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Le crâne défoncé à la barre de fer : 18 mois ferme

mardi 24 juillet 2018

 

 

tribunal justice

(© archives LDT)

Voilà plusieurs années que les familles de A.B. et de J.L. se vouent une haine farouche sur l’île de Huahine. Et vendredi dernier, les choses  ont définitivement dégénéré entre les deux clans.

A.B., 35 ans, et prévenu hier à la barre du tribunal correctionnel, a porté la première estocade, en insultant et en menaçant verbalement la compagne d’un des membres de la famille rivale.

Un peu plus tard dans la même journée, vers midi c’est A.B. qui est pris à parti et pourchassé par J.L. à bord de son pick-­up. Les deux camps s’échangent des mots et des jets de pierre. Mais c’est vers 18 heures que les événements vont prendre une toute autre tournure. A.B., toujours poursuivi par J.L. et six membres de sa famille, s’arrête dans la cour de la gendarmerie de Huahine.

Le prévenu n’attend pas l’intervention des militaires. Il se saisit d’une barre de fer et assène un violent coup sur la tête de J.L. qui perd immédiatement connaissance.

La victime, au moment où nous mettions sous presse notre édition, était encore au service réanimation de l’hôpital de Taaone, et son état suscitait certaines inquiétudes.

 

 

“J’ai  pété  les  plombs”

 

 

“Vous arrivez à la gendarmerie. Je ne comprends pas pourquoi vous sortez votre barre de fer pour ensuite vous diriger vers la victime et la frapper”, s’est interrogée la présidente du tribunal, hier.

AB à la barre bouillonne : “Je me suis défendu. Je savais ce qu’ils allaient me faire et je ne serais sûrement plus là aujourd’hui si j’avais laissé faire. J’ai pété les plombs”. L’avocat de A.B. a mis en avant l’intention de son client de protéger sa compagne qui était également présente au moment de la rixe, et qui aurait reçu des coups au niveau de la poitrine.

“C’était lui qui était pris en chasse par cette bande composée de huit individus. Mon client a juste eu la malchance de porter le mauvais coup parce que lui aussi a reçu des coups au niveau du visage, de l’épaule et du dos” a-­t-­il plaidé.

De leurs côtés, le procureur et le conseil de la famille de J.L. ont pointé du doigt la personnalité inquiétante, violente et dangereuse du prévenu qui “n’aime pas la contrariété”.
“Il aurait pu tuer mon client. C’est quelqu’un d’agressif et qui a un comportement menaçant”, a indiqué l’avocat de J.L. “Il se prend pour un guerrier. C’est lui le chef, c’est lui qui commande”, a insisté le procureur avant de requérir “une peine qui ne soit pas inférieure à trois ans de prison ferme”.

Avant de se retirer pour délibérer, la présidente du tribunal a invité A.B. à prendre la parole. Ce dernier lâche avec conviction : “Je demande à être relaxé”.

Il n’en sera rien. Le tribunal le condamne finalement à trois ans de détention dont dix-­huit mois ferme. A.B. a également interdiction de se rendre sur l’île de Huahine.

 

Compte rendu d’audience D.T.

 

 

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