Critère de qualité renforcé pour la “Vanille de Tahiti”

    mercredi 24 août 2016

    vanille

    Le 10 août, le conseil des ministres a modifié la définition de l’appellation d’origine “Vanille de Tahiti”. Un taux de séchage plus élevé devrait permettre de “valoriser au maximum ses notes caramel, fruitées, et boisées”. (Photo : archives LDT)

     

     L’ “or noir” espère se démarquer de son concurrent papou

     

    Le 10 août, le conseil des ministres a modifié la définition de l’appellation d’origine “Vanille de Tahiti”. Un discret changement de chiffre, qui devrait toutefois permettre à nos gousses de se démarquer à l’international… Rien que ça !

    L’arrêté en question stipule que “les critères de qualité applicables à la vanille de Tahiti comprennent la taille des gousses, le taux de matière sèche et la composition aromatique”.

    Après préparation, le taux de matière sèche des gousses de vanille doit être compris entre 50 % et 55 % pour les catégories Extra et Première”.

    La précédente réglementation de juin 2014, abrogée, ne prévoyait qu’un taux de matière sèche compris entre 40 et 50 %. “On a augmenté la qualité”, résume Carine Vairaaroa, la directrice de l’Établissement public Vanille de Tahiti (Epic Vanille).

    D’après des travaux de recherche menés il y a quelques années, “quand le taux d’humidité de la vanille est d’environ 50 % (soit un taux de matière sèche d’environ 50 % également, NDLR), elle dégage toutes ses qualités aromatiques et sensorielles, ce qui la distingue de celle de Papouasie-Nouvelle-Guinée”, explique la responsable.

    Un taux d’humidité de 50 % est optimum pour valoriser au maximum ses notes caramel, fruitées, et boisées.” Le changement de taux serait donc intervenu “pour fournir une vanille de qualité, plus sèche”.

    Nous allons travailler sur les textes pour renforcer le rôle des experts territoriaux, indique la directrice. L’idée est qu’ils puissent intervenir au sein des comités de surveillance, dès le stade de la récolte.

    L’objectif ne serait “pas du tout” de limiter la production locale de vanille de Tahiti, “au contraire”. “Notre objectif est d’étendre la protection de notre vanille au niveau national, voire européen, en ayant des propriétés plus typiques, qui nous distinguent des autres préparations, comme celles de Papouasie, issues de la même variété de vanille”, répète Carine Vairaaroa.

     

    Des prix régulés ?

     

    L’Epic espère aussi que cette distinction qualitative permettra de “maintenir les prix”, qui ont fait l’objet d’âpres débats, en juin, entre les producteurs et les trois principaux acheteurs du Pays, qui ne leur en proposaient que 6 200 F le kilo.

    Cette année, toutefois, la production est estimée à 25 tonnes, soit deux fois plus qu’en 2015. Or à cette époque, alors que de nombreuses ombrières étaient en cours de régénération, c’est bien la sous-production de vanille qui avait entraîné une flambée des prix (atteignant 11 000 F le kilo de vanille mûre à Tahaa).

    La reprise de la production, même de meilleure qualité, ne devrait donc pas favoriser le maintien du cours de cet “or noir” polynésien.

    Par ailleurs, les exportateurs pourront toujours commercialiser de la vanille sans condition d’appellation d’origine, et à un taux d’humidité “libéralisé”, puisque le taux “optimum” est désormais de 60 %, alors qu’une ancienne disposition de 1992 prévoyait un taux nécessairement “inférieur ou égal à 38 %”.

    Le gouvernement pourra fixer un prix plancher en fonction des estimations, précise Carine Vairaaroa. Mais nous, ce que l’on veut au final, c’est que le prix de vente soit correct pour les agriculteurs, et aussi que la vanille ne se vende pas trop cher à l’export, car sinon on risque une baisse de la demande.

    C’est ce qui s’était passé l’année dernière. “Si on n’arrive pas à réguler notre marché, on crée le risque que les acheteurs se tournent vers d’autres producteurs”, indiquait ainsi, il y a un an, Francky Tauatiti, le gérant de la société Hotu Vanilla, à La Dépêche de Tahiti.

    Or s’ils nous quittent, le jour où on aura une production plus importante, ce sera dur de retourner les voir”, ajoutait Philippe Brillant, le gérant du Comptoir tahitien.

     

    MG

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