Décès d’un rameur – “Le sport protège beaucoup plus qu’il ne tue”

    mercredi 1 juin 2016

    La 14e édition de la course du Trophée de l’Amiral s’est achevée samedi dernier par le décès de Philippe Villaume, 45 ans, un rameur chevronné. Un drame qui, en plus d’être choquant, a soulevé quelques interrogations, que sommes allés poser au Dr Jean-Marie Debruyne, médecin généraliste, médecin de la Fédération tahitienne de football et médecin du Team OPT au niveau de la pirogue.

    Le drame de samedi est-il quelque chose de fréquent ?
    Heureusement non. Le sport n’est pas un pourvoyeur important de décès. Le sport est quand même plus protecteur que mortel.

    Pourquoi ça arrive ?
    Il y a des facteurs de risque qui sont souvent familiaux. Dans l’examen médical, c’est une des choses les plus importantes : voir dans les antécédents s’il n’y a pas eu des cas similaires. En Polynésie, le problème le plus important, c’est le RAA, pour lequel il faut toujours faire attention, pour savoir s’il n’y a pas des anomalies au niveau des valves du cœur. On n’est pas comme avec les Africains, où il y a des maladies de cardiomyopathies qui peuvent être responsables d’arrêts brutaux comme on peut le voir souvent sur les stades de football. Mais il ne faut pas avoir peur de faire du sport. Ce sont quand même des accidents qui sont très rares.

    Comment les éviter ?
    En ciblant le patient ou les sportifs à risque, c’est-à-dire en fin de compte quelles personnes pourraient faire un problème par rapport à une autre. Donc comme je le disais, c’est en étudiant les antécédents, en étudiant la façon de vivre et en pouvant savoir s’il y a des facteurs de risque et s’il faut faire des bilans plus approfondis pour les dépister.
    Il y a aussi l’âge, donc à partir de 40 ans, si un sportif veut continuer à faire du sport un petit peu intensif, il est peut-être intéressant de voir un cardiologue et de faire une épreuve d’effort.

    C’est obligatoire actuellement, dans la pirogue, à partir de 50 ans, mais si les gens ont des antécédents ou des soucis particuliers, ils peuvent le faire. C’est un des seuls moyens de pouvoir déceler une anomalie. Mais s’il y a un trouble du rythme, un cœur qui s’emballe, qui est trop rapide, on ne le voit pas toujours à l’épreuve d’effort.

    C’est pour cela que peu importe le sport qu’on souhaite pratiquer, il est demandé un certificat médical ?
    Ça, c’est une obligation métropolitaine. Dans des pays anglo-saxons ou en Suisse, la personne prend ses responsabilités. S’il veut montrer qu’il est apte, c’est à lui de le montrer. Tandis qu’en métropole, on est obligé d’avoir un certificat médical pour la pratique du sport. Ce n’est peut-être pas plus négatif, mais c’est très lourd au niveau social et au niveau financier pour beaucoup de clubs et de gens qui veulent faire du sport.

    Il faut aller voir le médecin, avoir une visite médicale, mais lcelle-ci n’est pas une garantie qu’on ne va pas avoir de problème durant l’année. Une personne peut avoir un problème six mois après être passée chez le taote, donc ce n’est pas une garantie, mais ça permet déjà d’orienter en cas de soucis particuliers. Il ne faut pas non plus donner toute sa responsabilité au médecin, se décharger sur la médecine. Avant tout, il s’agit de faire attention à sa santé. Mais en tout cas, il ne faut pas avoir peur de faire du sport. Le sport protège beaucoup plus qu’il ne tue. 

    Propos recueillis par V.H.

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete