Dauphin Domingo “a renié sa signature”, selon Jacqui Drollet

    jeudi 31 mars 2016

    Jacqui Drollet, maire délégué de Hitia’a, et trois de ses adjoints ont convié la presse, hier, pour revenir sur les différends qui
    les opposent à Dauphin Domingo, maire de Hitia’a o te Ra.  Sans aller jusqu’à demander la démission de ce dernier, “nous avons décidé de réagir à tous les conseils municipaux” pour protester contre le déficit de fonctionnement de la commune. Celui-ci est imputable, selon eux, au “reniement de la signature” du maire principal, qui n’aurait pas respecté ses engagements électoraux.

    À Hitia’a o te Ra, la situation ne s’arrange toujours pas entre une majorité d’élus et le maire des quatre sections de communes, Papeno’o, Tiarei, Mahaena et Hitia’a. On se souvient que, mercredi dernier, le budget primitif 2016 de la commune n’avait pas pu être présenté et que Dauphin Domingo s’était retrouvé en minorité au sein de son conseil municipal. En préalable, 18 élus sur 29 avaient refusé d’approuver les comptes administratifs 2015 de la commune : ceux concernant le budget principal mais aussi les budgets annexes de l’eau et des ordures ménagères.
    Jacqui Drollet, l’un des instigateurs  de cette contestation, a tenu une conférence de presse, hier matin, en compagnie de trois adjoints, pour clarifier la situation.
    Pour le maire délégué de Hitia’a, le déficit de fonctionnement de la commune est la conséquence d’un “reniement de sa signature” de la part du maire principal, pourtant élu UPLD comme lui. Il a tenu à rappeler que l’élection de Dauphin Domingo à la tête de la commune, en mars 2014, “était le résultat d’un protocole d’accord signé par les 16 élus majoritaires qui posait en premier point le principe d’une gestion collégiale de la commune”. Or, insiste-t-il, “dès son élection, celui-ci a renié sa signature en ignorant les termes du protocole et en dirigeant la commune de Hitia’a o te Ra en véritable autocrate”.
    Il est par ailleurs insatisfait des réponses du maire concernant le déficit du budget annexe des déchets et celui de l’eau qui seraient à… “imputer au manque de boîtes à lettres au domicile des redevables de la commune”, ceux-ci ne recevant pas les factures. De même, si le déficit général n’est pas aussi important qu’attendu, cela “résulte d’une arrivée inopinée d’un surplus de recettes (environ 80 millions) aussi inattendu qu’unique sans que le maire y soit pour quelque chose !”
    Ce n’est pas faute d’avoir tenté de faire “entendre raison” à Dauphin Domingo, explique encore Jacqui Drollet, qui envoie la balle dans le camp de l’État : “Désormais, il revient à la chambre territoriale des comptes de formuler ses propositions” et au haut-commissaire “d’accepter ou de rejeter les déficits de M. Domingo, de régler le budget de la commune et de le rendre exécutoire”.

    Défusion ou communauté de communes ?

    En conséquence, et sans aller jusqu’à demander la démission du maire principal, poursuit le maire délégué de Hitia’a, “puisqu’il a renié sa signature, nous avons décidé de reprendre la nôtre et de réagir à tous les conseils municipaux en fonction des points qui seront mis à l’ordre du jour”. Autre raison de pea pea, la procédure de défusion des communes de Hitia’a o te Ra, engagée de longue date, et qui se poursuit concrètement depuis le 7 mars par l’organisation d’une enquête publique. Des réunions sont d’ailleurs prévues dès la fin de la semaine au cours desquelles l’enquêteur désigné va recueillir les réponses de la population, pour ou contre la défusion.
    Cette procédure est court-circuitée, selon Jacqui Drollet, par un arrêté récent du haut-commissaire. Cet arrêté, en date du 26 février, demande en effet aux élus “de se prononcer sur le périmètre et d’accepter le statut de communauté de communes du sud de Tahiti”.
    Un collectif s’est constitué contre cette proposition, que le maire délégué de Hitia’a n’hésite pas à qualifier de “procédé dilatoire” pour empêcher le processus de défusion d’aller jusqu’à son terme. Et un regroupement de plus d’un tiers des élus a demandé à Dauphin Domingo la tenue d’un conseil municipal – avant le 14 avril – “ayant pour point unique à l’ordre du jour la réponse à apporter à la demande du haut-commissaire”.
    Une réponse qui peut bien sûr n’être que négative dans l’esprit de Jacqui Drollet.
    Celui-ci a en effet présenté un graphique constatant – dans le relevé des registres de l’enquête publique, du 7 au 24 mars – l’adhésion majoritaire de la population au principe de défusion. Par ailleurs, la majorité du conseil municipal penche dans ce sens.

    De notre correspondant C.J.

    Dauphin Domingo, maire de Hitia’a o te Ra “C’est politique”

    “On a tenu des réunions de majorité”, se défend Dauphin Domingo, maire de Hitia’a o te Ra, qui impute aux événements climatiques de décembre dernier (crues et inondations dans les vallées) une suspension temporaire de ces rencontres, du fait de l’urgence de la situation. Et il répond que c’est Jacqui Drollet qui a demandé à “repousser” les dates de réunion prévues avant décembre et que celui-ci “dit n’importe quoi”.
    Il accuse le maire délégué d’être celui “qui veut casser la majorité”. Pour le maire de Hitia’a o te Ra, il s’agit d’une démarche “politique” de la part de Jacqui Drollet “qui veut avoir le pouvoir”.
    Quant à Henri Flohr, l’ancien maire – qui a également perdu son siège de maire délégué de Papeno’o – “il s’est laissé prendre au piège de Jacqui”.
    En ce qui concerne la défusion des communes, qu’il soutenait en début de mandature, il accorde être désormais plus favorable aujourd’hui à la proposition de communauté de communes du sud de Tahiti.

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