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Les déchets plastiques favorisent les maladies des coraux

mardi 6 février 2018

plastique coraux

Les récifs coralliens sont directement menacés par la prolifération des déchets plastique, selon une récente étude internationale. (© archives LDT)


La pollution maritime par les déchets plastiques, dont on connaît déjà une partie des dégâts sur la faune et la flore, a également un impact direct sur la santé des récifs coralliens, selon une étude publiée dans le magazine de référence Science. Les déchets plastiques “favorisent la colonisation microbienne d’agents pathogènes impliqués dans l’apparition de maladies”. En Polynésie française, les scientifiques étudient aussi la problématique des déchets plastiques. Notamment, aux Tuamotu, avec le soutien du Pays.

“La probabilité de voir se développer des maladies bondit de 4 % à 89 % lorsque les coraux sont en contact avec des matières plastiques”.

Bing… Une équipe internationale de onze chercheurs (États-Unis, Australie, Thaïlande, Birmanie, Canada et Indonésie) vient de publier, le 26 janvier, dans la revue Science, les conclusions d’une vaste étude sur les déchets plastiques et leur impact sur la santé des récifs coralliens.

Leur constat est alarmant. Après avoir observé plus de 124 000 édifices coralliens sur 159 récifs dans la région Asie-Pacifique, les scientifiques estiment qu’il est essentiel de s’attaquer à la pollution aux plastiques afin d’empêcher le développement des maladies qui menacent les écosystèmes marins.

Selon eux, la quantité de plastiques rejetés dans le milieu marin pourrait progresser de 40 % d’ici 2025. L’étude montre que les déchets plastiques peuvent transporter des agents pathogènes fréquemment impliqués dans l’apparition des maladies affectant les coraux.

Elle cite l’exemple de colonies microbiennes dominées par le genre “Vibrio” directement impliquées dans le blanchissement des coraux. Les microbes hébergés subsistent longtemps sur leurs hôtes plastiques, surtout dans les régions tropicales et équatoriales.

“L’importance des populations humaines dans les régions côtières et la qualité des systèmes de gestion des déchets déterminent largement les pays qui contribuent le plus à la pollution plastique dans les océans”, écrit l’équipe internationale, qui considère que plus de 80 % des déchets plastiques sont d’origine terrestre.

Elle évalue à plus de 11 milliards les fragments plastiques, uniquement sur les minces zones récifales d’Asie-Pacifique, et en excluant celles proches de la Chine et de Singapour, avec une prédiction de 15,7 milliards d’unités à l’horizon 2025.

 

Recherche appliquée sur la perliculture

 

Les chercheurs soulignent que les coraux à structure complexe sont jusqu’à huit fois plus sensibles à la pollution par les déchets plastiques. Les micro-habitats abritant des organismes vivant en association avec ces animaux que sont les polypes coralliens sont particulièrement concernés.

En Polynésie française, l’Université et l’Institut de recherche pour le développement (IRD) travaillent également sur ces questions.

“Dans le cadre du projet Resccue, nous menons des recherches en collaboration avec la direction des ressources marines et les perliculteurs”, explique Nabila Gaertner-Mazouni, vice-présidente de l’Université pour la recherche et professeure des universités en écologie. Il n’existe pas de filière de retraitement pour les filets, cordages, bouées, collecteurs…

“Nous retrouvons des macro-déchets dans le milieu naturel, il existe une vraie problématique de gestion de ces déchets. Elle concerne tout le monde, même les perliculteurs consciencieux, explique la scientifique. Nous recherchons notamment des solutions alternatives au plastique, avec le soutien du Pays”.

Alors que le plastique reste des siècles dans l’environnement, les biomatériaux ne provoquent pas de dommages écologiques. “Nous travaillons aussi avec la Nouvelle-Zélande sur la problématique des microplastiques, dans le cadre d’une étude à grande échelle, précise Nabila Gaertner-Mazouni. Les petits fragments sont ingérés par les poissons et rentrent ainsi dans la chaîne alimentaire. Ces mêmes poissons que nous pêchons et mangeons ensuite. En milieu insulaire, ces questions sont très sensibles. Dans le monde entier, des scientifiques étudient aussi la question des nanoparticules, tellement petites qu’elles rentrent dans les cellules.”

L’Ifremer, en particulier, travaille sur les caractéristiques des plastiques, leurs composés chimiques et leurs conséquences.

L’Institut a notamment observé les perturbations sur des huîtres comestibles exposées à des déchets plastiques.

 

Damien Grivois

 

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