Contrat de ville – À quand l’extension aux îles ?

    jeudi 4 juin 2015

    Les membres du CESC se sont prononcés favorablement, hier matin, sur le contrat de ville  2015-2020, avec 35 voix pour, zéro contre
    et une abstention.  Après la présentation, le débat s’est essentiellement porté sur la demande de Sylvana Estall qui souhaite l’extension de ce contrat à Raiatea et Bora Bora. Mais la définition des quartiers prioritaires répond à des critères bien précis, énumérés par un décret de décembre 2014.

    Des îles qui ne sont pas désertes et qui ne veulent pas être oubliées. C’est, en substance, le message qu’a délivré, hier matin, Sylvana Estall à ses collègues du conseil économique, social et culturel (CESC), à Papeete. Réunis dans l’enceinte de l’institution, les conseillers devaient  donner un avis sur l’approbation du projet de contrat de ville 2015-2020, après qu’Édouard Fritch, le président du Pays, en eut fait la demande, sans qu’il n’y soit contraint, ce que les représentants ont apprécié.
    Sylvana Estall a soulevé le point des îles, de Bora Bora et Raiatea notamment, qui n’ont pas accès à ce contrat de ville, nouveau nom du contrat urbain de cohésion sociale (Cucs), dont l’objet est d’améliorer l’habitat et le cadre de vie des quartiers prioritaires du fenua.
    Elle regrette que l’enveloppe de 1,7 milliard de francs prévue sur cinq ans, grâce à une participation de l’État, du Pays et des communes (lire ci-dessous) ne soit destinée qu’à neuf villes de l’agglomération de Papeete (de Papara à Mahina, ainsi que Moorea).

    “Élargir le dispositif aux îles ?”

    “J’avais déjà réagi en 2004, alors qu’il n’y avait que cinq communes”, explique Sylvana Estall. “En 2007, je me suis aperçue qu’ils avaient élargi (la zone pouvant bénéficier du Cucs, NDLR) à Moorea et Papara. Et aujourd’hui (hier matin, NDLR), je me suis dit : “Je vais retenter encore et réagir.” Pourquoi  ne pas reprendre ce dispositif et l’élargir aux îles ?”
    Sa requête semble fondée. Rappelant que, chaque année, “une centaine d’élèves sont en décrochage scolaire” à Bora Bora ; que, sans moyens, “ces jeunes vont traîner”, entraînant dans le sillon de leur déshérence le filon “de la drogue, de l’alcool, du komo” ; que dans leur quartier Tiipoto, à Bora Bora, “qui regroupe 5 000 jeunes”, “la commune a mis en place  des médiateurs bénévoles, alors qu’on peut les rémunérer”.
    Et regretter la disparition de l’Epap (établissement pour la prévention, fermé en 2010). À l’époque, celui-ci permettait “de repérer des responsables de quartiers qui faisaient remonter les problèmes qu’ils rencontraient”. Les quartiers, le cœur de métier du contrat de ville. Mais ses arguments ne sont pas suffisants pour rejoindre la liste des 76 quartiers prioritaires désignés par l’État (le Pays en avait soumis 179). Au-delà des sept critères permettant de déterminer un indice de précarité, élaborés  par le Pays, l’État, l’Institut de la statistique de Polynésie française (ISPF) et les communes, il reste le décret n°2014-1575 du 22 décembre 2014.
    Pour être éligible, une commune doit justifier d’une densité de population de 100 habitants au km2² et d’un bassin de 10 000 emplois. C’est l’avantage de l’agglomération urbaine, dans laquelle sont regroupées les neuf communes de Tahiti. Ce qui n’est pas le cas pour Bora Bora et Raiatea.
    “Avec tous les représentants d’aujourd’hui (hier, NDLR) qui sont favorables à ma demande, on va établir ensemble un courrier et on va demander directement à Manuel Valls de pouvoir bénéficier du contrat de ville”, explique Sylvana Estall. “Mais on va d’abord écrire à notre président. Bora Bora, ça concerne le tourisme, et Uturoa, pour la jeunesse qui s’y regroupe.”
    Mais selon Lucie Tiffenat, rapporteuse de la consultation du CESC sur le contrat de ville, ce ne sera pas pour maintenant,  “les études étant bouclées” (lire ci-dessous). Les îles devront donc encore attendre pour être sur la liste des contrats de ville.

    Karim Mahdjouba

    Lire plus et notamment l’nterview de Lucie Tiffenat  dans La Dépêche de Tahiti  ou au feuilletage numérique

    Engagements financiers

    L’État s’engage à participer chaque année :
    – en investissement, en provenance du ministère des Outre-mer, à hauteur de 59 665 871 F à 119 331 742 F,
    – en fonctionnement, en provenance du commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), à hauteur de 170 346 062 F.

    La Polynésie française s’engage à participer au contrat de ville à hauteur de 50 millions de  francs minimum chaque année.
    Au total, sur cinq ans, ce sont environ 1,7 milliard de francs injectés dans des projets.

    Les communes participeront à hauteur de 12 millions de francs en 2015, puis environ 22 millions chaque année, une somme destinée au fonctionnement du syndicat mixte en charge du contrat urbain de cohésion sociale (Cucs). Elles participent également de 40 à 50 % dans le financement des projets portés par les
    associations.

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