Ils courent, ils courent, les élus derrière Macron

    vendredi 12 mai 2017

    Macron législatives

    Sur les 428 investitures accordées par le nouveau parti du président de la République ne figure aucun représentant politique
    de l’outre-mer, et a fortiori, de Polynésie française. (© archives LDT)


    Les investitures du parti La République en marche ont été dévoilées, hier. Aucun candidat local ne peut se prévaloir de l’étiquette Macron pour les législatives. Alors que certains chassent une place pour former une majorité présidentielle, d’autres courent pour eux-mêmes ou ont déjà leurs favoris.

    Depuis le début de l’élection présidentielle et la montée en puissance du mouvement En Marche ! d’Emmanuel Macron, nombreux sont ceux à s’être revendiqués proches, sinon directement investis par le mouvement pour faire jouer les muscles électoraux avant d’attaquer le virage des législatives.
    Mais avec la publication, la nuit dernière, des candidatures validées par le bureau politique de ce qui est devenu depuis le parti La République en marche, force est de constater que tous les postulants vont devoir se débrouiller seuls.

    En effet, sur les 428 investitures accordées par le nouveau parti du président de la République ne figure aucun représentant politique de l’outre-mer, et a fortiori, de Polynésie française. Il faudra donc pour les candidats se faire d’abord élire sur leur propre étiquette politique locale avant d’aller pointer à l’Assemblée nationale pour faire partie du groupe.
    Enfin, si ce dernier parvient à former une majorité parlementaire car, en Polynésie française plus qu’ailleurs, l’heure est davantage à veiller à être dans la majorité plutôt qu’à défendre des valeurs, quitte à le faire dans l’opposition.

     

    Le Tapura court pour Macron

     

    C’est la raison pour laquelle Édouard Fritch est parti en urgence. “Vous allez voir, si Emmanuel Macron est président, Fritch prendra le premier avion pour aller lui offrir le Tapura”, expliquait le politologue Sémir Al Wardi, hors plateau, sur Polynésie 1ère, dès le premier tour. Et ça n’a pas manqué.
    Alors que le Tapura a obtenu l’investiture des Républicains pour l’élection présidentielle, en février, le parti n’a pas mis longtemps à se détacher de François Fillon pour lorgner du côté du candidat En Marche !

    La mise en avant de la démarche républicaine pour faire barrage à Marine Le Pen, ainsi que les déboires judiciaires de Fillon ont servi de tremplin pour amorcer ce rapprochement.
    Mercredi, Jean-Christophe Bouissou tendait les premières perches : “Nous sommes dans le courant des républicains qui souhaitent qu’il y ait un travail en bonne intelligence, voire un soutien au programme que souhaite mettre en œuvre le président de la République élu”, expliquait-il.

    Avant de poursuivre : “Il y a un intérêt, pour Emmanuel Macron, de pouvoir avoir une assise de soutiens au Parlement, qu’ici, en Polynésie française, très peu de groupes politiques peuvent lui apporter. Le Tapura s’engage à lui apporter ce soutien, qui est amplement nécessaire à la France mais aussi à la Polynésie.”

    Et Édouard Fritch de compléter ces propos dans une interview sur le blog Tahiti Today, hier : “Nous voulons travailler pour faire avancer la Polynésie, comme nous l’avons fait avec François Hollande, sans être de son bord politique. Demain, nous travaillerons avec le nouveau président de la République. D’ailleurs, qui est le plus légitime à être entendu à Paris ?

    C’est bien le président de la Polynésie française et le président du parti qui a rassemblé le plus de suffrages aux deux tours de la présidentielle. Il se trouve que c’est la même personne.”
    Deux autres élus se sont mis en tête de courir pour Emmanuel Macron, et peu importe que ce dernier n’ait jamais dénié ni les contacter, ni les rencontrer. Jacquie Graffe tout d’abord, qui, non content de voir barrée la route de sa protégée, Tepuaraurii Teriitahi, dans la course à l’étiquette Tapura dans la deuxième circonscription, a donc choisi de soutenir l’Amiénois plutôt que François Fillon, comme s’y était engagé le parti de Fritch.

    Un choix par conviction ? Bien sûr que non ! Un choix d’opportunisme, comme il le disait lui-même à La Dépêche, dans notre édition d’hier.
    “Elle (Tepuaraurii Teriitahi, NDLR) siégera dans la majorité présidentielle. Ça, c’est certain. Maintenant, est-ce que ce sera avec les Républicains ou avec le parti d’Emmanuel Macron En marche pour la République ? Pour l’instant, nous n’avons pas encore tranché là-dessus”, expliquait-il benoîtement.
    Et il y a Tauhiti Nena qui, au matin du deuxième tour (décalage horaire oblige), se vantait déjà d’avoir l’investiture En Marche ! Mais son nom n’apparaît sur aucun document du parti de Macron.

    Au moins, le boxeur n’aura affiché qu’une seule couleur (à la fois) après Le Maire et Fillon. Si un candidat de son parti, le Tau Hoturau est élu, il y a fort à parier qu’il se retrouvera dans le groupe En Marche !

     

    B.P.

     

    Capture d’écran 2017-05-12 à 09.22.44

      Edition abonnés
      Le vote

      Seriez-vous prêt à accepter de travailler avec une patente si un employeur vous indiquait qu'il ne peut pas vous salarier ?

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete