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De trois mois à un an de prison ferme pour les agresseurs du golf de Papara

vendredi 29 décembre 2017

“Parce que vous tenez à vos enfants : éduquez-les !”, a conseillé l’avocate des gendarmes à la centaine de personnes, familles  et amis, venus à l’audience. (©DR)

“Parce que vous tenez à vos enfants : éduquez-les !”, a conseillé l’avocate des gendarmes à la centaine de personnes, familles
et amis, venus à l’audience. 

Deux semaines après avoir vu leur affaire renvoyée pour préparer leur défense, les cinq jeunes identifiés comme le “noyau dur”, tel que l’a défini le président du tribunal, se sont retrouvés à la barre du tribunal, hier, après avoir passé deux semaines en détention provisoire à Nuutania.

“Ce n’est pas un endroit où passer des vacances, cela m’a servi de leçon”, a expliqué l’un des prévenus. Tous se sont confondus en excuses pour les faits commis la fameuse soirée du 9 au 10 décembre pour la dernière soirée festive du bar du golf de Atimaono. Tous, sauf un, qui, depuis le début de la procédure, assure ne pas avoir commis les actes dont il est accusé, mais est confondu par plusieurs témoins, y compris des prévenus.

Ce soir-là, les gendarmes se rendent sur place, car des parents d’un quartier voisin sont inquiets de la fugue de leur adolescente, qu’ils suspectent de s’être rendue à la soirée. Une annonce doit être faite pour lui lancer un appel à la fin de la soirée. Mais à l’heure où tout le monde s’en va, passablement alcoolisé, les bagarres éclatent.

Un homme chute au sol lourdement, inconscient, le front largement ouvert. Des gendarmes viennent à son secours, mais rapidement ce sont les forces de l’ordre qui deviennent la cible de la vindicte. Ne pouvant faire respecter un périmètre de sécurité autour du blessé, un gendarme utilise une bombe lacrymogène, qui permet de faire reculer les gens, mais d’en exciter une autre bonne partie.

Les gens criaient : “Massacrez-les” “J’étais bourré et la bombe lacrymogène, ça m’a énervé”, ont expliqué, en substance, la plupart des prévenus. Le ton monte entre certains jeunes et les gendarmes. Sans s’y attendre, le plus gradé de ces derniers reçoit un coup de poing au visage, qui le fait chuter lourdement. Il parvient à se relever. Aidé par ses collègues, il se replie en direction de leurs véhicules. Mais l’un des prévenus lui met un coup de pied dans le dos pendant qu’un autre lui fait un croche-patte. Au sol, le gendarme reçoit une salve de coups de pieds et poings. La pluie de bouteilles et de cailloux qui s’abattaient un peu au hasard se concentre finalement sur les forces de sécurité.

Un agent de sécurité raconte : “Les gens criaient : “Massacrez-les”.” Il est aussi fait mention d’un homme de quarante ans, les bras chargés de caillou, dansant le haka et invitant à s’en prendre aux gendarmes. Les prévenus semblent pris dans un effet de groupe. “Tout le monde était énervé à cause du gaz. J’étais tellement en colère que j’ai frappé un gendarme”, explique un jeune homme.

Un homme, qui ne sera pas identifié, vise clairement le camion des gendarmes avec un gros caillou, faisant à peu près le tiers du fauteuil passager. “Heureusement, nous avons pu quitter le parking, sinon cela aurait pu très mal se terminer”, témoigne le plus haut gradé des gendarmes présents sur place.

“C’est une soirée qui s’est terminée de manière désastreuse, monstrueuse”, s’émeut l’avocate des forces de l’ordre, qui décrit des personnes se comportant “comme des animaux”, avant de rappeler que “l’uniforme doit forcer le respect. Cet uniforme, on n’y touche pas.”

Notant que les prévenus avaient tous un problème avec l’alcool. Elle s’est adressée ensuite à la centaine d’amis et parents venus assister à l’audience : “parce que vous tenez à vos enfants : éduquez-les !”

Pour le procureur, rien n’explique la violence soulevée contre les gendarmes, si ce n’est l’alcool : “Si on éliminait l’alcool et la drogue en Polynésie, les infractions seraient divisées par 2, 3 ou 4.”

Rappelant que la justice mènerait toujours des poursuites graves lorsque les représentants de l’autorité publique, il a requis 30 mois de prison, dont 15 avec sursis à l’encontre des cinq prévenus avec un maintien en détention. Les avocats des prévenus se sont insurgés contre le fait que leurs clients paient pour la centaine de personnes ayant participé aux événements et rappelé qu’ils n’avaient jusque-là jamais commis d’impair et ayant quasiment tous réussi leur scolarité jusqu’au baccalauréat.

Appelés à la barre, les accusés soutiennent que les quinze jours en prison ont servi de leçon : “Je me sens honteux d’avoir fait ça.” Ils sont finalement tous condamnés. Le premier à avoir frappé à un an de prison ferme. Trois autres à six mois de prison ferme et le dernier à trois mois de prison ferme. Tous ont été maintenus en détention.

F.C.

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