Habillage fond de site

Journée du patrimoine – Le début d’une reconnaissance du triangle polynésien

jeudi 27 juillet 2017

Taputapuatea

Pas de photos, pas de journalistes sur la marae mais un chien, toujours le même… (© Photo : Christophe Cozette)


Une Journée du patrimoine a été organisée, hier, au marae Taputapuatea, à Raiatea. Une importante délégation État-Pays avait le déplacement pour l’occasion. Cette journée était dédiée à la récente inscription du marae au patrimoine mondial de l’Unesco.

Ne manquait que le mana. Le président de la Polynésie française, Édouard Fritch, et une partie de son gouvernement se sont rendus, hier, à Raiatea, sur le site de Taputapuatea, dans le cadre d’une Journée du patrimoine organisée par la commune suite à la récente inscription du marae au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette journée s’est déroulée en présence notamment du haut-commissaire, René Bidal, et du maire de la commune de Taputapuatea, Thomas Moutame, mais la délégation, venue de Tahiti, comportait également de nombreux représentants de la culture et d’associations comme Yves Doudoute, John Marai, Moana’ura Walker ou encore Raymond Graffe.

Parmi la délégation qui avait fait le déplacement sur l’île Sacrée se trouvait également un représentant de l’Unesco ainsi que le maire de Rapa Nui, Petero Edmunds, dont l’île est classée à ce même patrimoine depuis vingt-deux ans maintenant. Et en résumé, depuis vingt-deux ans, “c’est pas 1 F et pas de touristes” en plus (lire ci-dessous). Mais pas grave, la cérémonie et l’événement s’annonçaient grandioses, d’autant plus qu’après 40 minutes de vol impeccable, tout ce petit monde a embarqué dans quatre bateaux afin d’entrer sur le site par la mer, en franchissant la passe sacrée Te ava mo’a.

Mais premier hic. Tandis que les navires de la délégation attendaient aux portes de la passe alors que les pirogues les avaient rejointes, les rameurs de ces dernières n’ont pas levé leurs rames alors qu’ils auraient dû le faire en signe de “feu vert” pour franchir Te ava mo’a, comme cela a été remarqué à bord mais aussi à terre, plus tard. Pas grave, la délégation a ensuite rejoint une seule et même barque pour se rendre sur la plage qui jouxte le marae Hauviri. Une fois descendue à terre, la délégation a été accueillie par un premier ‘orero de Tony Hiro mais, second hic, ni pu, ni pahu, deux instruments obligatoires pour ce type de cérémonie.

 

Raymond Graffe plutôt remonté

 

La délégation a rejoint ensuite le plus célèbre des marae, Taputapuatea, encadrée par les différentes délégations présentes et observée par la population venue en nombre. Là furent posées des feuilles de bananier sur les premières pierres : une cérémonie appelée hono. Ensuite, les diverses délégations, issues en fait des groupes présents au Heiva Raromata’i qui se déroule dans la commune depuis dimanche dernier, ont été invitées à s’asseoir sur le marae et ont ensuite déroulé un grand lien végétal qu’ils ont tous tenu face à la délégation (natira’a).

Puis est venu le temps de la prière mais, hic encore, elle ne fut consacrée qu’à l’unique Dieu, sans aucune référence aux anciens, comme l’a fait remarquer Raymond Graffe, plutôt remonté, qui a noté tous les couacs de la journée.  “On remercie Jésus et pas un mot pour les anciens. Ce n’est pas le temple de Jésus mais celui de nos anciens dieux”, rajoute celui qui n’a pas tenu à aller sur le marae.
Les officiels se sont ensuite déchaussés – la presse aussi – pour monter enfin sur le marae et se positionner dos au ahu. Mais alors que les journalistes essayaient de faire quelques clichés, ils furent sortis du marae par la femme du maire, plutôt manu militari, sans grande explication, hormis un sec “pas de photo”, tandis que son chien passait son temps à se balader dans l’enceinte, sans aucun souci.

Quatre discours ont suivi – dans l’ordre, celui du maire Thomas Moutame, de Richard Tuheiava, président de l’association Na papa e vau, du haut-commissaire de la République René Bidal et du président du Pays Édouard Fritch –, entrecoupés par les himene de Taputapuatea, de Uturoa, de Tumaraa, de Taha’a et de Maupiti.
“Quelle formidable reconnaissance pour la Polynésie, pour le peuple polynésien en particulier, mais aussi pour le patrimoine culturel polynésien que représente, en tant que tel, Taputapuatea”, a souligné Édouard Fritch, qui a tenu à remercier ensuite toutes les personnes qui ont contribué à faire aboutir cette reconnaissance mondiale.

Le haut-commissaire a fait son discours en trois points. “On célèbre un lieu (et non un rite) et ce site est le premier des outre-mer classé, c’est une victoire diplomatique”, a déclaré René Bidal avant de faire remarquer qu’il était le premier Européen depuis James Cook à poser le pied sur le marae, tout en lisant un extrait d’un livre que le représentant de l’État semble affectionner.
“Le mana ne s’est pas réveillé”, “insipide”, “un ersatz de cérémonie”, “venir juste pour des discours, je ne m’attendais pas à cela” sont autant de paroles entendues à la fin de la cérémonie et prononcées par tout d’autant d’interlocuteurs, experts du sujet.

La délégation a ensuite été invitée à boire le kava, avant de gagner la plage où un ma’a Tahiti, offert par la commune, a été servi, public compris. C’est lors de ce déjeuner que nous avons appris qu’une autre célébration aura lieu, sans doute en octobre, mais cette fois-ci avec de nombreuses délégations étrangères issues de l’Océanie, cruellement absentes hier. Mais ce n’est pas grave, nous sommes à l’Unesco.

 

    
    
Christophe Cozette

Orianne Obrize
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