Cour d’assises – L’oncle violeur condamné à dix ans de réclusion criminelle

    vendredi 3 juin 2016

    Après trois heures de délibérations, le jury de la cour d’assises (composé essentiellement d’hommes), a condamné, hier après-midi, un individu de 55 ans à dix ans de réclusion criminelle pour viol et agressions sexuelles commis sur trois de ses nièces, en 2013.
    Jusqu’à la dernière minute de son procès, l’accusé a maintenu qu’il avait eu, certes, des rapports avec les fillettes (deux étaient alors âgées de 12 ans) mais à la demande de celles-ci, qui lui avaient posé des questions sur le sujet.

    “Je ne suis pas là pour minimiser. J’ai dit ce que j’ai fait”, a-t-il lâché alors que la présidente lui donnait pour la dernière fois la parole.
    Aux jurés, l’avocat général a tout d’abord rappelé, dans ses réquisitions, que le “consentement libre et éclairé” ne pouvait être pris en compte pour les enfants. Et pour lui, il ne fait aucun doute que les jeunes filles n’étaient pas consentantes.
    “Il nie avoir imposé quoi que ce soit. Il a le comportement d’un prédateur dans son antre, guettant sa proie pour en faire un objet sexuel (…) et il tente de rejeter la faute sur ses victimes”, a tonné le magistrat qui, citant les travaux des experts, a soulevé le “risque de récidive important” de l’accusé.

    “Il faut dire stop à ces enfances volées”, a-t-il encore lancé, en fixant les jurés.
    Avant lui, l’avocate de trois jeunes victimes avait également ciblé l’attitude “inadmissible” de l’oncle : “Ça ne le dérange pas de détruire l’avenir de ces jeunes filles. Dire que c’est elles qui sont responsables, cela les torture encore plus”.
    Et d’assener en haussant la voix : “Ce qui l’intéresse, c’est lui. Il n’y a rien qui anime cet homme-là. Il n’est pas prêt à se reconstruire pour vivre en société”.

    Des arguments pris à contre-pied par l’avocate de la partie adverse, pour qui son client est, au contraire, “réinsérable”.
    “Ce n’est pas un prédateur”, l’a-t-elle défendu, mettant ses agissements sur le compte d’un contexte particulier, l’homme vivant seul avec ses deux enfants, sur le même terrain que la trentaine de membres de la famille.
    “Il n’avait pas de travail, pas de femmes, pas d’argent et c’était komo et paka. C’était une bombe ; ça c’est sûr”.

    Puis elle a plaidé le fait qu’il n’y avait pas eu, selon elle, de coït complet. Et si tel était le cas, la cour devait, à ses yeux, revoir à la baisse la demande formulée dans ses réquisitions par l’avocat général, soit 13 années de prison. Ce à quoi ont, en partie, consenti les jurés.
    La session de la cour d’assises se poursuit aujourd’hui. Un nouveau dossier de viol est étudié.

    Compte rendu d’audience J.-B.C.

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