Déchets, eaux usées : Faa’a, Papeete et Punaauia ensemble pour économiser

    mercredi 28 septembre 2016

    ensemble

    Si une telle opération s’avère rentable, les maires de Papeete, Faa’a et Punaauia pourront, à l’avenir, mutualiser leurs moyens dédiés au traitement des déchets et des eaux usées. (Photo : Marie Guitton)

     

    Verra-t-on bientôt les trois plus grandes communes du fenua main dans la main ? “Nous sommes d’accord pour voir, ensemble, comment trouver des solutions.” Partie pour faire cavalier seul, la commune de Faa’a mise finalement sur la mutualisation des moyens, avec les villes voisines, pour traiter les eaux usées et les déchets de sa population. La raison en est simple : les économies financières.

     

    Avant l’adoption officielle de deux schémas directeurs, qui viennent d’être finalisés sur ces sujets, le tavana Oscar Temaru a obtenu, hier, lors d’une réunion de travail organisée à la mairie de Faa’a, un accord de principe de ses homologues de Papeete et Punaauia pour unir leurs forces.

    S’agissant de l’assainissement, un raccordement de part et d’autre pourrait donc voir le jour : à l’horizon 2030, sur les 8 000 logements que compte Faa’a, 2 537 pourraient être reliés à Punaauia et 568 foyers se tourner vers Papeete. La capitale, qui vient d’inaugurer sa station d’épuration à Fare Ute, avec une capacité de traitement largement évolutive, est déjà en négociation avec Pirae et Arue sur des scenarii similaires.

    Nous sommes d’accord sur le principe d’un partenariat avec Faa’a”, a donc logiquement statué hier Michel Buillard. “Faa’a et Punaauia font partie d’une grande famille. Nous avons déjà une production d’eau potable en commun avec Paea. Si on veut aller plus loin, on peut se mettre d’accord au niveau du traitement des eaux usées, a, quant à lui, déclaré Rony Tumahai, le maire de Punaauia. D’ailleurs, l’InterContinental et un autre lotissement de Faa’a sont déjà raccordés à nos réseaux.

    Un premier schéma directeur sur le traitement des eaux usées avait été élaboré en 2007, mais l’Agence française de développement avait conseillé de le revoir, estimant que des économies étaient possibles. “Aujourd’hui, avec l’intercommunalité, l’investissement est passé de 10,4 milliards à 5,6 milliards de francs”, a précisé hier Vannina Crolas, la directrice générale des services de la mairie de Faa’a. Elle ne s’en cache pas : “C’est ce qui a fait que le tavana demande qu’on mutualise les moyens…

    Les coûts de fonctionnement, eux, seraient réduits de 90 % par an, sans toutefois comptabiliser la participation dont devrait s’acquitter Faa’a auprès des stations d’épuration voisines.

     

    Des déchets enfouis à Faa’a ?

     

    En retour, Faa’a pourrait offrir à Punaauia et Papeete une nouvelle possibilité d’enfouissement de leurs déchets dans un centre technique situé sur les hauteurs, à Vaitoetoe, le jour où celui de Paihoro arriverait à saturation. En 2012, la commune avait décidé de se passer de Fenua Ma, le syndicat mixte en charge de la gestion du traitement et du recyclage des ordures auquel ont adhéré les douze autres communes de Tahiti et Moorea.

    On n’avait pas les moyens, donc on avait décidé de voir comment créer notre propre décharge, rappelle Vannina Crolas. Mais on arrive, là encore, à un coût trop important, donc on est finalement en train de voir comment on pourrait partager les coûts.” Après des efforts de réduction à la source des déchets, puis de valorisation, recyclage et réemploi des ordures restantes, ce centre d’enfouissement technique (CET) serait l’ultime recours.

    Oui mais voilà : la mise en place complète de ce schéma directeur s’élèverait à 2,1 milliards de francs, dont 33 millions pour l’acquisition du foncier du futur CET et 1,6 milliard de travaux d’aménagement. Des montants compliqués à réunir sans frapper à la porte des voisins.

    Le Pays et la direction de l’environnement, qui sont “en train d’étudier un schéma global de traitement des déchets”, selon le ministre de l’Environnement Heremoana Maamaatuaiahutapu, pourraient également accompagner ce rapprochement. Sitôt les schémas directeurs adoptés, des études de faisabilité pourront être lancées.

    Il faudra voir comment on les intègre dans la politique sectorielle du Pays et comment on les finance. On en est au tout début, a-t-il précisé. Les déchets et les eaux usées sont partout les mêmes. Est-ce qu’il faut à chaque fois une unité communale avec des coûts difficilement supportables, ou est-ce qu’il faut voir à une échelle un peu plus grande ? Il est important, aujourd’hui, de se mettre tous autour de la table pour traiter ces questions.

     

    Marie Guitton

     

        Retrouvez dans notre édition du Mercredi 28 septembre 2016 :   

    • Réactions :
      – Michel Buillard
      , maire de Papeete – “Ce qui déterminera notre décision, ce seront les coûts”
      – Oscar Temaru
      , maire de Faa’a – “Il n’y a pas d’autres solutions que l’intercommunalité”
    • Encadré : Des raccordements aux stations d’épuration voisines envisagés

     

     

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