De l’or, du turquoise, des baleines et beaucoup de bonheur

    samedi 8 octobre 2016

    turquoise

    Réel moment de détente entre amis sans la pression de la compétition. (Photo : Florent Collet)

     

    Après un premier bain de foule et une immersion dans la culture au Fare Hape jeudi, les neuf champions de natation ont eu droit à leur premier bain dans l’océan, hier.  Une rencontre rapide mais “magique” avec les baleines et la découverte des merveilles du lagon ont occupé leur matinée. Dans l’après-midi, c’était bain de foule et dédicaces pour certains et une séance de natation avec des personnes souffrantes pour le programme ‘Aura’a No Te Ora.

     

    En deux jours à Tahiti, le phénomène est normalement inverse. Dès que leur imposante carrure, auréolée de leur aura olympique, apparaît quelque part, c’est la ruée pour être pris en photo avec Florent Manaudou, Camille Lacourt, Frédérick Bousquet et les autres.

    Mais hier matin, à peine se sont-ils mis à l’eau, que c’est elle qui a pris la fuite : c’est bien la baleine à bosse qui a joué les vedettes hier devant de champions redevenus, l’espace d’une matinée, de grands enfants. “C’est un doux euphémisme de dire que nous sommes des enfants”, confirme Camille Lacourt, sourire jusqu’aux oreilles. “Mais c’est vrai que c’est tellement loin de notre quotidien de sportif, depuis quelques années, qu’on profite à fond. On est entre potes avec des gens sympas dans un lieu paradisiaque, quoi de mieux.

    Le quadruple champion du monde, spécialiste du dos, est le seul de la bande à avoir déjà rencontré les baleines à la Réunion. À peine sortie de la passe de Taapuna, lorsqu’une imposante masse s’élève au large, elle est saluée par des cris d’admiration. “Nous sommes dans un séjour découverte où nous en prenons plein les yeux et cela nous régale de plus en plus”, confie Frédérick Bousquet, qui ne cesse d’être charrié par les autres à cause de sa phobie des requins.

    Les baleines sont taquines et jouent à cache-cache. Mais sous le soleil, le turquoise du lagon attire de plus en plus les nageurs et ce n’est pas parce que la couleur est semblable aux piscines où ils s’entraînent. “Les carreaux sont un peu de la même couleur, mais là, c’est juste fantastique de se faire un peu d’apnée. J’ai hâte de voir les photos, c’est le paradis”, explique Camille Lacourt. Nager dans le lagon n’a décidément pas la même saveur que dans leurs bassins chlorés.

    Au moment de plonger, Florent Manaudou savoure : “Être dans l’eau juste pour kiffer et ne pas avoir à me dire “Il faut que je fasse plus à gauche ou plus à droite pour aller plus vite, c’est juste du kif. Et, en plus découvrir des choses qu’on a jamais vues…” Tout le monde est à l’eau, seul Frédérick Bousquet frémit… puis se jette. “Grâce au groupe et aux personnes qui nous accompagnent, on arrive à vaincre nos peurs. Là, j’en ai vaincu une belle car je ne pensais avoir le courage d’aller me mettre à l’eau avec des baleines en sachant que, potentiellement, des requins pouvaient être là.

     

    Un pari réussi

     

    Car quelques minutes et miles plus tard, le moment tant attendu arrive enfin. Tout le monde est à l’eau. La silhouette de la mère baleine et son petit se distingue de mieux en mieux et prend finalement la fuite. “Je n’ai pas encore pas fait la course contre la baleine. Elle n’a pas voulu, elle s’est échappée”, s’amuse Florent Manaudou, qui promet de remettre la course à plus tard. “J’essaierai, un autre jour ou dans des années, mais j’aimerais bien faire découvrir ça à ma famille et mes amis, c’était vraiment bien.

    Frédérick Bousquet qui, comme chaque champion, est à l’affût du moindre détail, de chaque mouvement de bras pour nager parfaitement, saisi alors le fossé qui le sépare de cette reine des océans. “C’est au moment où l’on voit la baleine qu’on se dit qu’on maîtrise rien du tout, aussi bon nageur qu’on puisse être, nous sommes rien par rapport à ces mammifères qui sont à l’extrême. Nous avons eu quelques secondes de bonheur à l’état pur, de voir une mère et son enfant, dans leur élément, c’est… il n’y a pas de mot”, souffle-t-il, encore émerveillé.

    Camille Lacourt rejoint son collègue de bassin. “C’est vraiment top. L’eau, c’est notre élément, c’est du bleu magnifique et, en plus, les baleines et tout ça… c’est vraiment magique.” C’est l’heure de rejoindre l’aquarium, au large de l’aéroport. Comme des poissons dans l’eau, les nageurs n’ont aucun mal à rejoindre l’épave d’avion qui se trouve au fond. Sous l’eau, les appareils photos crépitent pour immortaliser ce moment où chacun vient se placer dans le cockpit.

    Sur le bateau, Stéphane Debaere, à l’origine de la venue des champions, jubile, son pari est en passe d’être réussi. “Quand j’entends “merci”, c’est que, c’est bon signe. Et là, cela va de surprise en surprise, ils sont émerveillés comme des enfants, heureux comme des gosses, le tour est joué pour le moment. Mais, chaque jour, il ne faut pas les décevoir, les surprendre, ce n’est que le début.” Visiblement à l’aise dans l’eau, à peine arrivés à terre, les nageurs se jettent aussi tôt dans la piscine de leur hôtel et se prêtent avec plaisir aux demandes de photos.

    On sent vraiment la bienveillance des gens”, remarque Camille Lacourt. “Quand nous sommes allés à la mairie hier, nous avons senti que les gens étaient contents de nous voir. Souvent, en métropole, on sent qu’ils sont contents qu’on soit là parce que ça leur rapporte quelque chose. Ici, c’est simplement le plaisir de recevoir et de donner. On l’a ressenti, on se l’est tous dit, on sent des gens gentils et entiers, ça fait du bien. C’est vrai.

    Le bonheur s’est ensuite poursuivi par un autre de bain, de foule cette fois, dans une grande surface de la côte ouest où la population s’est montrée bien moins farouche que les baleines du matin.

     

    Florent Collet

     

     

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