Coprah : le cours de l’huile brute explose, la Polynésie n’en profite pas

    jeudi 25 août 2016

    coprah

    Dans un article paru le 19 août, le quotidien Les Échos parle de la flambée des cours de l’huile de coprah brute. En cause : la météo et le succès de l’eau de coco, qui accapare une part toujours plus grande des récoltes. (Photo : DR)

     

     L’eau de coco, en plein boom, accapare une part des récoltes mondiales

     

    C’est un ingrédient discret, peu connu.” Le très sérieux quotidien économique métropolitain Les Échos consacrait, il y a quelques jours, un article à l’huile de coprah, si familière à nos archipels.

    Ce “petit marché” de moins de 3 millions de tonnes produites par an à l’échelle mondiale mettrait aujourd’hui les grandes plateformes d’échange “en ébullition”.

    Au plus haut depuis cinq ans, le cours de l’huile de coprah brute aurait doublé en un an à Rotterdam et aux Philippines, “pays qui se partage avec l’Indonésie 80 % de la production mondiale”.

    En cause ? “Le mauvais temps qui fait qu’il y a moins de coprah”, répond d’abord Henri Leduc, le président-directeur général de l’Huilerie de Tahiti, que nous avons fait réagir à cet article.

    Le cyclone qui a touché les Philippines il y a trois ans pourrait expliquer qu’au niveau mondial, le prix de l’huile de coprah a bien augmenté.”

    Ce typhon nommé Haiyan avait en effet coûté la vie à des milliers de personnes et endommagé des dizaines de millions de coco-tiers philippins.

    Le responsable d’une société de courtage en huiles végétales, interrogé par Les Échos, confirme donc cette explication.

    Mais le journaliste du quotidien économique évoque aussi une autre raison : le boom de l’eau de coco, qui accaparerait de plus en plus de noix de coco.

    Dès 2010, Madonna elle-même aurait parié sur cette boisson, selon le journal français qui affirme qu’elle aurait investi 1,5 million de dollars (158,9 millions de francs) dans la marque Vita Coco, “qui désaltère le tout-Hollywood et le tout-New York”.

    Aux États-Unis, les ventes au détail d’eau de coco avoisineraient aujourd’hui les 2 milliards de dollars par an, soit près de 212 milliards de francs, et la demande serait en hausse “dans la majeure partie des pays développés”.

    Les producteurs, qui ne s’y trompent pas, seraient donc de plus en plus nombreux à exploiter leurs cocos encore verts pour leur eau, contraignant désormais les entreprises américaines ou européennes à verser un prix d’or pour s’assurer des stocks suffisants d’huile de coprah brute, difficilement remplaçable, selon Les Échos.

     

    Développement et régénération des cocoteraies

     

    De quoi en mettre plein les poches de l’Huilerie de Tahiti ? “Ça m’arrangerait bien !”, lâche son PDG, qui indique que le kilo d’huile de coprah s’échangeait 171 F la semaine dernière, contre 130 F maximum au début de l’année.

    Le cours atteint des records, mais malheureusement, nous, on n’a pas assez de coprah…, regrette-t-il. La Polynésie française, sur le marché mondial, c’est peanuts !

    D’autant plus qu’ici, si l’eau de coco est déjà la boisson traditionnelle par référence, un troisième produit commence à grignoter la part du coprah : l’huile de coco vierge.

    Elle n’est pas non plus obtenue au même stade de maturation que l’eau de coco, explique Henri Leduc. Pour l’eau, le coco est très jeune. L’huile vierge vient un peu après. Et pour le coprah, on attend presque le stade de la pourriture.

    Pour ces trois produits, donc, trois cocos. Comme en Asie du Sud-Est, des programmes de développement ou régénération des cocoteraies ont été lancés ces dernières années au fenua.

    Mais sera-ce suffisant pour exporter de l’eau de coco un jour ? “Ça pourrait arriver, imagine Henri Leduc. On est aussi en train de voir la possibilité de faire de l’huile vierge… Mais on verra.

    Outre les États-Unis, le marché européen de l’eau de coco pourrait en tout cas s’avérer juteux dans les prochaines années.

    D’après la société de recherche Technavio, consultée par Les Échos, sa progression dépassera 23 % par an en moyenne entre 2016 et 2020.

    En France, entre 2014 et 2015, le marché balbutiant a doublé de taille, écrit le journaliste. Il pesait 5 millions d’euros en 2015 (597 millions de francs, NDLR), et ce chiffre pourrait être multiplié par dix d’ici dix ans, selon les spécialistes du secteur.”

    À bon entendeur…

     

    Marie Guitton  

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