Course contre la montre pour évacuer les occupants du ferry Norman Atlantic

dimanche 28 décembre 2014

Une gigantesque opération de sauvetage pour évacuer les occupants du ferry Norman Atlantic se poursuivait dans la nuit de dimanche à lundi, près de 24 heures après l’incendie survenu sur ce navire alors qu’il faisait route entre la Grèce et l’Italie.
Le sinistre a fait un mort, un passager grec. Selon le dernier bilan communiqué par les gardes-côtes grecs, à 02h00 GMT, 201 des 478 personnes – passagers et équipage – qui se trouvaient à bord, en majorité des Grecs, avaient pu être évacuées du Norman Atlantic, un ferry construit en 2009, battant pavillon italien et affrété par la compagnie grecque Anek.
Les autorités maritimes grecques et italiennes ont continué pendant la nuit d’évacuer les passagers à l’aide d’hélicoptères en les transférant sur des bateaux de commerce naviguant dans la zone ou en les amenant directement à Brindisi, en Italie.
Six hélicoptères de la marine italienne ont assuré les évacuations, avec un maximum de six ou sept personnes par rotation et des conditions encore plus délicates de nuit. Mais les cinq dernières personnes secourues l’ont été à bord d’une navette des gardes-côtes, sans intervention d’un hélicoptère.
Les autorités italiennes ont mobilisé quatre remorqueurs dans le but de conduire le Norman Atlantic à Brindisi une fois les passagers et les membres d’équipage évacués, mais elles envisageaient aussi un remorquage vers l’Albanie, plus proche, en cas de besoin.
Un passager grec est mort en glissant ou en se réfugiant en bas d’une rampe d’amarrage. Son corps a été récupéré, et son épouse a été hélitreuillée vers Brindisi, comme plusieurs personnes souffrant essentiellement de déshydratation et d’hypothermie.
Le feu s’est déclaré sur le ferry dimanche à l’aube dans l’emplacement réservé aux véhicules, par une mer démontée et des vents violents, alors que le bateau assurait la liaison entre Patras, dans le sud-ouest de la Grèce, et Ancône, dans l’est de l’Italie. 
Une noria de navires des marines italienne, grecque et albanaise, d’hélicoptères grecs et italiens, et de bateaux de commerce naviguant sur zone, participaient aux secours depuis près de 24 heures.
Un avion de transport militaire C-130 de l’armée de l’air grecque est arrivé dans la nuit de dimanche à lundi à Lecce, en Italie, a annoncé le ministère grec de la Défense. 

– Des tentes à Brindisi –

L’avion devait transférer en Grèce des rescapés grecs qui étaient attendus à Brindisi à bord du cargo Spirit of Piraeus ou à bord d’hélicoptères participant à l’opération de sauvetage, selon le ministère.
Le Spirit of Piraeus, battant pavillon singapourien, qui était initialement attendu à Brindisi lundi à l’aube avec 49 rescapés, dont plus d’une vingtaine de Grecs, a été détourné vers Bari « en raison d’une mer forte et de difficultés au port » de Brindisi, selon l’agence de presse italienne Ansa.
A Brindisi, des membres de la protection civile et d’autres services de secours ont dressé des tentes dans le terminal passagers du port afin d’accueillir ces rescapés.
Lundi vers 01h00 GMT, alors que le ferry se trouvait à 40 milles marins de Brindisi, la police portuaire grecque a indiqué que les hélicoptères avaient arrêtés leurs opérations, et que les passagers étaient transférés sur un bâtiment de la marine militaire italienne arrivé sur les lieux.
Mais quelques minutes plus tard, ce transfert a été interrompu en raison des conditions météorologiques difficiles, a indiqué la police portuaire.
Des passagers de 26 nationalités, dont beaucoup de Turcs et d’Italiens, se trouvaient à bord du Norman Atlantic.
« La nuit sera longue », avait tweeté dimanche soir le Premier ministre italien, Matteo Renzi.
La société Anek a assuré que la situation était « sous contrôle » dimanche soir et qu’il n’y avait plus « que de la fumée » dans le navire.
Interrogé par la station de radio Europe 1, l’un des dix Français à bord, Jean-Philippe Demarc, a raconté avoir « peur, très peur », et froid. Il a raconté avoir entendu « des grands coups », puis avoir vu « de la fumée partout ». « Tout le monde se suivait à la queue-leu-leu et on s’est tous retrouvés sur les ponts extérieurs ». 

AFP

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