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Corse – Large victoire de la coalition nationaliste

lundi 4 décembre 2017

corse

Gilles Simeoni (3e en partant de la gauche), candidat du parti nationaliste Pè a Corsica, fête avec ses soutiens à Bastia les résultats du premier tour des élections territoriales. (Photo : Pascal Pochard-Casabianca/AFP)

La coalition nationaliste de Gilles Simeoni et de Jean-Guy Talamoni est arrivée largement en tête, hier, au premier tour des élections territoriales en Corse avec 45,36 % des voix, selon les résultats définitifs officiels.

La liste Pè a Corsica (Pour la Corse), qui rassemble les autonomistes de Gilles Simeoni et les indépendantistes de Jean-Guy Talamoni, a encore amélioré son score par rapport aux élections territoriales de décembre 2015 marquées par leur victoire historique (35,34 % au deuxième tour). Au premier tour, les deux leaders nationalistes n’avaient alors pas fait liste commune et avaient obtenu 17,62 % pour Gilles Simeoni et 7,73 % pour Jean-Guy Talamoni, avant de fusionner leurs listes au second tour.

“Le score final, il est évident que c’est une véritable lame de fond, un véritable raz de marée démocratique, qui vient confirmer et amplifier ce qui s’est passé en décembre 2015 avec la victoire des nationalistes”, a réagi hier soir Gilles Simeoni.

“Je crois qu’aujourd’hui, la Corse envoie un signal très fort à Paris et dit d’une voix très largement majoritaire : nous voulons la paix, nous voulons la démocratie, nous voulons construire une île émancipée. À Paris de faire sa part de chemin pour qu’ensemble, nous élaborions une solution politique”, a-t-il déclaré.

“Le résultat est remarquable, au-delà de nos attentes”, a dit Jean-Guy Talamoni. “Au deuxième tour, nous allons demander aux Corses de nous placer le plus haut possible de façon à avoir une légitimité pour obtenir l’ouverture de négociations sur des sujets essentiels : la coofficialité de notre langue, le statut de résident pour protéger les électeurs, l’amnistie pour les prisonniers et les recherchés”, a-t-il poursuivi.

La droite régionaliste de Jean-Martin Mondoloni arrive en deuxième position avec 14,97 % des voix, suivie de la liste Les Républicains emmenée par Valérie Bozzi (12,77 %) puis de la liste la République en Marche de Jean-Charles Orsucci (11,26 %).

Les deux listes de Jean-Martin Mondoloni et de Valérie Bozzi pourraient s’unir en vue du second tour. “Des contacts seront pris dimanche soir”, avait indiqué Jean-Martin Mondoloni auparavant. Jean-Charles Orsucci, avait, pour sa part, écarté l’idée d’une union contre les nationalistes.

Le petit parti indépendantiste U Rinnovu, partisan d’une ligne nationaliste plus dure, obtient 6,69 % des suffrages (près de 3 % en 2015) et ne peut se maintenir au second tour – il lui aurait fallu atteindre 7 % –, mais aurait pu s’agréger à une autre liste au second tour, ayant dépassé les 5 %.

Toutefois Paul-Félix Benedetti, tête de liste, a rejeté hier soir tout rapprochement avec Pè a Corsica. “Nous voulons garder une ligne cohérente”, a-t-il dit, rappelant avoir écarté toute union pendant la campagne.

La gauche, qui avait présenté cinq listes en 2015 et n’en présentait qu’une cette fois-ci, menée par Jacques Casamarta (Corse insoumise), obtient 5,68 % des suffrages. Cette liste commune PCF-Insoumis était soutenue par Pierre Laurent mais avait été désavouée par Jean-Luc Mélenchon.

“En #Corse, le dégagisme, c’est Simeoni. Bravo ! Macron sévèrement puni. Le FN ridiculisé. L’usurpation d’identité et la tambouille du PCF ont été durement sanctionnées”, a réagi hier soir dans un tweet le leader de la France insoumise.

Le Front national ferme la marche avec 3,28 % des suffrages.

La participation à 52,17 % est en recul par rapport aux élections de  2015 (59,88 %).

Les 234 000 électeurs corses étaient appelés à voter pour choisir les 63 élus d’une nouvelle instance inédite, la Collectivité territoriale unique (CTU) qui se substituera à compter du 1er janvier 2018 aux conseils départementaux de Corse-du-Sud et de Haute-Corse et à la collectivité territoriale de Corse (ex-région).

L’accord de mandature des nationalistes vise l’obtention d’un véritable statut d’autonomie dans les trois ans et sa mise en œuvre effective dans les dix ans. Hier soir, Jean-Guy Talamoni a réitéré ce souhait d’un “nouveau statut institutionnel”.

“Notre objectif, c’est de renforcer la cohésion de la société corse (…) en nous adressant à tous les Corses et pas seulement aux nationalistes”, a déclaré Gilles Simeoni, se posant en rassembleur.   

 

AFP

 

 

 

 

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