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Cour d’assises : quinze ans de réclusion criminelle pour l’oncle violeur

jeudi 29 novembre 2018

FC 1 assise oncle violeur jour 2

“Ce sont des choses tellement honteuses qu’il remanie sa réalité”, a expliqué l’avocate de l’accusé au sujet de ses aveux partiels. (Photo : Florent Collet)

Le tournant de ce procès a finalement eu lieu en dehors de la salle d’audience. Mardi, face aux accusations de viols, l’accusé répondait qu’il ne s’agissait que de mensonges de la victime. Dans la soirée, après une réunion avec sa nouvelle avocate à qu’il a fini par se confier, son conseil lui a laissé le temps de se décider et d’annoncer la vérité à sa famille devant laquelle il avait toujours nié.

Et finalement hier, dès le début de l’audience, Me Roy-Cross a annoncé que son client avait une déclaration à faire. Après avoir demandé pardon à la Polynésie française, à la cour et à la victime, il a reconnu : “C’est vrai, il y a eu quelque chose avec elle”.

Pour autant, l’homme a maintenu que la jeune fille, âgée de 13 ans au moment des faits, était consentante. Une fois le crime avoué, l’accusé s’est retrouvé sous le feu des questions de la partie civile qui veut savoir comment s’est déroulé le premier rapport.

C’est elle qui est est venue vers moi. On a discuté, ensuite la chose s’est produite.” L’homme a expliqué, durant l’enquête, que les faits étaient impossibles compte tenu de ses problèmes d’érection. “J’avais un petit peu un problème sexuel.”

L’avocate adverse poursuit : “Vous aviez 60 ans, elle en avait 13. Vous ne vous dites pas que vous êtes trop âgé ? Elle est plus jeune que vos filles.”

Si, mais j’en avais vraiment envie”, lâche l’accusé. Interrogé à ce sujet, la victime reste fidèle à ses déclarations : “Je ne change pas ce que j’ai dit depuis la plainte. Il savait que je n’acceptais pas”. L’accusé n’en démord pas : “Elle était d’accord et elle n’était pas vierge”. La jeune fille répondra plus tard à cet aveu partiel : “Je suis encore plus dégoûtée de lui”.

Sur les bancs de la cour d’assises, le père de la victime s’agace. Contre vents et marée, malgré les disputes avec sa femme à ce sujet, il a toujours voulu défendre l’accusé qu’il estimait plus qu’un frère. Pourtant, il s’avance à la barre et sans un regard pour l’accusé explique : “J’ai entendu parler de satan. Je ne l’ai jamais vu. Aujourd’hui, je le vois de mes propres yeux”. Le verdict est tombé en fin d’après-midi, mercredi. L’accusé a été condamné à quinze ans de réclusion criminelle, la valeur haute requise par l’avocate générale.

Compte rendu d’audience F.C.

 

 

Le courage de la victime et la lâcheté de l’accusé”

Dans l’après-midi, c’est Me Eftimie-Spitz, qui a pris la parole pour défendre la jeune victime et saluer “l’œuvre de courage” pour que l’affaire parvienne jusqu’aux assises, a demandé à la cour de juger “le courage de la victime et la lâcheté de l’accusé”.

L’avocate a rappelé qu’elle connaissait la victime depuis qu’elle avait 5 ans et qu’elle avait été forcée de faire des fellations à son oncle, puis s’être fait agresser par ce même oncle, sept ans plus tard et quelques semaines avant les faits jugés par la cour d’assises pendant deux jours.

Des faits qui continuent de hanter la victime, chaque jour, avec son lot de flashbacks des moments de viols.

Autant de souffrance pour ne pas obtenir ce qu’elle attendait du procès. “Elle n’attendait que ça, une vraie demande de pardon. Elle l’aurait accordé. Au lieu de cela, elle est humiliée parce qu’il nie puis dit qu’elle est consentante.”

Me Eftimie-Spitz revient sur la boisson qui aurait permis à l’accusé de violer la victime sans que cette dernière se réveille.

Il lui a enlevé les heures de sa vie où elle a perdu sa virginité, elle ne s’en rappellera jamais. C’est dans le sang et la douleur qu’elle subira ensuite des rapports dont on nous dit qu’ils sont consentis.”

 

 

Lui croit encore qu’elle était consentante”

Me Roy-Cross, qui a récupéré récemment la défense de l’accusé dans ce “dossier extrêmement complexe”, a rappelé une longue citation du ténor du barreau de Paris Me Dupont-Moretti. “Primo, nous autres pénalistes ne faisons pas de morale, mais du droit; reprocherait-on, par exemple, à un chirurgien d’opérer un malade du foie pour lui sauver la vie, au motif que s’il est mourant c’est parce qu’il buvait de trop ? Pour l’avocat, c’est la même logique: sa robe est au service de celui qui la demande, à condition qu’il ne me demande pas de plaider une absurdité.”

On parle de lâcheté, mais il faut du courage pour révéler les faits à sa famille. Il l’a dit de manière maladroite, mais il a dit sa vérité. Dans ce dossier, il y a deux vérités parallèles.”

Selon elle, la victime sous l’emprise de son douloureux passé a laissé imaginer à l’accusé qu’elle était consentante. “Affectueuse et câline, elle avait un comportement sexualisé sans s’en rendre compte. Elle ne cherchait pas l’amour, juste de l’affection, mais dans sa tête, il a cru que c’était consenti.”

Elle souligne les louanges faites par l’entourage pour enlever l’étiquette de monstre et explique : “Ce sont des choses tellement honteuses qu’il remanie sa réalité. Il dit tout et son contraire, se tire une balle dans le pied régulièrement. Il n’est pas manipulateur, mais il a peur d’aller en prison et il a honte. Lui croit encore qu’elle était consentante.”

 

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