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Il cultive du paka dans le jardin des parents

vendredi 21 septembre 2018

“Je ne trouvais pas de travail donc j’ai planté”, a expliqué le planteur dealer. (© Florent Collet)

“Je ne trouvais pas de travail donc j’ai planté”, a expliqué le planteur dealer. (© Florent Collet)

C’était pour voir son père habitant à Tahiti que les gendarmes de Huahine se sont rendus au domicile de P.F. Ils n’ont pas fait le voyage pour rien. Sans avoir même à chercher, ils se sont retrouvés “dans une jungle de paka” tel que le décrit le président du tribunal, photos à l’appui.

Tirés au cordeau, 57 jeunes pieds et 123 plants atteignant parfois trois mètres entourent la demeure, à quelques centimètres des fenêtres de la maison. Le juge s’interroge sur ce qu’en pensent ses parents. “Ils m’ont dit d’arrêter, mais je n’ai pas écouté.” Le juge s’agace : “Mais pourquoi on vous laisse faire. On pourrait mettre un coup du pied dans les pots”. P.F. reste silencieux. Le jeune homme reconnaît être accroc au cannabis et fumer une dizaine de pipettes par jour depuis l’âge de 12 ans.

“J’essaie d’arrêter, mais je n’y arrive pas.” La justice semble avoir également du mal à faire cesser son activité de planteur dealer. En mars, le tribunal forain s’était déplacé sur son île et l’avait condamné à deux ans de prison pour le même type d’affaire et avait révoqué un sursis encore pour du trafic de pakalolo. Pas de quoi refroidir P.F. qui reprenait sa plantation deux mois plus tard.

“Qu’est-ce que vous n’avez pas compris quand vous êtes passé devant le tribunal ?”, s’interroge le juge après avoir lu une audition chez les gendarmes où P.F. semblait ignorer qu’il était interdit de fumer du paka. “Je ne trouvais pas de travail donc j’ai planté”, explique ce père d’un enfant de trois ans qui vit avec sa mère et ses deux sœurs, toutes sans emploi.

“C’est pour cela finalement que votre mère laisse faire. C’est parce que cela fait vivre la famille”, note le juge repris dans ses réquisitions par la procureure.

“La prochaine fois, le propriétaire du terrain sera jugé comme complice et sera envoyé en prison avec son fils et les autres pour recel. Nous saisirons aussi le terrain, la justice peut le faire.” La procureure requiert deux ans de prison avec mandat de dépôt.

Le juge le condamne finalement à 12 mois dont six avec sursis. Il a été conduit en prison où pourrait rapidement lui être signifié les deux ans et trois mois non purgés de la précédente condamnation.

 

F.C.

 

 

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