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De plus en plus de mineures ont recours à l’IVG

mercredi 26 septembre 2018

Dans le cadre de la semaine de la contraception, le Centre de la mère et de l’enfant (à Pirae) et les dispensaires de Tahiti et ses îles accueillent le public pour informer sur les moyens de contraceptions existants et sur le dispositif d’accès gratuit qui en découle.(© Jennifer Rofès)

Dans le cadre de la semaine de la contraception, le Centre de la mère et de l’enfant (à Pirae) et les dispensaires de Tahiti et ses îles accueillent le public pour informer sur les moyens de contraceptions existants et sur le dispositif d’accès gratuit qui en découle.(© Jennifer Rofès)


Dans le cadre de la semaine de la contraception, et plus particulièrement de la Journée mondiale qui a lieu aujourd’hui, un stand d’informations sur les différents moyens de contraception existants et gratuits, se tient au parc Bougainville, de 10 heures à 16 heures.

Cette campagne de prévention a pour objectif de répondre au constat d’échec établit par le ministère de la Santé sur les grossesses précoces. En effet seuls 75 % des jeunes polynésiens, qui ont leurs premiers rapports sexuels, utilisent un moyen de contraception, contre plus de 86 % en France.

Pour Sabrina Chanteau, médecin de santé publique au Centre de la mère et de l’enfant (CME), ce dispositif a aussi pour objectif de tordre le cou aux idées reçues, aussi bien sur les différents types de contraception que sur leur accessibilité. “Les mineures pensent, souvent à tort, qu’elles ont besoin de l’autorisation de leurs parents pour demander la contraception ou que celle-ci est payante, or c’est faux. N’importe quel mineur peut se rendre soit au CME, soit dans les dispensaires de Tahiti et des îles, et demander une consultation sur la contraception. Tout est pris en charge à 100% par la CPS”, explique le médecin. Un discours identique à celui de Christophe Mattio, infirmier au Fare Tama Hau, qui ajoute également que la pilule du lendemain est aussi délivrée gratuitement au Fare et au CME et est accessible aux mineurs de 15 ans, munis d’une carte d’identité, dans les pharmacies. “Il n’y a pas besoin d’ordonnance pour avoir accès à la pilule du lendemain. Chaque pharmacien est en mesure de la fournir pour un prix compris entre 700 et 1 200 Fcfp”, précise le professionnel.

 

Mamans mineures : un chiffre qui reste élevé

 

En Polynésie, trois méthodes contraceptives sont largement utilisées par les jeunes : il s’agit du préservatif, qui protège non seulement des grossesses non désirées mais aussi des maladies sexuellement transmissibles, de la pilule et de l’implant sous-cutané qui permet une contraception longue, variant de deux à trois ans en fonction du poids de la jeune fille. Toutefois, et ce malgré un accès facile et gratuit à tous les types de contraception, plus de 120 naissances par an sur les 4 000 annuelles en Polynésie, concernent des mamans mineures. Un chiffre qui a diminué de moitié en vingt ans mais qui reste élevé. Pour Christophe Mattio, souvent confronté à la détresse de ces jeunes mineures enceintes, il existe un phénomène qui se répète quelque peu.

“Lorsque l’on parle avec les ados, on constate que souvent parce qu’elles sont amoureuses et qu’elles veulent garder leur tane, elles font tout pour tomber enceinte. Du côté des garçons, on s’aperçoit qu’ils veulent voir si ça marche pour frimer avec les copains, dire qu’on a une copine, qu’on va être papa… Malheureusement, une fois le bébé là, le papa est souvent parti et les jeunes filles se retrouvent seules à élever leur enfant. Il y a beaucoup de jeunes femmes qui élèvent seules leurs enfants ici”, raconte Christophe Mattio.

Quant aux interruptions volontaires de grossesse (IVG), si les chiffres restent stables sur l’ensemble de la Polynésie française, les professionnels de santé constatent que le nombre d’IVG chez les mineures a tendance à augmenter ces dernières années.

En 2017, le Centre de la mère et de l’enfant a accompagné 35 mineures dans l’interruption de leur grossesse.

 

Jen.R

 

 

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