Correctionnelle – Une classe de 4e aux audiences

    vendredi 20 novembre 2015

    La petite salle d’audience du tribunal est pleine à craquer. Hier, alors que les caméras se pressent dans la grande salle pour suivre le jugement en appel de l’ancien président du Pays dans l’affaire des RG de la présidence (lire en p. 13), une classe de 4e du collège Notre-Dame-des-Anges est venue assister à une matinée d’audiences par le tribunal correctionnel, véritable échantillon d’une délinquance chronique.
    La veille, les élèves ont reçu la visite du vice-procureur Hausner qui leur a expliqué le fonctionnement de la justice, au programme de leur année de cours, mais également dans le cadre des journées de l’enfant.
    Le juge Pallain, qui officiait, a tenu compte de cette présence inhabituelle, en allant parler aux élèves lors d’une suspension, mais également pendant l’audience, au moment de s’expliquer avec les prévenus.

    “Des fois, c’est dur de voir les peines que l’on met”

    Teparitu V., par exemple, comparaît détenu. Cet habitant du quartier Kosovo à Bel-Air aurait volé des vêtements dans un magasin à Carrefour Punaauia. S’il nie, tous les autres accusés, y compris son frère, le confondent. Il sera relaxé faute de preuve mais retournera en prison. Le procureur tient tout de même à attirer l’attention. Alors que le détenu a affirmé avoir 29 ans, la date de naissance fait apparaître qu’il en a en fait 31. “S’il savait compter, il n’en serait pas là”, commente le juge à l’attention de son jeune auditoire. “Ou alors, il fait du jeunisme.”
    C’est au tour de Tahiarii T. de se présenter à la barre. Le jeune homme de 23 ans a été surpris par la DSP alors qu’il avait fracturé une voiture et qu’il était en train de fouiller la boîte à gants. C’est la cinquième fois qu’il est jugé pour ce genre de délit. Le SDF, déjà incarcéré depuis un mois, explique qu’il vole pour pouvoir s’acheter à manger.
    “Des SDF sans argent qui volent pour manger, c’est une réalité”, explique, pédagogue, le juge, avant d’interroger le prévenu : “Et quel était votre travail ou quel sera votre travail à votre sortie ?” “Je fais un peu de maçonnerie”, répond Tahiarii “Comme tout le monde”, enchaîne le juge. “Des hommes qui peuvent porter des parpaings, la Polynésie n’en manque pas. Voilà pourquoi il faut travailler à l’école, pour ne pas terminer dans la rue et avoir ce genre de vie.”
    Dans la salle, la confirmation par le juge de ce que disent professeurs et parents laissent les élèves sans voix.
    “Des fois, c’est dur de voir les peines que l’on met aux accusés, même si c’est mérité”, explique du haut de ses 13 ans Niihau, à la sortie de l’audience, avant d’admettre : “Cela donne envie de bosser. C’est intéressant de venir voir cela, on sait ce qui peut se passer si l’on fait des délits.” Il y a des leçons pratiques qui valent des heures de théorie.

    F.C.

    lebororo 2015-11-21 12:20:00
    Pas trop d'accord pour ça...
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        Allez-vous voir Vaiana ?

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