Corbeil: un homme sorti d’un centre psychiatrique armé de couteaux tué par la police

    mardi 20 octobre 2015

    Un homme, qui sortait de l’unité psychiatrique d’un centre hospitalier armé de deux couteaux, a été abattu par la police en pleine rue mardi à Corbeil-Essonnes, en banlieue parisienne.

    Le patient, âgé de 30 ans, était suivi depuis de nombreuses années par l’établissement, le centre hospitalier sud-francilien (CHSF), et était également connu de la justice: en 2009, il avait commis un meurtre à Bagneux mais avait été déclaré pénalement irresponsable, a précisé lors d’un point-presse le procureur de la République d’Evry (Essonne), Eric Lallement.

    « Sa situation était plus simple depuis quelques mois, mais ce matin, pour des raisons qui n’ont pas été identifiées, il est entré dans une crise très violente », a expliqué le directeur de l’hôpital Thierry Schmidt.

    Peu avant midi, il s’en est d’abord pris à un membre du personnel qui était entré dans sa chambre, a relaté M. Schmidt. Il lui a assené plusieurs coups de poings avant de se rendre dans la salle du déjeuner et de se saisir de deux couteaux de table.

    Puis il a continué à agresser le personnel, blessant légèrement deux personnes au couteau, dont une aide-soignante touchée à l’arcade sourcilière. L’homme a ensuite réussi à échapper à la sécurité et à sortir de l’établissement.  

    Une fois dehors, les fonctionnaires de police, alertés par l’hôpital, se sont retrouvés face à cet homme armé de deux couteaux en pleine rue.

    Ils ont tenté de l’interpeller en usant notamment de bombes lacrymogènes et de coups de cannes, sans succès. Un premier policier a reçu un coup de couteau et a été légèrement blessé à l’épaule. Puis le forcené « s’est projeté » sur une gardienne de la paix, « en exhibant l’arme ensanglantée », d’après une source policière.

    Cette dernière a alors répliqué en tirant à deux reprises au niveau du tronc. Les secours ont tenté de le ranimer pendant près de deux heures, avant que le décès ne soit constaté peu avant 14H30.

     

    – ‘Une journée en enfer’ –

    En fin d’après-midi, Manuel Valls s’est rendu sur place pour rencontrer le personnel de l’hôpital, a constaté un journaliste de l’AFP. « On vous remercie (d’être venu), on a vécu une journée en enfer, aujourd’hui », lui a confié Viviane, cadre du personnel para-médical.

    « C’était violent, c’était pas lui, il avait les yeux rouges, il était halluciné », a témoigné une collègue. « Lorsque je me suis approché de lui, il est venu me poignarder avec deux couteaux, je l’ai repoussé », a expliqué un autre membre de l’unité psychiatrique.

    « Une cellule médico-psychologique a été activée à la demande de la direction », a précisé dans un communiqué le CHSF, le plus important centre de soins du sud de la région parisienne.

    La ministre de la santé Marisol Touraine a également exprimé « tout son soutien à ces professionnels et à leurs proches, qu’elle sait choqués par cette grave agression ».

    Le parquet d’Evry a ouvert deux enquêtes, l’une confiée à la Sûreté départementale autour des faits qui se sont déroulés à l’hôpital, et une autre à l’IGPN, la police des polices, « sur les conditions dans lesquelles les tirs ont été opérés », a précisé le procureur d’Evry.

    L’autopsie de la victime devait avoir lieu mercredi.

    Dans un communiqué, le syndicat de policiers « Alliance Police Nationale » s’est dit « inquiet » de la « recrudescence des agressions physiques envers les policiers de l’Essonne ».

    Le syndicat souhaite par ailleurs « relancer le débat » sur la dotation pour les policiers d’armes non létales de type Taser, « arme qui aurait permis, dans ce cas précis, de maîtriser l’individu dès le début de l’interpellation ».

     Agence France-Presse

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