Crash A320: « Ouvre cette foutue porte! », a supplié le pilote

    dimanche 29 mars 2015

    « Ouvre cette foutue porte », a supplié le commandant de l’Airbus A320 de Germanwings s’adressant à son copilote, enfermé dans le cockpit de l’appareil qu’il précipitait sur les Alpes alors que les passagers hurlaient, quelques minutes avant la catastrophe, a révélé dimanche le journal Bild.
    Au sixième jour des recherches sur le site du crash survenu mardi dans le sud-est de la France, les enquêteurs ont « isolé 78 ADN distincts » qui devront être comparés à ceux des familles des victimes pour identification, a annoncé le procureur de Marseille Brice Robin.
    Les éléments issus de la boîte noire qui enregistrait les sons dans le cockpit, ont été dévoilés dimanche par le quotidien allemand à gros tirages Bild. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le New York Times avait le premier évoqué ces enregistrements, affirmant que le pilote était sorti du cockpit et n’avait pu y revenir. Le procureur de Marseille avait confirmé que ces enregistrements montraient que le copilote, Andreas Lubitz, avait verrouillé la porte après la sortie momentanée du commandant de bord, puis déclenché la descente de l’avion.
    Andreas Lubitz semblait souffrir de problèmes psychiatriques et s’inquiétait des conséquences de ses problèmes de santé pour sa carrière, selon plusieurs médias. Les enquêteurs privilégient la piste d’un acte volontaire du copilote qui n’aurait pas dû voler le jour du drame en raison d’un arrêt maladie.
    Bild détaille pour la première fois dimanche les échanges entre Lubitz et le commandant de bord.
    Selon le journal, les 20 premières minutes du vol sont l’occasion d’échanges banals entre le pilote, Patrick S., et Andreas Lubitz. Le commandant explique notamment à ce dernier qu’il n’a pas eu le temps d’aller aux toilettes au départ, à Barcelone.
    A 10h27, le pilote demande à Lubitz de préparer l’atterrissage à Düsseldorf (ouest de l’Allemagne). Ce dernier prononce quelques mots: « J’espère », « On verra ».
    Le commandant sort ensuite pour aller aux toilettes. Peu après, l’appareil amorce la descente vers les montagnes.
    Quelques minutes plus tard, on entend un « claquement fort », comme si quelqu’un essayait de rentrer dans le cockpit, rapporte Bild. Puis la voix du pilote: « Pour l’amour de Dieu, ouvre la porte! ».
    En arrière-fond, les passagers commencent à crier. Le pilote essaie ensuite d’attaquer la porte à la hache. Puis il crie: « Ouvre cette foutue porte! »
    Vers 10h40, l’Airbus touche une montagne alors qu’on entend les cris des passagers. Ce sont les derniers bruits sur l’enregistrement, relate Bild. L’appareil percute de plein fouet un versant à 700 km/h et est instantanément pulvérisé avec ses 150 occupants.
     

    – Compagne enceinte? –

     
    Les enquêteurs du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) français, chargé d’enquêter sur les circonstances du crash, se sont dits « consternés » par ces révélations relevant selon eux « du voyeurisme ».
    Bild, qui ne cite pas de sources, affirme aussi que la compagne du copilote, avec laquelle il vivait près de Düsseldorf, serait enceinte de lui : enseignante, elle aurait partagé cette nouvelle avec ses élèves.
    Samedi, Bild avait publié une interview d’une hôtesse de l’air présentée comme une ex-petite amie de Lubitz, qui renforçait la piste de troubles psychiatriques sévères chez le jeune homme.
    La jeune femme affirmait qu’il lui aurait dit : « un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s’en souviendra ». Si Andreas Lubitz « a fait ça », « c’est parce qu’il a compris qu’à cause de ses problèmes de santé, son grand rêve d’un emploi à la Lufthansa, comme commandant de bord et pilote de long courrier était pratiquement impossible », selon elle.
    Dimanche, Bild rapporte également qu’Andreas Lubitz aurait souffert d’un décollement de la rétine, affection oculaire guérissable mais qui, si elle n’est pas prise à temps, peut définitivement empêcher un pilote de voler.
    Un autre journal allemand, Welt am Sonntag, affirme que les enquêteurs ont découvert au domicile de Lubitz « de très nombreux médicaments » destinés à soigner des « maladies psychiques ». Le jeune homme, « gravement dépressif », aurait souffert d’un stress important et avait été pris en charge par « plusieurs neurologues et psychiatres ».
    Vendredi, le Parquet de Düsseldorf avait indiqué que des attestations d’arrêt maladie avaient été retrouvées déchirées chez Andreas Lubitz, mais aucune lettre d’adieu dévoilant un acte prémédité. Bild am Sonntag affirme que les enquêteurs ont trouvé dans son appartement des ordonnances pour des médicaments prescrits aux maniaco-dépressifs, ainsi que de grandes quantités de somnifères.
    Dimanche, en fin d’après-midi, la deuxième boite noire restait introuvable, en dépit des recherches conduites par les gendarmes qui évoluent depuis mardi dans des conditions difficiles, en pleine zone montagneuse. L’aménagement d’un chemin d’accès, accessible pour des véhicules tout-terrain, pourrait être terminé d’ici lundi soir, a annoncé le procureur de Marseille. Ce chemin permettrait notamment l’évacuation de grosses pièces de carlingue, difficiles à hélitreuiller.

    AFP

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