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« De retour à Paris, je ferai en sorte que certains dossiers avancent encore plus vite »

dimanche 23 octobre 2016

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Après s’être rendue en matinée au lycée de Taaone à Pirae, puis au collège Henri Hiro à Faa’a et enfin au Centre des Métiers d’Arts (CMA) à Papeete, la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem s’est envolée, samedi après-midi, pour Rangiroa. Au programme: la visite du collège de l’atoll (le seul des Tuamotu) et son internat ainsi que le Cetad et son tout nouvel internat de Tiputa, ouvert à la rentrée 2015. Pas de nouvelles annonce sur place mais l’occasion d’évoquer à nouveau la problématique des internats qui sont primordiaux en Polynésie française.

Les élèves et le personnel d’encadrement de l’atoll avaient réservé un accueil de taille à la ministre, composé de chants et de danse traditionnels, qu’ellen’a pas manqué d’applaudir et de filmer. Radieuse, elle a rappelé encore une fois à quel point elle était « heureuse d’être là ».
Le principal du collège lui a présenté la situation des deux établissements de Rangiroa (le collège et le Cetad), ainsi que celle du GOD à Manihi qui, à eux trois, accueillent les élèves des 13 îles de l’archipel des Tuamotu, soit 421 élèves pour l’année 2016/2017. Il a fait état des problèmes liés à l’approvisionnement en eau dans les établissements et dans les internats. Depuis plusieurs semaines d’ailleurs, faute de pluie, les élèves de Rangiroa sont contraint d’utiliser l’eau saumâtre de l’île pour se laver. Depuis 2015, les trois établissements ont intégré le dispositif REP+. Grâce à ce dernier, ils ont vu les résultats scolaires s’améliorer de façon significative, avec notamment 12% de réussite en plus au Diplôme national du Brevet (DNB) en 2015 et une nette baisse de l’absentéisme.

La ministre s’est réjouie de voir que le dispositif des réseau d’éducation prioritaire porte ses fruits jusque dans les iles éloignées. « Ça fait toujours beaucoup de bien  d’aller sur le terrain, pour constater que l’on porte des réformes et que parfois, le terrain est capable de faire encore mieux que ce que l’on avait pu imaginer », a t-elle déclaré.
L’ enjeu de cette visite était également de faire prendre conscience à la ministre des difficultés auxquelles sont confrontés les enfants des Tuamotu au cours de leur scolarité. Dés la fin du CM2, la plupart d’entre eux (exceptés ceux qui habitent Rangiroa ou Manihi) sont  amenés à quitter leur île, pour poursuivre leurs études. Quelques-uns s’en vont à Tahiti, s’ils ont de la famille qui peut les y accueillir, les autres se retrouvent dans une des trois structures de l’archipel : le collège de Rangiroa, le CETAD ou bien le GOD de Manihi. Là, ils sont amenés bien souvent à découvrir « les joies de l’internat ».
Déjà très jeunes, donc, dés l’âge de 10 ans, ils apprennent à vivre en communauté, dans des dortoirs pouvant aller jusqu’à 20 lits. Ils participent aux tâches ménagères quotidiennes de l’internat, font eux-mêmes leur lessive à la main (les internats n’étant pas tous équipés de machines à laver). La ministre a donc visité l’internat du collège pour se rendre compte de la vétusté des lieux. Cette vie en communauté, ces enfant s’ y sont fait. Ensemble, ils forment une sorte de « famille recomposée ». Le soir et les weekends, les surveillants sont présents pour leur proposer diverses activités. Mais le plus dur reste pour eux cet éloignement avec leur île et bien entendu leur véritable famille. La plupart n’ ont pas les moyens de rentrer chez eux à chaque vacance. Ils doivent alors attendre décembre, juillet et, depuis cette rentrée scolaire, les vacances de novembre, pour rentrer sur leur ile. Il était d’ailleurs amusant de voir qu’au sein des chambres, les jeunes aiment se regrouper par atoll, une façon de garder des repères avec leur vie d’avant.

La ministre a pris le temps d’interroger ces internes et a été très touchée par leur courage et leur grande maturité. Début 2017, l’ internat et le collège feront l’ objet de travaux de rénovation, dont les plans ont été présentés a la ministre (rénovation des dortoirs, ajout de sanitaires et douches, ventilation des chambres, changement de toiture et installation de panneaux photovoltaïques, installation d’un réseau wifi, nouveau sanitaire, restructuration des dortoirs, nouveau réseau d’assainissement…).

Si aujourd’hui l’internat a une capacité d’accueil de 120 élèves, il devrait pouvoir accueillir 30 élèves de plus à l’avenir. Najat Vallaud-Belkacem a affirmé le soutien du gouvernement central dans ce projet. « Il y a en Polynésie un enjeu a pouvoir étudier dans de bonnes conditions lorsqu’ils sont loin de leur famille, et ne pas traîner dans la rue, chercher des familles d’accueil vainement ou devoir se lever à trois heures du matin. Ce n’est pas possible ; nous devons y répondre », a t -elle ajouté.
Après le collège, direction le Cetad, ou la ministre a pu découvrir l’internat de Tiputa, cette fois, flambant neuf qui a ouvert à la rentrée 2015/2016. Puis, elle est allée à la rencontre des jeunes et des enseignants du CETAD où elle a découvert les différents ateliers et activités proposés.
« C’est le première fois que je visite un centre CETAD. Le travail qui est réalisé ici, auprès d’élèves en petits groupes, est époustouflant. Derrière tous ces ateliers manuels, il y a de véritables perspectives d’emplois:en couture, dans la construction de bateau » ,s’est-elle enthousiasmée.
En début de soirée, la ministre assuré que de retour à Paris, elle ferait « en sorte que certains dossiers avancent encore plus vite ».

 

Elénore Pelletier

 

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