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De faux entretiens d’embauche, avec de vrais pros

vendredi 24 février 2017

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L’École de commerce de Tahiti a fait venir, hier, de vrais professionnels du recrutement
pour préparer ses étudiants de 3e année à entrer dans la vie active. (© Marie Guitton)


L’École de commerce de Tahiti a organisé hier un séminaire de recrutement pour préparer ses étudiants de 3e année à entrer dans la vie active. Des recruteurs professionnels d’une vingtaine d’entreprises leur ont fait passer des entretiens d’embauche fictifs. Après une bonne demi-heure d’échange, ils ont pris le temps d’évaluer les élèves et de les “débriefer” un par un. La Dépêche de Tahiti a recueilli leurs meilleurs conseils.

L’École de commerce de Tahiti (ECT) a organisé hier une journée de préparation aux entretiens d’embauche pour ses élèves de 3e année.
Après un dernier stage en entreprise de cinq mois, ils seront diplômés en août et devront, pour ceux qui décident de ne pas poursuivre leurs études, trouver du travail.
Chacun des 17 élèves a ainsi pu passer, hier, entre trois et quatre entretiens fictifs en face de vrais professionnels d’une vingtaine d’entreprises du fenua.

Ivea, Sipac, Marama Tours, Nestlé, Sopadep… “Cette année, ce sont les élèves eux-mêmes qui sont allés à la rencontre des DRH (directions des ressources humaines, NDLR) et des chefs d’entreprise, explique Marko Gabou, responsable de l’ECT. L’objectif était pour eux de recenser un certain nombre d’annonces, de réfléchir aux types de postes qui les intéressaient et d’avoir une idée précise des missions y correspondant.”
Le jour J, les étudiants, comme Grace Teipoarii, 22 ans, semblaient assez sereins. Elle s’est présentée successivement devant quatre recruteurs : le directeur du pôle entreprise, en tant que conseillère stratégique à l’export. “C’était très constructif, il m’a donné beaucoup de conseils”, dira-t-elle à la sortie.

Puis elle s’est retrouvée en face d’une consultante en formation et de l’entreprise KPMG qui fait de l’audit financier et de l’expertise comptable, “un domaine que je ne connais vraiment pas”.
Enfin, la candidate s’est frottée aux recruteurs d’Air Tahiti Nui “pour voir ce qu’ils proposent et comment la direction des ressources humaines fonctionne”.
Tous ces entretiens n’auront donc pas été, pour elle, une opportunité de “se vendre”.

 

“On a repéré de bons profils”

 

Certains lui auront simplement permis de découvrir un peu plus des entreprises susceptibles de la recruter demain.
“Je suis très incertaine de ce que je veux faire plus tard, parce que j’aime beaucoup de domaines, je veux toucher à tout. Or il faut choisir, et c’est assez difficile pour moi”, observait Grace hier, avec lucidité.
C’était bien, là, le “double” but de ce séminaire, selon Marko Gabou : “Creuser leur objectif professionnel, mais aussi passer des entretiens sur des secteurs ou des postes auxquels ils n’ont pas forcément pensé au départ et qu’ils ne connaissent pas très bien.”

Car avant de postuler pour de vrai, il faut savoir où l’on met les pieds. C’est aussi la raison pour laquelle l’ECT dispense une formation où des cours généralistes de marketing, commerce, événementiel, finances, comptabilité et droit alternent avec des stages en entreprises. Un premier de deux mois dans un pays non francophone, en première année.

Puis des stages “opérationnels” de deux fois trois mois l’année suivante, pour commencer à “se chercher” avant de bien choisir son stage de fin d’étude de cinq mois.
“À ce moment-là, on force un peu la main aux entreprises pour que ce soit une pré-embauche”, souffle Marko Gabou.
Hier déjà, des représentants d’Air Tahiti Nui disaient avoir “repéré de bons profils”.

“Mais beaucoup veulent continuer leurs études et on les encourage à le faire parce qu’en effet, ce sont des profils avec un potentiel, précisait Mélanie Chable, chargée de développement RH. Peut-être qu’on les reverra dans quelques années, s’ils reviennent. On l’espère…”

Marie Guitton

 

 

conseils entretien embauche

(© Marie Guitton)


Leurs conseils pour décrocher et réussir son entretien d’embauche

 

 “Connaître l’entreprise. Rester professionnel pendant l’entretien”
Mélanie Chable, ressources humaines d’Air Tahiti Nui : “Il faut se mettre en situation d’entretien dès qu’on arrive dans l’entreprise, faire attention à son comportement dans les couloirs et garder son attitude professionnelle jusqu’au bout. Des fois, on peut sentir un petit relâchement parce qu’on met les candidats en confiance pendant l’entretien. Mais il ne faut pas basculer dans la familiarité.
Bien sûr, il faut aussi avoir bien préparé l’entretien. Connaître l’entreprise. Pas seulement l’historique qu’on a trouvé sur le site Internet, mais aussi les grands projets dont on entend parler dans la presse, par exemple. C’est ce qui manque souvent : la connaissance du futur de l’entreprise.”

Manuarii Mervin, ressources humaines d’Air Tahiti Nui : “C’est de la curiosité. Bien sûr, quand on vient en entretien, l’intention c’est de vendre sa candidature. Mais nous, on souhaite aussi que les gens soient un peu concernés par ce qui se passe dans l’entreprise.
Après, il faut toujours venir avec un dossier de candidature. Les touristes qui viennent sans rien, ça ne démontre pas leur professionnalisme. Ce qu’on attend des gens, c’est qu’ils soient aptes et professionnels pendant l’entretien. Il faut prendre conscience qu’ils sont dans un processus de sélection.

Pour le CV, je crois qu’il n’y a pas de gabarit miracle. Il faut rester sur une page. On en voit à peu près 2 000 par an. Il y a encore des choses qui nous surprennent, et c’est tant mieux, mais l’essentiel, c’est que ce soit clair. Ce qui compte pour nous, c’est qu’ils mettent vraiment en avant ce qu’ils veulent vendre, ce qu’ils ont fait, ce qu’ils ont réalisé.

On peut mettre tout ce qu’on veut, à condition de pouvoir le justifier. Du Baby-sitting pour financer ses études, ça peut aussi faire partie d’une histoire. Si on est sûr d’être capable de pouvoir la raconter, il n’y a pas de souci.
Quant à la gestuelle, ça peut toujours traduire une forme de stress, mais de là à dire que ça traduit une personnalité, faut pas exagérer. Même des gens très expérimentés peuvent arriver en entretien très stressés…”

Mélanie Chable : “Donc nous, on est assez sensible à un peu de stress, ça ne nous dérange pas. Quelqu’un qui arrive trop familier, très cool, on se dit que pour lui, l’enjeu n’est peut-être pas si important que ça.
Sur la tenue, il faut plutôt faire attention à ne pas être trop avachi, à bien se redresser et à ne pas trop jouer avec son stylo. Mais il ne faut pas se dire que parce qu’on était stressé en entretien, on l’a raté.”

 

 

“Soigner la rédaction du CV. Trouver un lien entre le poste et ses expériences”
Marko Gabou, responsable de l’École de commerce de Tahiti (ECT) : “Ce qui est important, le conseil qu’on donne à nos élèves, c’est avant tout de bien réfléchir à ce qu’ils recherchent comme type de postes, à se documenter au maximum. Puis à soigner la rédaction de leur CV et de leur lettre de motivation. L’originalité, c’est bien connu, c’est à double tranchant. Mais ce qui est clair, c’est que le CV est la première chose que regardent les recruteurs, et ils y passent en moyenne moins d’une minute. Si le CV accroche, ils regarderont ensuite la lettre de motivation.”

Grace Teipoarii, étudiante en 3e année : “Pour se préparer à l’entretien, il faut vraiment connaître le poste. Parce que le poste, c’est le fil conducteur de ton entretien. Ton recruteur va toujours te poser des questions vis-à-vis de ton expérience et de tes compétences acquises lors de tes formations. Il faudra que tu trouves toujours un lien entre le poste et tes différentes expériences pour pouvoir justifier le fait que tu aies postulé à ce poste.

Pour gérer le stress, je n’ai pas de technique… À part respirer. Inspirer et expirer avant d’aller en entretien !”

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