Début du procès du réseau « Furax », pourvoyeur de dizaines de tonnes de cannabis

    lundi 13 octobre 2014

    Le procès de neuf personnes accusées d’appartenir au réseau « Furax« , une organisation minutieuse qui a importé en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis, s’est ouvert lundi devant les assises spéciales de Paris en l’absence de l’un des deux chefs présumés. Inspirateur du réseau, selon l’enquête, Bouchaib El Kacimi a profité, en juillet 2011, d’une libération sous contrôle judiciaire consécutive à un vice de procédure pour prendre la fuite. Plusieurs éléments indiquent qu’il serait aujourd’hui au Maroc, d’où il est originaire. C’est du Maroc qu’est parti « Furax« , comme l’ont surnommé les gendarmes de la section de recherche d’Orléans, pour transiter ensuite par l’Espagne, avant d’inonder la France, grâce aux fameux convois à grande vitesse de voitures puissantes, les « go-fast ». Là-bas, quand on veut s’en sortir, « soit on fait dans la drogue, soit ta sœur se prostitue, soit tu entres en religion », avait résumé avec cynisme Bouchaib El Kacimi lors de son entretien avec une enquêtrice de personnalité, qui l’a expliqué lundi à la barre.
    Il lui avait également décrit la mansuétude avec laquelle, selon lui, les autorités marocaines laissaient se développer la culture du cannabis dans les campagnes pour permettre aux paysans de « survivre ». Vendeur de voitures de luxe au Maroc, Bouchaib El Kacimi a identifié les producteurs de cannabis, ainsi que des relais en Espagne, puis s’est mis en relation avec Kamel Messaoudi, l’autre chef présumé du réseau.
    Âgé de 31 ans, de petite taille et assez frêle, M. Messaoudi n’a eu qu’une seule occasion de s’exprimer lundi, après le rapport du président. Il ne l’a pas saisie, pas plus que les six autres accusés présents dans la salle (un autre accusé est en fuite).
    Au cours de l’instruction, il a reconnu avoir pris une part importante dans ce trafic mais s’est toujours présenté comme un exécutant, sans jamais donner d’éléments sur ses éventuels commanditaires.
     

    « Ce n’est pas de l’héroïne »

     
    Pour les enquêteurs, les écoutes montrent que Kamel Messaoudi contrôlait la partie française de la structure qui a permis d’acheminer, en 14 mois, 50 tonnes de cannabis puis de revendre la drogue à des grossistes. Au détail, cela peut représenter environ 300 millions d’euros, en prenant comme référence le prix de vente moyen en France estimé par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT).
    L’un des banquiers du réseau, chargé de collecter l’argent pour le paiement des producteurs marocains, a expliqué avoir parfois reçu jusqu’à un million d’euros en liquide sur une livraison. « Le cannabis, ce n’est pas de l’héroïne, ce n’est pas de la cocaïne », a plaidé l’un des lieutenants présumés de M. Messaoudi, pour justifier le fait de s’être livré à ce trafic, lui qui n’avait aucun antécédent judiciaire et avait reçu une éducation solide.
    « Pour vous, c’était un peu comme un trafic d’alcool ou de cigarettes ? », l’a interrogé l’avocat général, Philibert Demory. « Tout à fait », a répondu ce trentenaire qui affirme aspirer aujourd’hui à « une vie posée, sans souci ». Avec l’autre homme de confiance présumé de Kamel Messaoudi, ce lieutenant avoue qu’à l’époque, il s’était lancé « à fond » dans le trafic de cannabis. Il assurait notamment la gestion du stock, caché dans un corps de ferme d’une petite ville proche de Dreux (Eure-et-Loir). C’est dans ce bâtiment que le 18 février 2010, après deux années d’une enquête extrêmement minutieuse, les gendarmes ont trouvé 3,2 tonnes de cannabis et des armes, notamment deux fusils mitrailleurs et un lance-roquette.
    Le procès se poursuit jusqu’au 31 octobre.

    AFP

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