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Les déchets électroniques peu recyclés ni valorisés

mercredi 7 juin 2017

déchets électro

Ordinateurs, écrans, imprimantes, téléphones… Les entreprises ont souvent des stocks importants de déchets d’équipements électriques et électroniques. Les plus vertueuses d’entre elles signent des conventions avec Fenua ma pour la récupération de ces déchets polluants, mais cela reste un acte volontaire. (© Damien Grivois)


Le volume entrant au fenua de biens électriques et électroniques pourrait représenter près de 1 000 tonnes annuellement. Que deviennent ces produits, une fois hors service ? Un système a été mis en place entre douze communes des îles du Vent et le syndicat Fenua ma mais est peu incitatif : l’usager doit ramener lui-même ses biens électroniques et payer de sa poche pour leur recyclage en Nouvelle-Zélande. ”Tout repose sur le volontariat et le sens des responsabilités des sociétés et des particuliers”, admet le directeur de Fenua Ma. “Cela évoluera si les élus considèrent ce sujet comme prioritaire.” Le ministère de l’Environnement travaille à l’évolution du cadre législatif sur le sujet.

Les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), par exemple vos vieilles télés, ordinateurs hors-service, cartouches d’imprimante, disques durs, chaînes hi-fi et consoles de jeu, sont le plus souvent jetés dans le bac gris ou aux encombrants, ou bien ils terminent dans les décharges sauvages, au fond des vallées ou dans le lit des rivières…

C’est d’autant plus regrettable qu’ils contiennent souvent des substances ou composants dangereux pour l’environnement (piles et accumulateurs, gaz à effet de serre, mercure, condensateurs pouvant contenir des polychlorobiphényles (PCB), etc.)

Pourtant, ils présentent aussi un fort potentiel de recyclage des matériaux qui les composent (métaux ferreux et non ferreux, métaux rares, verre, plastiques, etc.). Mais au fenua, force est de constater que le dispositif pour récupérer et recycler ces déchets spéciaux n’est pas incitatif.

En effet, Fenua ma (qui a absorbé la Société environnement polynésien dissoute en 2014) n’accueille ces déchets que le mercredi, de 13 à 15 heures, à son siège de Papeete, immeuble Paofai, en face de la Maison de la culture, ou alors sur rendez-vous.

Mais surtout, le syndicat qui a en charge la gestion du traitement et du recyclage des déchets des collectivités adhérentes telles que la Polynésie française et les 12 communes de Tahiti et de Moorea (sauf Faa’a) demande au citoyen de payer pour son geste écoresponsable, à hauteur de 90 F par kilogramme.

Et encore plus cher pour les écrans plats ou cathodiques (160 F par kilo) ainsi que pour les cartouches d’imprimante (490 F par kilo).

 

Manque de volontarisme politique ?

 

Ce service qui assure la réexpédition vers la Nouvelle-Zélande pour recyclage (destination la plus proche donc la moins coûteuse pour le transport par voie maritime) s’adresse aux particuliers mais également aux professionnels.

“Nous estimons que le gisement entrant doit être compris entre 700 et 1 000 tonnes chaque année”, explique toutefois Benoît Layrle, directeur de Fenua ma.

“Notre syndicat en récolte environ 100 tonnes par an, en provenance essentiellement des secteurs professionnels du privé comme du public, mais il y a aussi des citoyens écoresponsables qui nous apportent leurs déchets.”

Selon Fenua ma, les “sociétés volontairement vertueuses” acceptent de payer entre 12 000 F et 18 000 F par mois pour s’assurer que leurs matériels électriques et électroniques hors d’usage suivent une filière respectueuse de l’environnement.

“C’est un programme qui s’autofinance”, souligne le responsable de Fenua ma.

“Nous reconnaissons qu’il reste insuffisant et qu’il y a beaucoup de choses à améliorer. Nous évoquons le sujet chaque année avec le Pays et les 12 communes adhérentes, cela évoluera si les élus considèrent ce sujet comme prioritaire.”

Fenua ma a été créée le 1er novembre 2012 pour permettre aux communes de répondre aux dispositions de la loi organique de 2004 qui leur impose dorénavant de mettre en œuvre leur compétence en matière de traitement des ordures ménagères. Jusqu’à présent, le syndicat a surtout porté son effort sur les bacs verts et gris, sur la récupération des piles, des batteries et des huiles usagées, sans oublier les carcasses de voitures.

En matière de déchets électriques et électroniques, le Pays et les communes obtiennent pour l’instant la mention : “peut mieux faire”…

 

Damien Grivois

 

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