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Cyril Tetuanui veut des maires plus responsables

mardi 21 novembre 2017

cyril tetuanui

Pour Cyril Tetuanui, l’eau monte, mais les finances baissent. Le danger environnemental appelle à des solutions crédibles. (© Philippe Binet/LDT)


La journée des maires d’outre-mer s’est tenue hier, à la veille de l’ouverture du centième congrès des maires, aujourd’hui. Les sujets de préoccupation polynésiens touchent aussi bien le toilettage du statut que les finances, la gestion et l’avenir environnemental des communes. Aujourd‘hui, un atelier sera consacré au réchauffement climatique.

Le centième congrès des maires de France, qui s’est ouvert porte de Versailles, à Paris, aujourd’hui, a été précédé hier par la journée des maires d’outre-mer, qui s’est tenue au siège de l’Association des maires de France (AMF), puis à la mairie de Paris.

On savait déjà que François Baroin, président de l’AMF, et ses adhérents étaient vent debout contre les mesures gouvernementales qui touchent les ressources financières des communes et des collectivités territoriales, et ce ne sont pas les maires ultramarins qui ont adouci le ton hier, bien au contraire.

Les ministres qui viennent au congrès et le président de la République – attendu jeudi – vont devoir faire face à la colère. Pour sa part, le Syndicat pour la promotion des communes de Polynésie française (SPCPF) de Cyril Tetuanui attend beaucoup du nouveau gouvernement et il a multiplié ses contacts dès la semaine dernière.

Invités par François Baroin à s’exprimer sur les dossiers de leur territoire respectif, six présidents des associations des maires des Antilles, Guyane, Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française ont rappelé, parfois avec dureté ou cynisme, les nombreuses promesses et câlineries gouvernementales restées sans effets au fil des années.

Mais ce sont les mesures récentes de suppression des contrats aidés ou la réforme de la taxe d’habitation, qui ne passent vraiment pas. En outre, pour les Mahorais ou les Guyanais, la situation devient explosive avec l’immigration clandestine, qui s’ajoute à une démographie galopante obérant tout avenir pour les jeunes locaux.

S’ajoutent pour tous, le vieillissement de la population, l’exil des jeunes diplômés, les déserts médicaux et les écoles sans assez d’enseignants, sans compter la violence, l’insécurité et les trafics en tout genre. Un outre-mer bien sombre qui pense toujours que l’Hexagone l’oublie ou le marginalise dans ses priorités.

Même si Emmanuel Macron prône le “réflexe outre-mer” dans les projets législatifs, la confiance ne semble pas venir. Et si la ministre des Outre-mer est venue clore les débats de la matinée en exhortant les maires à participer très activement aux Assises des outre-mer, tout comme à la Conférence nationale des territoires (ce qui leur semble parfois ambigu ou en doublon), on n’a pas senti une adhésion confiante dans une salle qui n’a pas oublié les états généraux majoritairement restés sans lendemains.

 

“S’unir face au réchauffement climatique”

 

Cyril Tetuanui est venu, lui aussi, avec une besace bien remplie. Le président du SPCPF et les membres de sa délégation ont d’abord souhaité rencontrer les représentants du nouveau gouvernement et bien entendu le président de l’AMF, François Baroin.

Les sujets de préoccupation polynésiens sont divers et ils touchent aussi bien le toilettage du statut que les finances, la gestion et l’avenir environnemental des communes.

S’agissant du statut, Cyril Tetuanui précise : “Le point le plus important, ce sont les compétences sur le développement économique, le social, l’urbanisme et l’environnement. Nous préparons actuellement des élections pour l’année prochaine, donc le dossier viendra après les élections. L’État, le Pays et les communes sont d’accord pour que l’on puisse faire des propositions, afin que les communes exercent leurs compétences dans le développement économique. Si une commune veut investir dans l’hôtellerie ou un bateau, elle pourra le faire par le biais de la communauté de commune, par exemple.”

Les Assises des outre-mer intéressent la Polynésie ? “C’est vraiment important pour les communes. Le problème est que l’on nous presse de donner nos propositions dans un délai trop court d’un mois. C’est pourquoi à Paris, je vais demander juste un peu plus de temps pour que nous puissions réunir et examiner au SPCPF les propositions de nos communes.”

On a beaucoup parlé à la COP 23, à Bonn, la semaine dernière, de l’évolution climatique, qui est plus que jamais la préoccupation des maires des communes d’outre-mer.

Les intempéries en Polynésie en janvier, les ouragans sur les îles des Antilles, la montée des eaux, sont autant des sujets que le congrès compte aborder. Cyril Tetuanui veut profiter de l’occasion : “À la fin de mon intervention ce matin (hier, NDLR), j’ai appelé à s’unir face au réchauffement climatique. Je pense que des communes des Tuamotu seront les premières à être impactées par la montée des eaux et disparaîtront d’ici cinquante ans. Il faut que l’État mette les moyens nécessaires pour mettre des ressources à disposition des habitants.
Demain (aujourd’hui), il y a un atelier consacré au réchauffement climatique et Gaston Tong Sang y défendra nos intérêts. Et puis, avec l’AMF et le président Baroin, on sera unis pour trouver des solutions.”

 

De notre correspondant à Paris Philippe Binet

 

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