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Une convention pour mettre en avant le talent des jeunes tatoueurs

mardi 28 mars 2017

manutea chartiez tatouage

Pour cette première édition, cinq tatoueurs professionnels partagent leur box avec des tatoueurs qui n’ont pas encore fait de convention. Ici, Manutea Chartiez à droite, tatoueur professionnel, partage son espace avec René Ah Lo qui officie actuellement dans le shop Manuia Tatoo. (© Élénore Pelletier)


Le festival Tatau a ouvert ses portes hier, en présence du conseil municipal de Faa’a et d’Estelle Anania, “plus belle femme tatouée de France”, marraine de l’événement. Durant une semaine, 15 jeunes tatoueurs pas encore connus du grand public et cinq professionnels partageront avec le public leur savoir-faire et leur amour pour leur art. Ce festival est avant tout un coup de projecteur pour les jeunes talents émergents, afin de les aider à se lancer et à se faire un nom dans le milieu.

Tatau n’a rien à envier à son aîné Polynesia Tatoo. Ce petit festival du tatouage, Tatau, qui se tiendra toute la semaine à la mairie de Faa’a, devrait faire parler de lui car, pour une première édition, les organisateurs ont mis le paquet.

Une dizaine de box “tout propre” pour accueillir les artistes, trois concours organisés ce week-end, des démonstrations de tatouage traditionnels, une vingtaine de jeunes tatoueurs accessibles et heureux de partager avec le public leur savoir-faire et une invitée de marque, Estelle Anania, récemment couronnée “plus belle femme tatouée de France” lors de l’élection Ink Girl France à Grenoble, comme marraine de l’événement. Elle sera présente sur toute la durée du festival.

Pas d’artistes internationaux en vue, ni de grands noms du tatouage dans ce festival, mais 15 talents qui n’ont encore jamais participé à des conventions et cinq jeunes tatoueurs plus expérimentés pour les soutenir. Tous ont dû justifier d’une attestation “hygiène et salubrité” pour pouvoir se présenter dans ce festival.

La journée d’hier a surtout été une journée de prospection pour le public. La foule était là dès l’ouverture pour découvrir les books des artistes et prendre rendez-vous avec les tatoueurs. Le premier tatouage du festival a démarré une heure après l’ouverture.

C’est l’association Ariitai Tatau qui est à l’origine de ce festival. “C’est un projet que j’ai imaginé il y a un an déjà et il nous a fallu plusieurs mois de travail pour lui faire voir le jour. On y est, et ce, grâce à la mairie de Faa’a qui a, dès le début, été à 200 % avec nous. L’idée de ce festival, c’est de mettre en avant les jeunes talents émergents, pour les aider à se lancer. C’est également l’occasion pour eux de se rencontrer, d’échanger leur savoir faire et de se faire connaître du grand public, notamment à travers les concours. Aujourd’hui, pour un jeune qui veut se lancer, ce n’est pas facile, car c’est un milieu qui fonctionne beaucoup avec le bouche-à-oreille. Cet événement, c’est un bon coup de projecteur sur eux. À eux de s’en saisir”, explique Ariitai, l’organisateur de l’événement.

Thierry Pirato, l’organisateur du festival Polynesia Tatoo, était également présent pour l’inauguration du festival et s’est dit très intéressé par la mise en place d’une section “amateur”, si une prochaine édition de Polynesia Tatoo voit le jour en 2018.

Aujourd’hui, ce qu’il manque pour les jeunes tatoueurs, c’est une formation spécifique. Celle-ci devrait voir le jour au Centre des métiers d’arts et est très attendue par toute la filière. Autre point que réclament les tatoueurs polynésiens : que leur attestation “hygiène et salubrité”, délivrée actuellement par la Chambre du commerce, de l’industrie, des services et des métiers (CCISM), soit reconnue en métropole et à l’international. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, car elle n’est pas certifiée par le ministère de la Santé et pose donc un problème aux tatoueurs pour s’exporter.

“Aujourd’hui, la seule façon de participer à des conventions en métropole ou à l’étranger, c’est de passer l’équivalent de notre attestation “hygiène et salubrité” en métropole, ce qui revient vite cher. Du coup, alors que c’est nous, les locaux, qui maîtrisons le tatouage polynésien, ce sont des étrangers qui le pratiquent en dehors de chez nous. Si on veut être compétitif, il faut que notre attestation soit reconnue partout dans le monde. C’est une façon de faire rayonner notre culture”, explique un tatoueur.

Les tatoueurs aimeraient également que le gouvernement s’implique plus dans le tatouage, au même titre qu’il le fait pour le Heiva, en organisant par exemple deux à trois conventions par an, afin de donner une vitrine aux tatoueurs de la place.

En attendant, le festival Tatau devrait attirer du monde, notamment ce week-end, au moment des concours. 

 

Élénore Pelletier

 

tatau

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