Décès du créateur du Club Med de Moorea et de l’hôtel Kia Ora

    samedi 18 juin 2016

    Un moment privilégié, Laris Kindynis, son épouse Keiko, ses enfants Tamara, Dimitri, Nikitas et Sakura, et ses deux petites-filles Vaiki et Vahia avec leurs compagnons. C’était en janvier 2016.  (DR)

    Un moment privilégié, Laris Kindynis, son épouse Keiko, ses enfants Tamara, Dimitri, Nikitas et Sakura, et ses deux petites-filles Vaiki et Vahia avec leurs compagnons. C’était en janvier 2016. (DR)

    Laris Kindynis  a été incontestablement  un pionnier  du tourisme polynésien.  Il a été le concepteur  du Club Med de Moorea, puis du Kia Ora (aujourd’hui Sofitel Ia Ora).   Retiré des affaires
    depuis 1998, il partageait son temps avec son épouse Keiko, entre la Tunisie  et Tahiti.

     

    Homme travailleur mais très discret, Laris  Kindynis est parti, comme il est arrivé, c’est-à-dire en toute discrétion. C’est à son domicile de Punaauia qu’il a rendu son dernier souffle aux côtés de Keiko, son épouse, de sa fille Tamara et de ses petits-enfants.
    Avec ce nom connu de tous les Polynésiens qui ont eu, à un moment de leur vie, un lien avec l’activité du tourisme polynésien, c’est tout un symbole qui est révélé.
    La première fois que Laris Kindynis met les pieds en Polynésie, c’était le 26 décembre 1956. Il avait quelques objectifs précis : prendre la direction du petit Club Méditerranée qui venait d’implanter ses premiers fare à Punaauia (Rivnac) et prévoir une structure plus grande sur une autre île, comme par exemple Moorea.

     
    Après avoir démarré ses activités professionnelles au Club-Med Rivnac, Laris Kindynis suit les conseils d’un ami qui lui recommande un petit fare de Temae.
    Il traverse le chenal à bord d’un petit cotre qu’il venait d’acheter (le Skaal) et passe quelques jours à vivre “à la polynésienne”, vivant des fruits de sa pêche dans un petit fare ni’au vide de tout équipement.
    C’est là qu’il rencontre Matauira, le seul voisin qui vivait à quelques centaines de mètres de là, avec toute sa famille, cousins et cousine.
    Laris Kindynis fait la connaissance de sa première vahine, Tehapai Vairaa, qui donne naissance à leur fille Tamara.
    Le destin fait que Tehapai succombe peu après la naissance de sa fille, mais Laris Kindynis ne perd pas pour autant de vue la mission qu’on lui avait confiée, à savoir développer le Club Méditerranée et le tourisme polynésien en général.

     
    “On peut dire que j’ai construit le premier village du Club Med de Moorea car, non seulement j’ai initié le projet, mais en plus, j’y ai mis de mon physique”, avait-il confié à La Dépêche qui l’avait rencontré en début d’année.
    La construction du village de Tiahura a débuté en 1958 pour se terminer en 1960 pour une ouverture en 1962.
    La suite, on la connaît. Sous la direction générale de Laris Kindynis, ce fleuron de l’hôtellerie connaîtra une ascension fulgurante, devenant, au fil des années, la plus importante structure touristique de Polynésie française.
    En 1972, Gilbert Trigano, fondateur du Club Méditerranée avec son ami Gérard Blitz, demande à Laris Kindynis de prendre la direction générale de la société pour la zone Japon.
    Cela après avoir développé d’autres structures Club Med rattachées à Moorea, à Taha’a, puis à Bora Bora (à l’ancien hôtel
    Oa-Oa). L’aventure Club Med Japon durera deux ans.

    Perle noire et hôtellerie grand standing
    Une relation qu’il avait rencontrée en 1959 sur une plage de Bora Bora fait appel à lui pour lancer avec lui un projet hôtelier de grande envergure. Cet homme, c’est Jean-Claude Brouillet.
    L’homme d’affaires, à l’origine d’Air Gabon, avait décidé d’investir en Polynésie. Deux branches l’intéressaient. La perle noire et l’hôtellerie grand standing.
    Jean-Claude Brouillet demande à Laris Kindynis de s’occuper de cette branche et c’est comme ça que vit le jour, en janvier 1977, l’hôtel Kia Ora, implanté à l’endroit même où il avait vécu ses premiers instants à Moorea.
    Alors qu’il gère les affaires de son ami Jean-Claude Brouillet, Laris Kindynis et deux de ses amis, Serge Arnoux et Robin Angeli, créent, en 1972, le Kia Ora Rangiroa et le Kia Ora
    Sauvage.
    Après s’être marié, en 1977, à la belle Japonaise Keiko, trois enfants ont vu le jour : Nikitas, violoniste qui fait carrière dans le monde des affaires, Sakura, flutiste à l’orchestre de Berne, et Dimitri, violoncelliste à Barcelone.

     
    En début d’année 2016, toute la famille s’est retrouvée à Moorea, chez sa fille Tamara et ses deux enfants Vaiki et Vahia, deux artistes du monde du spectacle. Laris tenait à célébrer ses 60 ans de Polynésie, mais aussi son propre anniversaire, 87 ans.
    Dans un livre où il relate les grands moments de sa vie, Du rivage des Syrtes aux îles du Grand Océan, Laris Kindynis écrit : “Quitter Tahiti, après quarante ans d’une vie passionnante, n’était pas chose facile. Je rangeais, dans les cartons et dans des cantines, tous mes livres, tous mes disques, tous les objets auxquels je tenais, tous les souvenirs de quarante années de ma vie en Polynésie. Quand allais-je retrouver tous ces vestiges de toute une vie ?”
    Laris Kindynis est revenu quelquefois en Polynésie retrouver sa famille polynésienne. Ce fut le cas en ce début d’année mais, cette fois-ci, il avait décidé d’y rester jusqu’au bout…
    Une veillée est prévue ce week-end. Pour plus d’informations, contacter Min Chiu, où le corps est exposé.
    À Keiko et Tamara, à ses enfants et petits-enfants, La Dépêche de Tahiti présente ses sincères condoléances.

    De notre correspondant Jeannot Rey

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