Crash A320: 2e boîte noire retrouvée, le copilote avait fait des recherches sur le suicide

    jeudi 2 avril 2015

    La deuxième boîte noire de l’A320 de Germanwings, qui s’est écrasé le 24 mars dans les Alpes-de-Haute-Provence, a été découverte jeudi, et la justice allemande a révélé que le copilote de l’avion avait fait des recherches sur internet sur le suicide. Neuf jours après le crash de l’avion de la compagnie allemande Germanwings, filiale low cost de Lufthansa, qui a provoqué la mort de 150 personnes, la seconde boîte noire a été retrouvée jeudi en début d’après-midi, a annoncé à l’AFP le procureur de la République de Marseille Brice Robin. Elle a été « noircie » par le feu, mais son état « laisse raisonnablement espérer la possibilité d’une exploitation », a précisé ensuite M. Robin, lors d’une conférence de presse. Cette pièce essentielle à l’enquête, a-t-il ajouté, contient « 500 paramètres » – la vitesse, l’altitude ou le régime moteur de l’avion notamment – du vol depuis Barcelone (Espagne). 
    Elle a été retrouvée par une femme gendarme du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix, enfouie à environ 20 cm sous terre, dans une zone qui avait déjà été fouillée par des enquêteurs, sur la gauche d’une ravine, a poursuivi le magistrat.  Après la récupération des restes humains des 150 personnes à bord, « 150 profils ADN ont été isolés », a poursuivi M. Robin. Mais « cela ne signifie pas que nous avons identifié les 150 victimes. Il reste à effectuer la comparaison des ADN post-mortem avec les ADN ante-mortem », fournis par les familles, a-t-il expliqué.
    La remise des corps aux familles aura lieu après « validation » des identifications, a-t-il précisé, en évaluant à « trois à cinq » semaines le délai nécessaire pour identifier les victimes. La première boîte noire, qui renfermait les enregistrements des sons et conversations dans le cockpit, avait été retrouvée le jour même du drame. Son analyse avait révélé que le copilote Andreas Lubitz, 27 ans, était seul dans le cockpit. 
    Il a « volontairement permis la chute de l’avion », avait révélé M. Robin deux jours après le drame, après avoir reçu des familles et proches des victimes, en transit à Marseille avant de se rendre à Seyne-les-Alpes et au Vernet, en Haute-Provence, des villages proches du lieu du drame.  Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve y est attendu vendredi.
     
    Des recherches ‘sur les manières de se suicider’
     
    En Allemagne, dont 72 ressortissants ont péri dans le crash, l’enquête s’est rapidement orientée vers la personnalité du copilote. La justice allemande a découvert qu’il avait « été en traitement psychothérapeutique pour des tendances suicidaires il y a de nombreuses années », avant l’obtention de son brevet de pilote.  Le copilote avait par ailleurs informé son école de pilotage en 2009 qu’il avait connu un « épisode dépressif sévère ».
    Sur une tablette saisie lors d’une perquisition dans l’un de ses domiciles, les enquêteurs ont pu accéder aux recherches qu’il avait effectuées sur internet jusqu’au 23 mars : elles montrent qu’il s’est « informé sur les manières de se suicider » ainsi que sur « les portes de cockpit et leurs mesures de sécurité », a indiqué jeudi le parquet de Düsseldorf, en charge de la partie allemande de l’enquête.
    Le crash a conduit des compagnies aériennes à revoir les mesures de sécurité après les recommandations émises par l’Agence européenne de sécurité aérienne. A titre conservatoire, en attendant les résultats de l’enquête, deux personnes sont depuis mercredi en permanence dans les cockpits des avions Air France-KLM. Le PDG de Lufthansa et celui de Germanwings se sont rendus dans les Alpes-de-Haute-Provence mercredi. Ils se sont recueillis devant une stèle en hommage aux victimes et ont promis une aide à leurs familles et à leurs proches.
    Près de 400 gendarmes sont toujours sur le site, mais les effectifs devraient sensiblement baisser dans les prochains jours, qui seront consacrés au relevage des éléments lourds de l’avion, dont certains sont encastrés dans le sol.
    La gendarmerie a indiqué mardi soir qu’il n’y avait « plus de corps sur la zone du crash », le travail consistant désormais à « récupérer les effets personnels » des passagers. Des restes humains pourraient être toutefois retrouvés en périphérie de cette zone, ont précisé les gendarmes. 
     
    AFP

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