la Polynésie a commencé. Vous voyez ici beaucoup de Polynésiens qui sont des descendants chinois de 3e ou 4e génération. Les Chinois deviennent polynésiens, voilà pourquoi l’amitié est si essentielle entre nos deux peuples.

    Il y a effectivement un profond métissage au fenua. Mais on constate parfois une grande méfiance à l’encontre des “nouveaux Chinois”, qui investissent dans des projets considérés par certains comme surdimensionnés… Qu’en pensez-vous ?
    Ces prétendus “nouveaux” Chinois sont des gens modernes, bien éduqués, ouverts vers l’extérieur.
    Dès mon arrivée, j’ai senti vivement la volonté des Polynésiens d’un développement économique. Ils veulent vivre mieux. C’est donc la volonté commune du peuple et du gouvernement polynésien d’une part, et du gouvernement chinois d’autre part.
    Les investissements sont toujours la volonté de deux parties. Le gouvernement polynésien demande au gouvernement chinois de l’aider, de développer l’économie. Et il y a des grands projets qu’on a lancés.

    La Chine a-t-elle besoin de la Polynésie comme destination touristique pour sa classe moyenne émergente ?
    Pour nous, la destination Polynésie n’est pas si nécessaire. Parce que les touristes chinois ont plusieurs choix, dans le monde entier, comme Paris…
    Cela dit, la Polynésie est une destination qui a tendance à monter : l’année dernière, elle a accueilli 5 555 touristes chinois, contre moins de 3 000 en 2014. On voit donc le résultat des efforts conjugués entre les services polynésiens et les autorités touristiques chinoises. À la fin de l’année, la compagnie Hainan devrait par exemple travailler avec Air Tahiti Nui pour envoyer un charter de touristes chinois ici.

    Vous parlez du lien entre l’État chinois et la Polynésie. Quels sont vos rapports avec l’État français, représenté ici par le haut-commissaire ?
    La France est le premier État occidental à avoir établi des relations diplomatiques avec la Chine, en 1964. Les relations entre nos deux pays sont donc souvent décrites comme exemplaires parmi les pays occidentaux.
    C’est dans ce cadre que la Chine développe des relations avec le gouvernement polynésien. En tant que consul de Chine à Papeete, je travaille donc aussi bien avec le haut-commissariat qu’avec le gouvernement polynésien. Nous avons régulièrement des liens, par exemple pour les trois grands projets que nous évoquions précédemment. 

    Propos recueillis par Marie Guitton

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