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Défiscalisation, fonction publique, douane : première journée marathon pour Gérald Darmanin

lundi 30 juillet 2018

entretien avec Fritch

Des sujets tels que la lutte contre le narcotrafic, la fonction publique ont aussi été abordés pendant leur entretien.


Première journée en Polynésie française menée au pas de charge, vendredi, par Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, en déplacement au fenua pour quatre jours. Le ministre s’est d’abord rendu à la présidence et à l’Assemblée de Polynésie française pour s’entretenir avec les autorités du Pays. Gérald Darmanin a ensuite tenu à saluer le travail accompli en matière de narcotrafic, et est allé à la rencontre des agents de la Direction régionale des douanes.

Premier stop pour Gérald Darmanin, vendredi, début de sa visite officielle au fenua : la présidence, pour s’entretenir avec Édouard Fritch, président de la Polynésie française. L’occasion aussi pour le chef du Pays d’évoquer quelques dossiers parmi lesquels la lutte contre le narcotrafic, ou la fonction publique. “Mais le gros sujet, et que beaucoup de gens attendent” comme l’a indiqué Édouard Fritch à la suite de son entretien avec le ministre des Comptes publics, “c’est la défiscalisation. Je crois que son voyage en Polynésie lui permettra de bien mesurer l’importance de ce levier qui représente la seule intervention de l’État dans les investissements privés. Nous sortons d’une crise importante, avec un taux de chômage important. Et pour créer de l’emploi, ça passera forcément par le secteur privé.”

Gérald Darmanin s’est ensuite entretenu avec Gaston Tong Sang, président de l’Assemblée de la Polynésie française. “Il avait envie de voir dans quel cadre les représentants de notre assemblée travaillent”, a expliqué le locataire du perchoir. “De cette manière, il partira de chez nous avec des idées bien claires et précises, et aussi des idées encourageantes pour l’avenir de notre pays.”

Gaston Tong Sang, maire de Bora Bora, attendait également avec impatience la visite du ministre sur son île où il sera notamment question du tourisme. “Là aussi, il faut qu’il se rende compte de la conception de nos hôtels. Parce que quand un dossier arrive à Paris, et que tu ne connais pas le contexte, les gens sautent vite au plafond quand ils voient le prix de construction d’un bungalow ou encore le prix au mètre carré.” Avant d’insister : “On s’efforcera de lui montrer que ce sont des projets qui tiennent la route.”

 

Des syndicats rassurés

 

Vendredi, à 11h30, Gérald Darmanin a reçu pendant près d’une heure et demie au haut-commissariat, les représentants des organisations syndicales de la fonction publique de l’État en Polynésie française. À la suite de cet entretien, les syndicats se disaient rassurés de l’attention portée par le ministre à leurs problématiques.

Notamment celle portant sur le refus de l’État d’accorder des indemnités d’éloignement et des congés administratifs aux fonctionnaires de l’État travaillant dans l’Hexagone et dont le centre d’intérêt matériel et moral (CIMM) est situé en Polynésie française.

“Tout peut se résumer à ça : cette double charge que doivent assumer nos camarades et qui met un frein évident dans la perspective de partir vers l’Hexagone. Nous attendons des mesures concrètes pour la fin du semestre”, a expliqué Allen Sanquer, secrétaire général de la fonction publique.

En attendant, Gérald Darmanin a fait une annonce qui a ravi les représentants syndicaux. “On a fait une belle avancée en ce qui concerne les horaires des épreuves de concours”, s’est réjoui Allen Sanquer. “Le ministre a reconnu que c’était inadmissible que l’on fasse passer des épreuves entre minuit et sept heures du matin. Il s’est engagé à prendre des dispositions pour que ces épreuves puissent se tenir à des heures décentes.”

Sur la mobilité des fonctionnaires polynésiens et leur retour sur le territoire, Gérald Darmanin a affirmé “vouloir améliorer l’attractivité du territoire (…) Nous avons beaucoup de travail de ressources humaines à faire avec le député Olivier Serva (chargé de la mission parlementaire sur les carrières et la mobilité des fonctionnaires ultramarins) et Annick Girardin, ministre des Outre-mer.”

 

D.T.

 

Le ministre plaide pour plus d’égalité entre les fonctionnaires

aux douanes

Gérald Darmanin a commencé la journée de vendredi par une rencontre avec les douaniers. (© Marion Lecas)

À la sortie de sa visite du Bougainville, à Papeete, Gérald Darmanin a fait un court point- presse. Un entretien tourné principalement vers le statut des fonctionnaires polynésiens. Autre chantier auquel le représentant de l’État doit s’attaquer : les concours de la fonction publique, que les candidats polynésiens doivent parfois passer la nuit : “Je pense qu’on a bien échangé sur des sujets tels que la mobilité, la formation, les moyens matériels mais aussi un certains nombres de détails, comme ces histoires de concours où les Polynésiens sont obligés de venir à minuit ou une heure du matin pour passer leurs concours. C’est complètement absurde. En tout cas, je me suis engagé pour ma propre administration. Dès le mois de septembre, ça ne sera plus le cas.”

 

Sur la mobilité des fonctionnaires

 

“C’est normal que les fonctionnaires de l’État aillent où l’État a besoin d’eux. C’est le principe même de la fonction d’État. En revanche, ce que je trouve moins normal c’est que les métropolitains ont des temps de retour de deux ans – souvent multipliés par deux. On pourrait avoir un travail similaire pour les Polynésiens. Il faut qu’ils aillent en métropole pour pleins de raisons. D’abord parce qu’ils vont apporter des choses différentes et même faire un peu de lobby, il me semble, pour ce beau territoire qu’est la Polynésie. Ils vont apprendre d’autres choses, ils vont se former, comme les métropolitains ici en Polynésie. Mais ce qui est un frein à leur mobilité ou au passage de concours, c’est qu’ils ne savent pas quand ils vont pouvoir revenir, ça peut durer très long- temps d’être éloigné de leur famille et leur territoire. (…) La vérité c’est qu’on ne peut pas réaffecter des fonctionnaires s’il n’y a pas de postes ouverts. Je me suis engagé, effectivement. Je me suis engagé à voir très rapidement comment on pouvait mieux moduler les choses et, peut-être, sur des temps un peu plus longs. Tel que les métropolitains vis-à-vis de la Polynésie, on pourrait imaginer une certitude de retour. En tout cas, je m’en- gage à y travailler d’ici le projet de loi qu’on présentera sur la fonction publique en février prochain.”

 

• Vers des créations de poste ?

 

“On ne va pas créer des postes s’il n’y en pas forcément besoin. En ce qui concerne nos administrations, il y a parfois plus que les 100 % d’effectifs dont il y a besoin. Donc, on ne va pas créer artificiellement des postes. Ce n’est pas le principe du fonctionnement de l’État. En revanche, on peut regarder comment prioriser, à niveau comparable de mérite et de travail, et surtout, comment on peut leur garantir le retour. Si on s’y prend à l’avance, je pense que l’État est capable de s’organiser. Simplement, ça demande du travail.”

 

Victor Le Boisselier

 

INDEMNITÉ ÉLOIGNEMENT

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Revue de détail chez les douaniers et les marins

Gérald Darmanin avait prévenu, dans une interview de la Dépêche, qu’il saluerait “le travail accompli en matière de narcotrafic”. Passage obligé donc, vendredi matin, à la direction des douanes, à Motu Uta, à Papeete. Poignées de main aux hommes et femmes en uniforme, visite des bureaux un à un, rencontre avec les fonctionnaires, rien n’a été oublié, jusqu’à la signature, même, d’un livre d’or.

Alors qu’ils s’apprêtaient à remettre un cadeau de bienvenue au ministre, les responsables se sont attardés sur un partenariat entre les douanes polynésiennes et la police judiciaire colombienne. “On a remarqué qu’il y avait une excellente complémentarité entre la police judiciaire et les douanes.”

Financé à hauteur de 30 % par la direction des douanes, le partenariat a fait ses preuves, d’après les officiels, et a permis d’endiguer le narcotrafic en provenance d’Amérique latine, en pleine expansion. Un sujet de nouveau évoqué en fin de journée, alors que le ministre embarquait à bord du Bougainville, amarré à Papeete.

Une équipe de visite de bord, autrement dit les marins chargés de contrôler les navires, avec deux douaniers, a fait à Gérald Darmanin une démonstration d’intervention.

 

Protéger la ZEE

 

Plus généralement, la protection du territoire a fait office de fil rouge tout au long de la journée du ministre. L’après-midi, Gérald Darmanin a visité les locaux neufs du Commandement supérieur des forces armées (ComSup), à Arue, dans lesquels les employés ont emménagé début septembre.

Devant un écran géant, sur lequel s’étalaient l’océan Pacifique et la zone économique exclusive (ZEE) de la Polynésie française, un marin a expliqué : “On veille à ce que les navires ne viennent pas pêcher à l’intérieur de la ZEE de la Polynésie. S’ils la traversent, on vérifie qu’ils le fassent à un rythme régulier. (…) On travaille également avec la douane.” Après une discussion avec les officiers, loin des micros et caméras, Gérald Darmanin a salué “des moyens modernes de satellite et de suivi des navires” et a évoqué une “zone de pêche bien protégée”.
S’il a félicité à plusieurs reprises les douaniers et les marins pour leur travail, Gérald Darmanin ne s’est pas engagé à leur donner davantage de moyens arguant qu’il n’est pas “le Père Noël”. Le ministre a toutefois confirmé vouloir “améliorer la nécessaire coopération” entre le Pays et l’État, “à un moment où le gouvernement de Polynésie a envie qu’on continue à protéger la ZEE contre les pêcheurs et les narcotrafiquants.”

 

ML

 

 

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