Crash A320 : ce que l’on sait de l’accident de l’avion de Germanwings

    mercredi 25 mars 2015

    Voici ce que l’on sait de l’accident de l’Airbus A320 de la compagnie allemande Germanwings, qui s’est écrasé mardi dans le sud des Alpes avec 150 personnes à bord, la pire catastrophe aérienne en France depuis 30 ans.
    Le vol 4U9525 de la Germanwings a décollé à 09H55 de Barcelone avec 144 passagers et six membres d’équipage à bord. Il devait rallier Düsseldorf où il était attendu à 11h57 .
     

    • LES VICTIMES

    Les victimes sont originaires d’une quinzaine de pays.
    72 des victimes étaient de nationalité allemande, et parmi elles deux bébés mais aussi 16 lycéens de Haltern (nord-ouest de l’Allemagne) rentrant d’un séjour scolaire linguistique, ainsi que deux chanteurs de l’opéra de Düsseldorf Oleg Bryjak et Maria Radner.
    Au moins, 49 victimes étaient espagnoles.
    D’autres nationalités ont été confirmées : Argentine, Australie, Belgique, Colombie, Danemark, États-Unis, Grande-Bretagne, Israël, Japon, Maroc, Mexique et Pays-Bas.
    Il appartient aux autorités allemandes et espagnoles, ainsi qu’à la compagnie aérienne de vérifier les nationalités et de diffuser ces informations.
    La récupération des corps sera longue compte-tenu de la topographie. Les États-Unis et la Russie ont offert leur aide à la France pour ces opérations.
     

    • L’AVION

    L’avion est un moyen-courrier A320, mis en service en 1991, d’abord opéré par la compagnie aérienne allemande Lufthansa puis sa filiale à bas coûts Germanwings.
    Compagnie aux couleurs bordeaux et jaune, Germanwings, créée par la compagnie Eurowings en 2002, est entrée au 1er janvier 2009 dans le giron de Lufthansa, qui en détient 100%. Elle dessert 130 destinations. Sa flotte était composée de 78 avions (fin octobre).
    C’était l’un des plus anciens A320 encore en service ayant effectué quelque 46 700 vols et 58 300 heures de vols. Selon plusieurs experts, à 24 ans, un avion est en fin de carrière mais pas obsolète, si la maintenance a été correctement effectuée. Il avait subi une grosse révision à l’été 2013.
    L’avion était « techniquement irréprochable », assure la Lufthansa. Le pilote avait « plus de 10 ans d’expérience et « plus de 6 000 heures de vol », a rappelé la compagnie aérienne allemande.
    L’appareil était équipé des moteurs CFM56-5A1.
     

    DÉROULEMENT

    Mardi à 10H30, l’avion entre sur la zone de navigation aérienne d’Aix-en-Provence, selon un déroulé communiqué mercredi par la ministre de l’Écologie en charge des transports Ségolène Royal. Il vole alors à 11 400 mètres d’altitude au-dessus de Bandol (Var).
    A 10H31, l’avion commence à descendre sans autorisation du contrôle aérien et sans entrer en contact ni répondre aux contrôleurs.
    La descente est linéaire, 3 000 pieds/minute. Il ne s’agit pas d’une descente d’urgence. 
    Le contrôle aérien donne l’alerte à 10H35.
    L’avion disparait des radars à 10H40, il n’est plus qu’à 2 000 mètres d’altitude, selon la ministre.
    L’équipage n’a pas émis de « may-day » (appel de détresse). C’est le contrôle aérien qui a pris l’initiative de déclarer l’avion en détresse car il n’avait plus aucun contact avec l’équipage et l’avion.
    L’avion s’est écrasé vers 1 500 mètres dans une zone très difficile d’accès sur la commune de Seyne-les-Alpes.
    L’appareil a été pulvérisé en milliers de fragments, éparpillés sur près de quatre hectares dans une zone isolée à flanc de montagne.
     

    • L’ENQUÊTE

    Le parquet de Marseille est chargé de l’enquête judiciaire. Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) se charge de l’aspect technique des investigations auquel participe aussi le constructeur aéronautique.
    Toutes les pistes sont envisagées et celle du terrorisme n’est pas privilégiée, selon des déclarations de la compagnie et de ministres français.
    Plus de 300 gendarmes, une centaine de sapeurs-pompiers, 70 hommes du quatrième régiment de chasseurs de Gap, spécialistes des missions en haute montagne, étaient engagés mercredi matin sur le site du crash.
    Ils peuvent être associés à différentes opérations, du balisage d’itinéraires d’accès aux recherches sur les lieux du crash.
    La priorité reste la sécurisation des lieux pour permettre le travail des enquêteurs.
    L’une des deux boîtes noires de l’appareil a été retrouvée dès mardi. Le boitier du CVR pour Cockpit voice recorder est très abimé. Il contient l’enregistrement de tous les sons de la cabine de pilotage, et permet d’entendre les conversations entre le commandant de bord et le pilote, mais aussi tous les sons et annonces entendus dans la cabine de pilotage, les alarmes qui ont pu éventuellement retentir.
    Il a été acheminé jusqu’aux locaux parisiens du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) pour y être décrypté. Le BEA a publié les premières photos de cet enregistreur dont le boîtier a été très abîmé lors de l’impact au sol.
    La durée pour décrypter une boîte noire est très variable selon son état de quelques heures à plusieurs semaines.
    La seconde boite noire dite FDR (Flight Data Recorder) enregistrant les données du vol était toujours recherchée mercredi.
    La descente modérée de l’avion et sa trajectoire linéaire le conduisant directement sur les montagnes traduisent un comportement inexplicable de l’équipage, selon des experts.
    L’équipage peut avoir été rendu inconscient, en raison d’une dépressurisation lente et d’un manque d’oxygène; le pilote peut avoir été suicidaire ou obligé par un tiers à s’écraser contre la montagne.

    AFP

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