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Coups de couteau : Deux militaires condamnés à douze et huit mois de prison

mardi 18 juillet 2017

militaire tribunal

Débriefing avec leur avocate après que le tribunal ait rendu son verdict. (© Christophe Cozette)

“Ils sont là pour protéger la population, pas pour la poignarder.”

Hier après-midi s’est déroulé, au palais de justice de Papeete, en comparution immédiate, le procès des deux fusiliers marins, dont l’un en possession d’un couteau, qui, lors d’une rixe, dans la nuit de vendredi à samedi derniers, dans le centre-ville de Papeete, ont fait deux blessés, dont un toujours à l’hôpital.

Les mots du procureur de la République étaient pour rappeler que même “hors service, on représente une institution, l’État”.

Retour sur un 14-Juillet sanglant. Les prévenus, ainsi que les victimes sont alcoolisées, les uns fêtant un mariage, les autres leur futur départ pour l’Hexagone. L’un des militaires bouscule malgré lui une personne, puis revient, selon ses déclarations, s’excuser quelques instants plus tard et reçoit une gifle d’un ami du bousculé. La situation en reste là malgré quelques regards insistants de part et d’autre.

Mais c’est à la sortie de la boîte de nuit, aux alentours de 2 heures du matin, que la situation dégénère et que tout ce petit monde se retrouve à quelques encablures avant d’en venir rapidement aux mains.

Des coups pleuvent mais un couteau fait son apparition, dans la rixe, blessant une première personne au thorax, puis une seconde à l’avant-bras. Fuite, puis interpellation, puis garde à vue…

Ce n’est qu’hier que le tribunal a tenté de faire toute la lumière sur ce 14-Juillet qui aurait pu tourner mal.

Les deux prévenus, T.F. et T.D., la vingtaine chacun, engagé en 2014 pour l’un et en 2015 pour l’autre, comparaissaient pour violences volontaires en réunion, avec une arme et en état d’ébriété, et encouraient jusqu’à sept ans de prison. Tee-shirt sombre pour les deux, jeans aussi, baskets aux pieds et cheveux courts, seul un des deux est tatoué au bras, le distinguant ainsi de son acolyte, arrivé au fenua en même temps que lui, il y a quatre mois environ.

Une des deux victimes, bras droit en bandoulière, la trentaine, grand et bien bâti, était présente à la barre, hier après-midi, son ami blessé au thorax étant toujours à l’hôpital. L’un s’est vu admettre une ITT de 10 jours, l’autre de 15 jours.

Un troisième militaire, le supérieur des deux prévenus, avait été interpellé mais n’était pas à la barre, hier, car relaxé, n’ayant pas participé à la bagarre.

Les faits étaient plutôt simples et ont dégénéré, alcool oblige. Tout est bien parti d’une bousculade, suivie d’une claque, puis les regards se sont échauffés à l’intérieur de l’établissement. L’avocat de la défense a demandé que l’on revoie la vidéo de surveillance de l’établissement, pour que la lumière soit faite, une demande rejetée par le ministère public.

 

“Vous avez failli à votre serment”

 

Les esprits étaient calmes, hier, à la barre mais bien chauds vendredi dernier au soir. T.F., qui portait un couteau sur lui – “un cadeau à valeur sentimentale qui me sert à table” – ne “voulait pas de bagarre”, comme il l’a répété à la barre.

Mais les témoignages, notamment du vigile de l’établissement, semblaient plutôt dire le contraire. “On va régler cela autre part” (avant la rixe), “ils ont cherché, ils ont perdu” (après) : deux phrases qu’il aurait prononcées, selon des témoins, et qui ne jouaient pas en sa faveur, surtout qu’entre les deux (phrases), T.F. a sorti son couteau, une fois dehors.

“J’ai sorti le couteau pour les intimider. Ils étaient deux sur moi”, a-t-il déclaré au tribunal.

Mais après l’avoir sorti une première fois, blessant la première victime au thorax, T.F. part puis revient chercher T.D. et blesse, à nouveau, mais au bras cette fois, la victime présente au tribunal, hier.

Puis le couteau est jeté et les comparses s’entendent pour minimiser l’affaire, quitte à impliquer le troisième militaire, relaxé depuis.

“Une de vos règles est la maîtrise de soi, n’est-ce pas”, s’est interrogé le procureur, regardant fermement les deux jeunes militaires.

“Vous avez failli à votre serment”, leur a sermonné ce dernier, qui a requis, dans la foulée, 24 mois de prison, dont 12 avec sursis pour T.F., et 24 mois avec sursis pour T.D.

L’avocate de la défense, qui s’est dite “atterrée”, a tenté de minimiser la responsabilité de ses clients, n’hésitant pas à dire qu’une des victimes “s’était jetée sur le couteau”, dans la bagarre.

“On est dans une société où, avec un regard, tout peut tourner mal. C’est la faute à pas de chance”, a-t-elle déclaré, avant de demander la relaxe pour T.D. et l’indulgence du tribunal, voire des travaux d’intérêt général, pour T.F.

Après avoir délibéré, le tribunal a condamné ce dernier, le propriétaire du couteau, à 12 mois de prison, dont quatre avec sursis, et T.D. à huit mois avec sursis. Des peines qu’ils n’avaient sans doute pas prévues de ramener dans leurs bagages, d’ici quelques jours.

Compte rendu d’audience Christophe Cozette

 

 

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