Déchets abandonnés : attention les muto’i ouvrent l’œil

    jeudi 10 août 2017

    déchet pollution ordure

    À Pirae, les muto’i peuvent verbaliser les pollueurs depuis le 1er août. Mais “le tavana nous a d’abord demandé un ou deux mois de prévention pour que ça rentre dans la tête des administrés”, explique un agent. (© DR)


    La police municipale de Papara vient de verbaliser, pour la toute première fois, des gens en train de se débarrasser de leurs déchets encombrants en pleine rue. Une démarche qui gagne presque toute la zone urbaine de Tahiti. Les muto’i de Punaauia et Mahina, par exemple, le font déjà. Pirae et Papeete s’y mettront dans un ou deux mois.

    C’est une “petite” information qui met le doigt sur un véritable mouvement à l’œuvre dans les communes du fenua : vendredi dernier, pour la toute première fois, la police municipale de Papara a sanctionné d’une amende de 8 100 F des automobilistes pris en train de se débarrasser de leurs ordures encombrantes en pleine rue.

    Qui n’a jamais vu ces tas de déchets sauvages, souvent abandonnés sous des pancartes proclamant vainement : “Ceci n’est pas un dépotoir” ?

    Le phénomène est tellement récurrent qu’il serait quasiment devenu une “cause territoriale”. En 2016, une loi du Pays est ainsi venue insérer, sur le modèle du code pénal, mais dans le code de l’environnement polynésien, deux articles qui prévoient des peines d’amende en cas d’abandon de déchets sur la voie publique en dehors des horaires de collecte, ou sur des lieux privés sans l’autorisation du propriétaire.

    “Depuis l’année dernière, il y a aussi des réunions et des sessions de formation entre la Diren (direction de l’environnement, NDLR), le parquet et les muto’i”, raconte un policier municipal de Punaauia.

    La plupart des muto’i de Tahiti et Moorea auraient ainsi été formés comme agents de police judiciaire adjoints (APJA). “Et c’est depuis cette formation qu’ils peuvent verbaliser”, explique la mairie de Papara.

    “Avant, pour les déchets, on ne pouvait faire qu’un rapport, une constatation, et la transmettre à l’officier de police judiciaire. Mais maintenant, en cas de feu de tas, déversement dans les rivières ou dépôt sauvage, on peut verbaliser si l’agent constate l’infraction en flagrant délit”, reprend le muto’i de Punaauia.

    Les personnes prises “sur le vif” restent assez rares, seulement une dizaine depuis le début de l’année dans la commune. Mais au moins, maintenant, les polices municipales de Punaauia, Arue, Mahina ou désormais Papara mettent donc des amendes aux pollueurs.

    Et la nouvelle est plutôt bien accueillie sur les réseaux sociaux. “Enfin !”, “mauruuru tavana”, “excellente initiative, y’en a marre des pollueurs qui viennent ruiner la beauté et la santé de nos paysages”, commentent sur Facebook des internautes de Papara.

    Parfois, il manque encore un arrêté municipal pour permettre aux muto’i d’intervenir. À Pirae, un nouveau texte est applicable depuis le 1er août. “Il vient nous protéger, affirmer que nous représentons la police du maire”, explique un muto’i.

    Sur le papier, il pourrait donc lui aussi mettre des amendes, mais “le tavana nous a d’abord demandé un ou deux mois de prévention pour que ça rentre dans la tête des administrés”.

     

    Informer les administrés

     

    La démarche est la même à Papeete, qui attend son arrêté municipal dans moins d’un mois. “Celui qui est en vigueur actuellement est obsolète. Dès que le nouveau sera sorti, on lancera une grande campagne d’information”, indique le chef de la police municipale. “On est en train de préparer des flyers pour rappeler les règles aux résidents et on va leur demander de dénoncer ceux qui viennent des communes voisines pour déverser leurs déchets.”

    Passé un délai raisonnable, les contrevenants pourront donc également être verbalisés dans la capitale. “C’est en train de bouger dans beaucoup de communes depuis que le Pays a ajouté les articles dans le code de l’environnement”, précise le muto’i. 

    La police municipale de Paea espère être la prochaine sur la liste, tandis que la commune de Faa’a ne semble pas en faire grand cas.

    “Quand il y a des dépôts sauvages, la mairie doit amener un camion, récupérer les déchets sauvages, les trier et aller les déposer au bon centre de traitement. Et ça, c’est le contribuable qui le paye à la fin sur sa facture…”, rappelle pourtant la mairie de Papara, qui appelle sa population à l’alerter dès qu’elle “voit quelque chose de ce type arriver” et qui affiche fièrement les nouvelles prérogatives de ses agents.

    “Sinon, c’est trop facile, on a des bords de route sales à cause de l’incivisme de certains”, souffle une responsable.

    “Et quand les agents transmettent à la gendarmerie, c’est évidemment toujours classé sans suite.”

     

    Marie Guitton

     

    les horaires de collecte déchet

        Edition abonnés
        Le vote

        Selon vous, que faudrait-il faire pour améliorer les transports en commun ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete