Davantage de délits… et de résultats

    jeudi 19 mars 2015

    L’heure était au bilan de l’année 2014, hier, pour la brigade de gendarmerie de Arue/Mahina. Comme pour les violences, les cambriolages sont en hausse, mais les élucidations sont plus nombreuses encore.  Il y a eu, par contre, moins de blessés et pas de morts sur les routes des deux communes. 

    Le chef d’escadron Ludovic Boncompain était hier matin à la brigade territoriale de Arue/Mahina pour la traditionnelle inspection, dite “annoncée”. Pour le patron de la compagnie des îles du Vent, ce rendez-vous annuel est l’occasion de faire avec les militaires le point sur l’année écoulée, de fixer les objectifs pour l’année qui vient.
    Mais c’est aussi un moment privilégié de rencontre avec les élus des communes. Un bilan des activités a été présenté dans la salle du conseil de la mairie de Arue, où ont été réunis les deux tavana, Philip Schyle et Patrice Jamet, des élus, ainsi que les personnels de la brigade et de la police municipale.
    Le commandant de la brigade, le lieutenant Jean-Marc Bambridge, a rappelé les effectifs –26 militaires, dont six renforts de gendarmes mobiles déta-
    chés – et les moyens dont dispose la brigade avant d’entrer dans les statistiques.
    Il faudra retenir de l’année 2014 une augmentation légère des faits constatés, mais minimisée par une forte augmentation d’élucidations. Les cambriolages sont donc en hausse, sans que l’on puisse tout mettre sur le dos de la crise. Bien qu’elles ne soient pas crapuleuses, les violences physiques augmentent, tout comme les infractions liées aux stupéfiants. Les gendarmes ont procédé à davantage d’auditions et de gardes à vue de personnes mises en cause.

    Aucun tué en 2014

    Sur la route, les chiffres sont meilleurs. Il y a eu moins d’accidents, moins de blessés et, surtout, aucun tué en 2014 (contre trois en 2013). Mais l’alcool et les stupéfiants restent la cause de cette insécurité routière.
    Si ces derniers chiffres ont rassuré Philip Schyle, tavana de Arue, celui-ci s’est toutefois dit inquiet des comportements chez les jeunes alcoolisés qui s’en prennent désormais aux muto’i. Les nuisances sonores et les “runs” dans la commune laissent tout de même un ressenti d’insécurité dans la population. Quant à Patrice Jamet, il a constaté une amélioration depuis la mise en place de rondes de nuit de la police municipale les week-ends. Mais le maire de Mahina aimerait que la question de la sécurité soit aussi l’affaire des administrés.
    Les deux tavana ont salué la collaboration avec la gendarmerie, espérant une continuité après le départ du commandant de brigade, car le lieutenant Bambridge rejoindra en août la brigade de Faa’a. 

    J-L.M.

    Lieutenant Jean-Marc Bambridge, commandant de la brigade Arue/Mahina : “Peut-être que plus de victimes viennent déposer plainte”

    Faut-il retenir de ce bilan plus de faits constatés et plus de résultats ?
    Exactement. Si l’on prend une variation entre 2011 et 2014, la tendance est à la hausse en matière d’atteintes aux biens. Dans le même temps, le taux d’élucidation est en nette augmentation par rapport au nombre de faits constatés. Ce qui prouve l’efficacité policière entre la police municipale et la gendarmerie.

    L’augmentation des cambriolages est-elle à mettre sur le dos de la crise ?
    Il y a plusieurs explications à cette augmentation. On peut mettre cela sur le dos de la crise, mais elle est aussi liée au comportement des victimes. Laisser son iPad sur la plage arrière de son véhicule et passer deux heures à la plage, c’est tenter le malfaiteur. Donc, plusieurs explications possibles : vols d’opportunité, c’est certain, mais aussi pour certains, vols par nécessité.

    L’autre signe de ce bilan est l’augmentation des violences, non ?
    La tendance est à la hausse, mais est-ce que cela signifie plus de violence pour autant ? Peut-être que plus de victimes viennent déposer plainte.

    Plus d’arrestations, de gardes à vue, donc plus de dossiers et moins de terrain ?
    Plus de gardes à vue et plus d’auditions de mis en cause, c’est effectivement plus de temps consacré à l’exercice de la police judiciaire. Mais 50 % du temps, les gendarmes sont dehors à faire de la prévention de proximité, de la surveillance générale, à lutter contre l’insécurité routière. Les 50 % du temps restant sont consacrés au traitement des dossiers à la brigade.

    Faut-il voir une prise de conscience des automobilistes dans la baisse du nombre d’accidents, de tués et de blessés ?
    Une prise de conscience… très certainement. Mais il y a également une présence des forces de police, une présence qui se maintient. D’où, très certainement, ces chiffres à la baisse.  

    La cause est davantage l’alcool que la vitesse, dans les deux communes ?
    Le réseau routier qui traverse le territoire de Arue et de Mahina n’est pas, à mon avis, la cause des accidents. C’est vraiment lié, pour l’essentiel, à la consommation d’alcool, parfois avec un cocktail combiné de produits stupéfiants.

    Propos recueillis par J-L.M.

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