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Corail : un passionné invente une méthode plus propre de bouturage

mardi 13 juin 2017

Nicolas Bureau coraux

Pour fixer sa bouture, Nicolas Bureau utilise un morceau de corail mort, et un élastique accroché à une goupille en inox. Une fois que la bouture a pris, il récupère les matériaux non naturels. Plus de colle, ni de plastique dans le lagon ! (© Marie Guitton)

Bouturer du corail sur un morceau de corail mort, sans plastique ni colle ? C’est l’expérience qu’est en train de mener, à Tahiti et Moorea, un passionné du lagon doté d’un brin d’imagination.

Dans sa vie de tous les jours, Nicolas Bureau organise des sorties dédiées à l’observation des baleines, des dauphins et de la flore sous-marine. “En regardant ce qui se faisait autour de moi, j’ai trouvé ça génial de voir qu’on pouvait reproduire le corail en le bouturant”, raconte-t-il.

L’idée était née de mettre un peu de bleu dans ses mains vertes, jusqu’alors utiles à son seul fa’a’apu.

“Mais pour moi, il était hors de question de manipuler le corail avec du plastique et de la colle époxy, qui n’ont rien à faire dans le lagon”, ajoute l’écolo, plutôt habitué à ramasser les sacs plastique qui flottent dans l’eau.

Après un échange avec Lætitia Hédouin, chercheuse du Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (Criobe), il a fait ses premiers tests en mars 2016, “dans son coin”.

Au lieu de supports en plastique, Nicolas Bureau a choisi des coraux morts. Et à la place de la colle pour fixer la bouture, il utilise une goupille en inox et une sangle élastique ceinturée au socle.

“Une fois que la bouture a pris, au bout d’un mois et quelque, tu les enlèves et tu obtiens une bouture 100 % corail, explique-t-il. Ensuite, tu peux réutiliser la goupille et l’élastique.”

Après l’avoir testée “sur un bout de table que lui avait prêté le Sofitel Moorea”, il assure que cette méthode serait reproductible à peu près partout. “Ça marche même avec un rayon de vélo et un bout de chambre à air !”

Une vingtaine de socles ont déjà été confiés à l’association Tamari’i pointe des pêcheurs, et coincés dans les cavités des patates mortes qui jonchent le lagon à Punaauia.

D’autres boutures seront mises à l’eau dans les prochains jours devant l’InterContinental Moorea, à côté des tables du Criobe. Certaines espèces, accrochées à de gros morceaux de corail mort, pourront même être piquées directement dans le sable.

“Les scientifiques sont très intéressés pour récolter mes datas”, affirme donc aujourd’hui Nicolas Bureau, qui espère qu’elles seront concluantes.

 

“C’est une très bonne démarche”

 

“Ça prend plus de temps que le bouturage classique, reconnaît déjà le passionné. Au lieu de deux ans, je pense que tu peux multiplier par trois. Et puis ma méthode demande un suivi un peu plus attentif pour s’assurer que le corail n’est pas en train de recouvrir la goupille, et donc la retirer à temps. Mais aujourd’hui, si on veut vraiment faire des aménagements dans le lagon, je pense qu’il faut prendre son temps. Créer un jardin de corail sur des blocs de ciment armé, comme ça se fait partout, c’est un non-sens total. Moi, ce que j’aimerais, c’est qu’on réfléchisse à comment faire quelque chose de propre.”

À Teahupo’o, en partenariat avec le Tahiti iti surf club et un doctorant du Criobe, Nicolas Bureau a récemment posé trois types de boutures : avec la méthode classique, avec l’élastique et la goupille, et en mixant les deux procédés.

“On est en contact, confirme le chercheur Antoine Puisay. Nous ne pourrons pas faire le suivi de ses essais, mais on pourra comparer nos boutures à un moment ou à un autre, et on pourra l’aider au compte-gouttes, en lui donnant notre avis. Déjà, c’est intéressant parce qu’il cherche à faire quelque chose de 100 % écologique. C’est une très bonne démarche.”

 

Marie Guitton

 

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