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Début timide du mouvement contre la réforme des retraites

jeudi 20 septembre 2018

mahinui temarii retraite grève

Mahinui Temaurii et quelques salariés en grève, devant les grilles de la zone sous douane, le “poumon” du Pays. (© Christophe Cozette)


Hier, le mouvement de grève générale contre la réforme des retraites a démarré. Hormis au Port autonome et dans les entreprises adhérentes au Medef, la grève a peu mobilisé. C’est à partir de demain que les représentants à l’assemblée se pencheront sur la réforme des retraites.

Une grève qui fait pschiiiit. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la grève générale qui a démarré hier, à 00 heure, à l’appel de l’intersyndicale contre la réforme 2 des retraites du gouvernement Fritch, a plutôt fait un flop.

Qu’en sera-t-il aujourd’hui, où la première session de la séance budgétaire s’ouvre, avec à l’ordre du jour “le projet de loi du pays portant diverses dispositions relatives à l’assurance vieillesse et autres mesures d’ordre social”, qui fait bondir – pour le moment de manière très relative – les syndicalistes ?

“Il n’y pas de grève dans la fonction publique du Pays, donc en conséquence pas de chiffres de grévistes…”, nous a répondu, en milieu d’après-midi, la présidence. À quelques encablures de là, au haut-commissariat, même son de cloche, après vérification des services de l’État.

“Pas de grévistes du côté de l’État. S’il y en avait de significatif, on ne manquerait pas de vous les communiquer” nous a-t-on répondu, un peu plus tard.

Du côté de l’aéroport de Tahiti-Faa’a, c’était plutôt morne plaine, côté grève. Personne à l’horizon, ni de pancartes. Les touristes ont pu embarquer tranquillement pour les îles. Selon certaines informations, il y avait, un gréviste. Nous le cherchons encore…

À la mairie, pas mieux. Pourtant fief de Vetea Heller, président du Cosac, le syndicat pro-agents communaux, pas un gréviste sous les pandanus de la mairie d’Oscar Temaru.

 

Calme plat du côté du Pays et de l’État

 

Seule la zone sous douane du Port autonome de Papeete semblait être concernée par cette grève, avec à sa tête, Mahinui Temaurii.

Posté à l’entrée avec quelques grévistes, il nous a commenté la grève, côté port, le “poumon” du Pays”. “Il n’y a plus personne qui travaille à l’intérieur (de la zone sous douane, ndlr), sauf le bateau. C’est une décision prise par tout le monde. Cela représente à peu près de 2 000 personnes. Ce sont des dockers, des chauffeurs de transport. C’est une cessation d’activité, c’est tout. Ils sont sur leur piquet de grève. Cela ne sert à rien de se réunir”, a commenté le syndicaliste. Des médicaments sont sortis hier matin. Les périssables sortiront samedi, a promis ce dernier. Et après ?

“Il n’y aura plus rien à manger car ici, c’est le poumon économique du Pays. Il y a plus d’un milliard de marchandises qui sortent à chaque fois. Nous prenons nos responsabilités mais je suis triste de voir cela. Des responsables politiques qui décident cela. Ils détruisent notre jeunesse de demain”, poursuit Mahinui Temaurii (lire interview).

La réponse d’une si faible mobilisation vient peut-être du côté des patrons qui, du Medef à la CPME, constate l’absence de grévistes dans leurs entreprises adhérentes respectives.

“C’est une vraie victoire. Les salariés ne sont plus manipulés, comme en mars. On les a fait descendre dans la rue pour envoyer Angelo Frébault et Vaitea Legayic, la fille de Cyril, à l’assemblée. Ils ont en marre de se faire berner pour l’intérêt général de certains syndicalistes. Cette non–mobilisation est la réponse à la première grève”, estime Christophe Plée, de la CPME, joint par téléphone.

Au Medef, la situation semble plus compliquée. “Nous avons 51 entreprises impactées, tous secteurs confondus. Il semblerait que cela devrait se renforcer demain (aujourd’hui, ndlr), notamment au port”, nous a-t-on répondu, en fin d’après-midi.

“On ne peut pas nous accuser de faire un coup politique. C’est un nouveau combat sur le même sujet”, avait répondu, mardi après-midi, l’intersyndicale, quelque peu agacée qu’on lui remémore le passage du syndicalisme à la politique du duo Frébault/Legayic, pourtant leader du mouvement en mars qui avait poussé le gouvernement à surseoir à l’examen de la réforme, après une porte cassée à l’assemblée par les grévistes.

Assisterons-nous à un remake du mois de mars demain, à l’assemblée ? Réponse dès 9 heures.

 

Christophe Cozette

 

mahinui temarii

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