Crash d’Air Moorea : l’association 987 hausse le ton

    lundi 10 août 2015

    Les familles et amis des victimes du crash d’Air Moorea se sont réunis, samedi dernier, devant la stèle commémorative des Jardins de Paofai. Si l’heure était au recueillement, l’association n’a pu s’empêcher de faire part de sa colère face aux lenteurs de la justice.  Pour l’occasion, une exposition collective était organisée pour mettre en image la douleur ressentie par les proches des disparus.

    Le 9 août 2007, l’avion d’Air Moorea disparaissait au large de Temae, emportant avec lui 20 victimes.
    Huit ans plus tard, la douleur demeure pour les familles et amis des disparus. Ils se sont réunis, samedi dernier, à la veille de cet anniversaire, pour laisser aux parents, frère, mari ou femme, la possibilité de passer le dimanche 9 dans l’intimité.
    Une cérémonie très sobre a permis aux familles de rendre hommage aux disparus.
    “Il n’y avait pas de raisons qu’ils disparaissent. Ils aidaient notre communauté. Ils construisaient la richesse de notre belle Polynésie. Nous sommes ici pour leur rendre hommage et leur dire que l’amour que nous leur portons est toujours aussi fort”, a notamment déclaré Nicolaz Fourreau, le président de l’association 987, avant d’aller allumer une bougie au pied de la pierre où est fixée la plaque rappelant les noms des 20 victimes.
    Les personnes présentes ont ensuite lancé des couronnes de tiare à la mer face au soleil se couchant sur Moorea. Un moment solennel de recueillement laissant peu de place à la polémique.
    Difficile pourtant pour tous les proches de ne pas faire part de leur exaspération, ce jour de commémoration était l’occasion de l’exprimer.
    “La colère et l’incompréhension montent, cela devient extrêmement blessant”, tempête Nicolaz Fourreau.
    L’association continue de hausser le ton de manière encore plus ouverte à l’attention de la justice, à l’image du container installé sur l’avenue menant au tribunal, au message sans équivoque.
    Par ailleurs, cette année, le frère de l’une des victimes avait organisé une exposition collective où les proches se sont retrouvés à la fin de la cérémonie.
    F.C.

     

    Nikolaz Fourreau, président de l’association 987 : “Cela devient extrêmement blessant”

    L’année qui vient de s’écouler a été marquée par le jugement civil. Cela ne suffit pas à apaiser votre colère ?
    C’est très accessoire dans la tête de la majorité d’entre nous, c’est plutôt le pénal que nous attendons. Qu’il y ait quelqu’un qui s’assoit en face d’un juge et qu’il réponde de ses fautes. Mais huit ans après, ces gens sont tranquilles.

    L’autre sujet qui a fait parler cette année, c’est la remise de l’ordre de Tahiti Nui à titre posthume.
    Il y a eu une polémique, mais c’est une décision d’un gouvernement. On peut s’inquiéter de savoir si ce n’est pas politique. En l’occurrence, c’était à l’initiative de Gaston Tong Sang, il y a des années, de proposer les victimes à l’ordre de Tahiti Nui. Il y a quelques mois, comme je le fais régulièrement, je vais voir les autorités et de leur demander où cela en est, y compris au niveau de l’État français qui avait dit qu’ils les décoreraient de l’Ordre national du Mérite et qu’il n’y a toujours rien.
    En l’occurrence, le président Fritch a dit oui, et effectivement il a vu que le dossier existait toujours. Quant à la communication à ce sujet, ce n’est pas le gouvernement qui l’a faite, mais bien notre association. Il n’y a pas de polémique, il faut bien se rendre compte que les gens sont reconnus pour le travail qu’ils accomplissaient au moment de l’événement. Au moins, il y a quelqu’un qui reconnaît quelque chose, ce que la justice n’a toujours pas fait.

    Justement vous haussez encore le ton à l’encontre la justice avec ce message assez violent affiché en bas de l’avenue Pouvanaa.
    Avant, nous en étions au stade de banderoles plus discrètes, mais visiblement cela ne passe pas. L’an dernier, nous avons déposé une gerbe devant le tribunal parce qu’il y avait une inquiétude sur l’existence de la justice. Tant que la justice ne fera rien, nous continuerons à montrer qu’elle ne fait rien.

    Au final avec le temps, la douleur pourrait s’apaiser, mais c’est surtout la colère qui grandit ?
    Nous sommes arrivés à un stade, et c’est ce que disent les expertises psychiatriques, c’est que le traumatisme qui est résiduel aujourd’hui va perdurer jusqu’à la fin de l’existence des proches. Mais en plus, la colère et l’incompréhension montent, cela devient extrêmement blessant.

    Cela ne sera soulagé qu’une fois que justice sera faite ?
    Il ne faut pas oublier que nous pouvons encore tomber sur des effets de manche, des manipulations, des fameuses questions prioritaires de constitutionnalité que l’on va avoir à l’entrée du procès pour le retarder sur des questions de formes et de procédures, parce que le fond, il est établi depuis sept ans.

    Vous n’attendez donc pas les raisons de ce crash, mais bien que des responsables soient punies ?
    Oui et qu’elles ne se cachent pas derrière des procédures et des petites erreurs. Le tribunal, en fait, c’est attristant mais bon, c’est comme cela.

    Expo 987 : des images chocs

    “C’était pour rendre un hommage différent, pour éviter que cet évènement tombe dans le silence et l’oubli.” Alban Noble Lemay a perdu sa sœur dans le crash du 9 août 2007, il est aussi l’initiateur du site Tahiti Web galerie qui permet à des artistes locaux de vendre leurs œuvres en ligne.
    Un appel leur a été lancé pour exprimer leur art au sujet de ce tragique évènement. Même si l’organisateur s’est dit “étonné que d’autres artistes à messages n’aient pas répondu à l’invitation”, May, Bruno Curet, Mac Pua’atoro, EMS, Jean Duday, M+, Marmote et THS ont livré des œuvres parfois pleines de compassion, d’autres de colère, parfois choquantes, mais toujours émouvantes.

     

    Une gerbe à Moorea en souvenir des disparus

    C’était un samedi en milieu de journée, le 9 août 2007 exactement, le Twin Otter
    F-OIQI du vol 1121 de la compagnie Air Moorea s’abîme en mer avec à son bord vingt personnes dont Pierre, David, Frédéric, Bruno, Moetia, Michel, Chi Ping Didier, Hélène, Claudio, Jean-Paul, Rodney, Wendy, Jean-Pierre, Guillaume, Michel, Éric, Sylvie, Sylvia et Hermann.
    Si tous ont disparu de leurs proches, leur nom reste gravé à tout jamais sur une plaque de marbre scellé sur une grosse pierre déposée par la commune au site du point de vue de Tootea, presque en face du site où l’avion s’est abîmé en mer après selon les éléments de l’enquête, la rupture d’un câble de gouverne.
    Un élu le jour de l’inauguration de la stèle avait dit : “Cette pierre symbolise en plus du souvenir, la force d’un amour qui restera à tout jamais parmi les cœurs de chacun”.
    Parmi les victimes, il y avait un père, un mari, une mère, un frère, une sœur ou tout simplement un ami, qui, sans que personne ne puisse s’y attendre, a quitté à tout jamais les siens.
    Hier pour commémorer ce douloureux événement, Rebecca Temarii première adjointe au maire, accompagnée de Jérôme Temauri et Jean-Pierre Maraea, respectivement huitième et neuvième adjoints au maire Evans Haumani, qui est actuellement en déplacement en Chine.
    Les élus étaient accompagnés de Jean-Marc Tinirau, dont la sœur fait partie des victimes. Une minute de silence a clôturé cette cérémonie simple dans la forme mais chargée d’émotion.

    De notre correspondant Jeannot Rey

     

    tari 2015-08-10 10:28:00
    peut etre aurait il fallut qu'un magistrat soit dans ce malheureux avion ?!
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