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Cour d’appel – Allongement de la peine requis pour le“douanier proxénète”

vendredi 3 août 2018

justice

Pendant quinze mois, le “douanier proxénète” aurait sous-loué plusieurs appartements à des prostituées, dont deux mineures au moment des faits. Il aurait ainsi amassé au cours de cette période un peu plus de 340 000 F. (© archives LDT)

“J’ai fait appel parce que ma peine est trop lourde”, a clamé hier à la barre D.P. lors de son procès en appel. Ce dernier, douanier de profession mais radié depuis mai, avait été reconnu coupable par le tribunal correctionnel le 13 février pour proxénétisme aggravé et travail dissimulé.

D.P. avait alors écopé de cinq ans d’emprisonnement, dix millions de francs d’amende et l’interdiction définitive d’exercer un travail dans la fonction publique.

Les faits qui lui sont reprochés remontent il y a maintenant presque six ans. Entre 2011 et 2012, D.P. s’était livré à plusieurs activités illicites, et notamment le proxénétisme.

Pendant quinze mois, il aurait ainsi sous-loué plusieurs appartements à des prostituées, dont deux mineures âgées de 16 et 17 ans au moment des faits. D.P. se chargeait ensuite de les mettre en relation avec sa liste de contacts. Et toutes ses locataires le rémunéraient à hauteur de 7 000 F par jour pour le prix de la chambre. Le prévenu aurait ainsi amassé au cours de cette période un peu plus de 340 000 F.

 

“Le mouton noir de la douane”

 

Pendant sa plaidoirie, l’avocat de D.P. a cherché à minimiser le rôle de son client dans ce réseau de prostitution en insistant notamment sur le fait que ces jeunes filles se prostituaient bien avant de le rencontrer. “Elles ont fugué et elles se vendaient déjà depuis plusieurs semaines avant de connaître mon client.”

Le conseil a ensuite cité une certaine Mme Maono qui “sévit dans milieu de la prostitution depuis plusieurs années et qui connaissait ces filles. C’est elle qui passait des annonces dans les journaux pour appâter de nouveaux clients et qui les ramenait ensuite dans les logements loués par D.P. (…) Il faut en finir avec cette image de ce douanier proxénète à la tête d’un large réseau de prostitution parce que ce n’est pas le cas”.

L’avocat du prévenu a par ailleurs rapporté à la cour, une faiblesse psychologique et physique de son client qui a déjà essayé de mettre fin à ses jours. “Je demande donc une appréciation plus juste, et une réduction de sa peine.”

Quant à l’avocat général, il a requis un allongement d’un an de la peine prononcée en première instance, l’amenant ainsi à six ans d’emprisonnement. Le représentant du ministère public n’a pas non plus mâché ses mots à l’encontre de D.P. en le qualifiant de “mouton noir de la douane qui restera malheureusement longtemps dans les mémoires comme étant le douanier proxénète”.

Avant d’insister sur les répercussions de cette affaire : “J’ai eu la curiosité de regarder hier quel avait été l’écho médiatique de cette affaire en première instance et outre les médias locaux, j’ai vu, à travers des dépêches AFP et Reuters, que les vicissitudes de cet homme avaient été connus nationalement, je dirais même internationalement”.

En plus des faits de proxénétisme aggravé, l’agent déchu était également poursuivi pour plusieurs autres activités illégales qui comprenaient notamment la location non déclarée de maisons et de voitures, ou encore la vente illégale de colliers et de bijoux. Il jouait aussi les déclarants en douane pour des entrepreneurs, là aussi illégalement, pour des bénéfices estimés entre sept et huit millions de francs.

La cour d’appel rendra sa décision le 13 septembre.

 

Compte rendu d’audience D.T.

 

 

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